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Cultivons la curiosité

Super-Héros malgré lui

Super-Héros malgré lui

"Nicky Larson et le parfum de Cupidon" avait marqué un ralentissement dans la carrière de réalisateur de Philippe Lacheau. La faute peut-être à une licence finalement uniquement connue par les trentenaires du Club Do'. Les autres préférant sa version originale, "City Hunter", et craignant le pire pour cette adaptation. Moi-même j'avais eu de gros doutes quand aux qualité du monsieur à faire un truc bien. La surprise en fût d'autant plus grande.

J'ai réellement découvert "La bande à Fifi", collectif de comiques ayant sévis aussi bien à la radio qu'à la télévision, avec "Babysitting". Première réalisation de Philippe Lacheau. Cette version française de "Very Bad Trip", mêlée avec "Project X", était réussie. Tout ce qui a fait le succès de ce collectif était là. Les enfants martyrisés, les situations improbables, gênantes, qui se résolvent au dernier moment. Les petites allusions à la pop culture aussi, comme le passage "Mario Kart".

Malgré le fait que j'ai "Babysitting 2" et "Alibi.com" en DVD, je ne les ai toujours pas vus. Et nous voilà aujourd'hui devant "Super-Héros malgré lui". Tout est indiqué dans le titre en vérité. On retrouve la bande au complet, ou presque, le mentor Gérard Jugnot n'étant pas de la partie. Le scénario est co-écrit par Philippe Lacheau, Pierre Dudan, Julien Arruti et Pierre Lacheau. Le film est sorti le 2 février 2022, et ne dure que 1h22. Regardons-en la bande annonce.

Vidéo de STUDIOCANAL France

Oui, vous ne rêvez pas, c'est bien la deuxième comédie française que nous voyons cette semaine sur Ashou. Le hasard du calendrier offrant cette possibilité. Donc, Cédric est un homme de 38 ans qui n'arrive pas à faire décoller sa carrière d'acteur. Or, là, il va passer le casting pour le rôle de sa vie. "Badman" est une production ambitieuse sur un super-héros. Bon, ambitieuse, comme l'explique la productrice incarnée par l'excellente Chantal Ladesou, ça reste français. Ce sera fait avec les moyens du bord. Peu importe que Badman, le Clown, et la Badmobile remémorent un quelconque Chevalier Noir étasunien.

Suite à un heureux accident, dont on ignore si la personne s'en sort bien, Cédric a finalement le rôle. Entretemps, on découvre son cercle familial et amical. Notre héros vient de rompre avec sa petite amie et habite chez sa sœur, Éléonore (Élodie Fontan). Il survit de petits boulots en petits boulots, allant même jusqu'à faire "point relais". Éléonore est une femme forte, militaire de carrière, et est la fierté de leur père, Michel Dugimont (Jean-Hugues Anglade). Ce dernier est commissaire de Police si j'ai bien compris.

Seb (Julien Arruti) est un trentenaire un peu paumé, qui vit encore chez sa mère, et teste des médicaments pour se faire un peu d'argent. La maman de Seb, interprétée par Valeria Cavalli, est en couple avec Adam (Tarek Boudali). On a ainsi Cédric, Seb et Adam, qui sont les meilleurs amis du monde, malgré quelques tensions.

Donc Cédric va obtenir le rôle, s'entraîner comme jamais pour avoir le physique de Badman. L'occasion d'offrir un montage de "training" et de constater que malgré ses 41 ans, Philippe Lacheau reste très bien bâti. Après des vannes assez limites, sur le couple de Adam et la mère de Seb. Après un passage exhibitionniste dans une cour d'école. Bref, après les blagues habituelles de la bande à Fifi (qui fonctionnent sur moi tellement elles sont simples), on rentre dans le vif du sujet.

