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Cultivons la curiosité

Un Homme en colère

Un Homme en colère

Guy Ritchie possède une patte particulière. Guy Ritchie aime bien les films qui s'enchevêtrent et les braquages. Guy Ritchie aime Jason Statham avec qui il a souvent collaboré sur ses longs métrages. Ainsi, en 2021 le réalisateur Britannique s'offre une adaptation luxueuse d'une film français mesdames et messieurs. "Le Convoyeur" de Nicolas Boukhrief mettait en scène un Albert Dumontel fraîchement engagé par une société de transports de fonds victime de moult braquage. Qui est donc Alexandre Demarre, le bleu ? Une taupe, un braqueur, un mec normal ?

C'est sur ce principe que Guy Ritchie, Ivan Atkinson et Marn Davies nous offrent un scénario que le réalisateur va s'amuser à mettre en images. Si je vous ai parlé de la similitude des films que j'ai vu en 2020 avec ceux de 2021, j'ai honteusement cru que le film d'action décérébré à la "Bad Boys for life" serait celui-là. Oh oui, il y a de l'action, et une scène de fusillade finale rappelant "Assault" de John Carpenter, mais ça ne m'a pas paru décérébré. Petite bande annonce en version française, comme la façon dont j'ai vu ce film.

Vidéo de FilmsActu

Le film s'ouvre sur une Los Angeles tranquille. Des convoyeurs de fonds de l'entreprise Fortico partent en transfert du dépôt. Nous sommes à l'arrière du fourgon, et on ne voit pas super bien le chauffeur. Seulement le job semble tranquille. Pourtant, à peine quelques centaines de mètres de parcourus que les voici attaqués. Nous resterons tout du long dans le fourgon, avec une caméra qui semble sur un trépied et ne peut que balayer le champ de vision. La situation dégénère, mais on en voit que trop peu pour se faire une idée précise.

Nous voici une paire de mois après. Alors que Guy Ritchie vient de nous offrir un générique proche de celui d'une série, et que nous semblons être face au premier des 4 chapitres que le film va nous proposer. Un peu à la Quentin Tarantino. Patrick Hill (Jason Statham) se présente à son entretien d'embauche à Fortico. Le gérant est formel, il a toutes les dispositions requises pour le boulot, mais Hill doit passer un test auquel il doit avoir 70%.

Ce sera "Bullet" (Holt McCallany) qui se chargera de le noter. Hill passe le test de justesse, obtenant les 70% nécessaires à son recrutement. L'homme a un bon C.V. mais semble un peu rouillé. Il prend connaissance de ses collègues et va partir en mission avec "Bullet" et Dave (Josh Hartnett), un jeune un peu grande gueule mais qui a la réputation de se dégonfler rapidement. On y voit donc tout le processus d'un convoyeur de fond, on nous montre comment fonctionne les protocoles, et c'est bon.

Un jour pourtant, le convoi de Hill (surnommé "H" par "Bullet") se fait attaquer. "H" y dévoile son vrai potentiel, abattant sans aucune fébrilité les malfaiteurs qui avaient pris "Bullet" en otage. Ceci surprend grandement tout le monde, mais le nouveau vient de se faire une grande réputation. Le doute s'installe cependant, qui est-il ? Il semble surqualifié pour le job, et surtout en partie obnubilé par le braquage qui a fait 3 morts 2 mois plus tôt.

Lors du chapitre suivant, alors que la réputation de "H" met en fuite des malfrats, on en apprend plus sur le Britannique. Ce qui nous remontre une scène, sous un autre angle. On comprend mieux ses motivations, mais aussi qui il est vraiment. Le troisième chapitre se met du point de vue des braqueurs, et le chapitre final nous permet de recouper tout cela, dans un ultime gros coup des braqueurs que nous avons vu au tout début du film.

Je suis grandement flou dans mon résumé car il serait dommage de tout révéler. Il y a cette structure logique mais un peu déstabilisante du flashback. Ainsi, on assiste au premier braquage, générique, 2 mois plus tard on voit Hill prendre ses fonctions, on saute 3 mois avant de faire un certain constat pour mieux revenir au début lors du deuxième chapitre. Pire, il faudra deviner la temporalité du chapitre 3, qui commence bien avant le braquage inaugural. Pourtant, nous ne sommes jamais perdu.e.s. Sacré tour de force tout de même.

L'autre tour de force tient au fait que le début est volontairement opaque. On ne comprend pas trop les différents liens, mais tout s'éclaire avec les suivis de Hill lors du chapitre 2 et celui des braqueurs pendant le troisième chapitre. J'avoue avoir mal compris le recrutement de Jan (Scott Eastwood) par les braqueurs, mais passons.

Alors attendez, j'essaie de regarder combien de temps il dure... 2 heures ? Wooh, et bien laissez-moi vous dire qu'on ne les voit pas passer. La structure en quatre chapitres aide grandement c'est vrai. Jason Statham est parfait dans ce rôle d'homme froid, sûr de lui. Je vous assure que tout le début du film on le voit presque un peu maladroit mais avec un peu de charisme, et quand il entre en jeu dans le braquage (et que le personnage de Josh Hartnett se chie littéralement dessus), ça poutre énormément. C'est magnifique. Chacun de ses tirs est parfait et on devine que "H" est bien là pour une raison, qui a peut-être un lien avec le premier braquage. Ceci n'est pas vraiment une révélation vu que l'on s'en doute fortement.

La musique de Christopher Benstead rappelle un peu les envolées de Daniel Pemberton sur "Le Roi Arthur : La légende d'Excalibur", un film de Guy Ritchie que j'avais aussi adoré. Elle accompagne brillamment ce que l'on voit à l'écran. En terme de réalisation d'ailleurs, rien de foufou, c'est efficace, ça ne remue pas dans tout les sens, et les scènes d'action sont au final peu présentes, mais ultra efficaces. Le braquage final est impressionnant en terme de fusillade. Pas du niveau de "Heat", mais tout de même ultra sympathique.

Si le récit joue de la temporalité, il le fait efficacement et de façon lisible. On ne se retrouve pas perdu comme dans un "Sherlock Holmes" avec des trucs trop détaillés ou complexes. Et ceci s'avère parfait. Le découpage remémore certains films de Quentin Tarantino, pour se recouper à la fin. Si le scénario est un petit peu prévisible (quoique la vraie nature de Hill surprend j'avoue), on s'amuse bien du début à la fin, sans jamais s'ennuyer, et ça c'est plutôt cool quand on va au cinéma, non ?

Disponible depuis le 16 juin 2021 en France, j'ai eu la chance de le voir lors de la récente fête du cinéma (ce fût aussi le cas pour "Un Espion ordinaire"). Et je ne regrette absolument pas. Efficace, bien mené, il m'a même donné envie de voir le film de Nicolas Boukhrief. Voici donc un excellent divertissement, moins foufou et complexe que ce que le réalisateur nous offre habituellement, et ça marche très bien ici. J'ai adoré et vous le conseille chaudement.

@+

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