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Cultivons la curiosité

Rien que pour vos yeux

Rien que pour vos yeux

Alors qu'il aurait dû faire suite à "L'Espion qui m'aimait", "Rien que pour vos yeux" se retrouva décalé au profit d'une aventure teintée de Science-Fiction. C'était à la fin des années 70, mais cette fois, nouvelle décennie, nouveau ton. C'est en effet en 1981 que le film que nous voyons aujourd'hui sort. John Glen prend les commandes de la saga, pour ne plus les lâcher avant la fin des ères Roger Moore/Timothy Dalton. Le budget se retrouve diminué, et ce malgré le succès de "Moonraker". Une forme de retour aux sources, ou "sur Terre" comme en plaisantera l'un des intervenants dans le making of du DVD, est décidé.

Ceci implique forcément une baisse des gadgets, cette fois-ci voulue par la producteur Albert R. Broccoli. Mais, nous le verrons, un retour des courses poursuites automobiles qui m'avaient manqué lors du précédent film. Le scénario est écrit à quatre mains par Michael G. Wilson et Richard Maibaum, des noms connus dans la saga, le premier enchaînant son deuxième James Bond, tandis que le second revient après avoir signé 8 des 9 premiers longs métrages de la saga. Donc, je vous laisse avec une superbe course poursuite sur des petites routes espagnoles, mais avec des voitures françaises.

Vidéo de Le Monde des Avengers

On reconnaît la patte du récemment disparu Rémy Julienne ici. Le génial cascadeur arrive à coordonner une course poursuite automobile impressionnante entre une Citroën 2CV et deux puissantes Peugeot 504. Oui, bon, en 1981, la 504 était une grosse bagnole puissante, c'est comme ça. Il faut dire que les petites routes grecques fonctionnent bien niveau sensation de vitesse. Comment ça j'ai dit espagnoles et maintenant elles sont grecques ? Mais non. En fait, l'action se déroule en Espagne, mais c'est tourné en Grèce. Voilà. C'est aussi simple que cela.

Mais, avant tout, commençons par le début de l'introduction. Sacrée phrase. Sacrée intro aussi. Ici, j'ai eu peur. Peur d'avoir droit à un film bancal, qui mise tout sur l'humour et l'action, et ridiculise ses personnages. Je m'explique. James, qui va rendre visite à sa femme décédée. Ceci repositionne définitivement le 007 de Roger Moore dans la même temporalité de celui de George Lazenby. C'était à peine évoqué dans un épisode précédent par le James Bond de Moore, cette fois-ci c'est clairement montré.

Et forcément, quoi de mieux qu'une vengeance façon Orangina Rouge pour tourner la page. Et prouver que ce 007 des années 80 sera plus violent, plus radical. Car oui, notre agent secret préféré va se faire enlevé dans un hélicoptère par... ce putain de connard de Blofeld. On le reconnaît à son chariot électrique et son chat. Pourtant, nous ne verrons jamais clairement son visage. On devine qu'il a survécu donc, et sa minerve laisse présager qu'il est encore en plus mauvais état que lorsque nous l'avions vu la dernière fois dans "Les diamants sont éternels". Oh, et voilà qui ajoute les interprétations de Sean Connery à la temporalité Moore.

Et après avoir joué avec son hélicoptère radiocommandé, Blofeld va se retrouver embarqué sur un des patin dudit engin volant. Ce qui permet à James d'obtenir vengeance et d'en finir pour de bon avec ce grand méchant. Ici plus proche du Dr Denfer de "Austin Powers" que de l'interprétation récente signée Christoph Waltz.

Pourtant, cette scène pré générique est impressionnante pour les cascades en hélico. Franchement, voir les cascadeurs suspendus à l'extérieur de l'engin, waouh. Ou alors le voir entrer dans un bâtiment, re waouh. Bon, le making of nous parlera du trucage à l'intérieur de ce bâtiment, mais waouh quand même. Donc cette scène est à la fois classe, impressionnante, et ridicule. Franchement, voir Blofeld chuter dans la cheminée, c'est limite si il n'y a pas le bruitage rigolo des dessins animés, genre Bip Bip et Willy le coyote.