Ici, Philippe Lacheau semble réaliser un rêve de gosse. D'ailleurs, il parle d'entrée d'accomplir ses rêves. Rendre fier son père et avoir un rôle important au cinéma. Un peu comme si son personnage avait les mêmes volontés que le réalisateur/scénariste/acteur. Pour ce film, et après avoir, je pense, accompli un rêve en incarnant Ryo Saeba/Nicky Larson précédemment, c'est le fait d'être un super héros qui l'inspire.

En effet, on nous montre des images de "Badman", le film dans le film. Et croyez moi que ça a de la gueule. Au point qu'on voudrait voir ce film. La photographie, la réalisation, le jeu des acteurs et actrices, c'est impressionnant. Tout comme les accessoires. Mais, j'ai oublié de dire le principal, ce qui fait le charme du scénario et du film, c'est la façon dont Philippe Lacheau va se jouer des codes du film de super-héros, en rendant son personnage amnésique.

Le père de Cédric a subit un grave accident, certainement commandité par le "Schizophrène" (Amr Waked), un dangereux braqueurs qui file sans cesse entre les doigts du commissaire. Et Cédric part vite à l'hôpital avec ce qu'il a sous la main. La Badmobile. La façon dont il aura l'accident est juste excellente, bien emmenée. Dès lors, costumé, Cédric va se réveiller amnésique avec une voiture modifiée encastrée dans une banque, un faux pistolet, un masque de super-héros et un sac rempli de billets.

De quoi décontenancer un paquet de personne. Éléonore, Adam et Seb vont s'allier pour retrouver la trace de Cédric, tandis que ce dernier enchaîne les maladresses. Que je vous laisse soin de découvrir. On va alterner entre moment complétement potaches, et plus de sérieux. Cédric va vraiment se croire invincible, et de nombreuses choses lui feront penser ça. Sans parler de nombreux autres rebondissement. Le combat final, sur le plateau de "Badman" est clairement un rêve de gosse pour Philippe Lacheau.

Les piliers explosent (ils sont en polystyrène), tout comme certains murs, et une fausse fosse. L'image "Avengers" de la bande annonce est elle aussi bien emmenée, et fonctionne un court instant. Entre la musique, la photographie et la réalisation, ça ne déconne pas du tout et l'ensemble n'est absolument pas ridicule.

D'ailleurs, les scènes d'action sont efficaces, quoique pas trop nombreuses. Mais on reste captivés. Après, on trouvera des vannes qui sont totalement hors sol. L'écrasement des enfants que l'on voit dans la bande annonce, le fait que Seb, victime d’hallucinations la faute aux médicaments qu'il teste, qui va chier dans un parterre de fleur se croyant dans une cabine de toilette publique. Le baiser façon "Spider-Man", les informations qui diffusent n'importe quoi. Bref, si vous n'aimez pas cet humour quelque peu scabreux, vous n'aimerez pas le film.

Derrière l'aspect rigolard du film, il y a une vraie volonté d'accomplir son rêve. Aussi bien Cédric voulant rendre fier son père, que Philippe Lacheau voulant jouer un super-héros. Pas si déconnant que cela, peut-être le récit aurait-il mérité un tout petit plus de recherche dans ses personnages. Et moins de blagues potaches. Seulement, cela ne serait plus un film de la bande à Fifi. Ici, Chantal Ladesou est hilarante, et Georges Corraface incarne un Alain Belmont qui est une parodie de Alain Delon assez bien faite et drôle.

J'ai beau avoir passé 1h20 sympathiques, le film m'a paru plus long. J'ignore la faute à quoi. Peut-être un enchaînement de gags un peu trop rapide et lourd au bout d'un moment. Notamment entre Adam et la mère de Seb. Sinon, et bien j'ai aimé. Moins que le film précédent, mais les passages "Badman" sont incroyables, et franchement, j'aimerais bien voir Philippe Lacheau réaliser un film moins porté sur l'humour à l'avenir, je suis certain qu'il serait extrêmement doué pour ça. Sympa, mais à voir que si vous aimez l'humour de la bande à Fifi.

@+

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