Le générique est, bah, toujours pareil. Sexiste car on y voit des femmes nues, ou presque, en contre jour, ce qui donne un aspect artistique et recherché. Mais franchement, on s'en passerait bien. La chanson signée Bill Conti et interprétée par Sheena Easton ne convainc guère. Elle est jolie hein ? Mais on l'oublie aussitôt. Ah, au fait, j'ai oublié d'en parler dans le film précédent, mais la musique (le score) revenait aux sons plus classiques, pas de disco pourri. Et bien ici, on mélange un peu tout. Il y a une musique classe, symphonique, mais aussi des synthétiseurs dégueulasses par moment. Ici, ça fait un truc bizarre, qui est tantôt excellent, tantôt nul.

Donc, après tout ça, l'histoire se pose enfin. Les scénaristes ont donc pris deux romans de Ian Flemming (le créateur de James Bond si vous ne le saviez pas), "Top Secret" et "Risico". On aura même une scène de ski nautique sans ski, issue, si j'ai bien compris, du roman "Au service secret de sa Majesté". Et donc c'est la catastrophe. Les services secrets Britanniques ont vu leur arme de contrôle des sous marins, cachée dans un chalutier, couler. Il ne faut pas que des méchants pas gentils la récupère. Et pour cela, James est tout désigné.

Malheureusement, ce film ne verra pas M, Bernard Lee étant décédé pendant le tournage du film. Ce qui explique pourquoi son personnage est remplacé par le Ministre de je ne sais plus quoi, la Défense peut être ? Mais Miss Moneypenny est bien là. Lois Maxwell reprenant son rôle de secrétaire de M. On verra qu'elle possède un miroir bien pratique, caché dans un tiroir. Ceci montrera une mise en scène sympa, qui rend hommage au Bond de Sean Connery, avec le coup du chapeau. Ce qui est bien trouvé.

James va devoir enquêter discrètement, vu que le faux chalutier contenant l'ATAC, a été coulé dans des eaux dans lesquelles il n'était pas sensé être. Résultat, direction l'Espagne pour enquêter sur Gonzalez (Stefan Kalipha), qui aurait demandé je ne sais plus quoi, mais passons. Car voici la Lotus Esprit. Cool. Qui va exploser. Pas cool. Ce système d'antivol est radical. Ah, si, je me souviens pourquoi James va interroger Gonzalez. Car il a tué un informateur Britannique Grecque. Purée, c'est compliqué. Encore plus quand Mélina (notre sublime Carole Bouquet nationale) veut sa vengeance et y arrivera.

C'est à la suite de la tentative de vol qui fera exploser sa Lotus que Bond se retrouve à pied. Ah, mais Mélina a un superbe auto. Jaune. Non, ce ne sont ni BumbleBee, ni Boumbo. Mais une sublime Citroën 2CV qui ne va pas rester sublime longtemps. Ici, c'est le grand spectacle, il est impressionnant de voir la petite Deudeuche provoquer autant de sensation. Puis ça va dévaler la montagne en prenant des raccourcis. Mais comme c'est de la bonne mécanique ma p'tite Dame, bah ça marche toujours. On retrouve le côté comique de dessin animé quand les méchants en 504 Noire se retrouvent sur le toit et verront leurs collègues leurs faire faire une toupie. La scène est excellente.

Mais voilà James contraint d'identifier un des gars présents chez Gonzalez, à savoir Locque (Michael Gothard). Avec un logiciel à la pointe de la technologie des années 80. L'occasion de revoir certaines inventions farfelues de Q (Desmond Lleywelyn), comme un parapluie qui te tue quand il pleut... ne cherchez pas à comprendre. On verra d'ailleurs la nouvelle Lotus, orange (!) de James. Bonjour la discrétion. Mais bim, direction les Alpes italiennes. Histoire d'en savoir plus sur Locque. C'est là qu'intervient Kristatos (Julian Glover) et sa nièce très jeune et déjà très... coquine on va dire. C'est assez dégueulasse. Bibi est très jolie hein, il s'agit de la patineuse Lynn-Holly Johnson, mais le différentiel d'âge fait un peu peur. Surtout que l'on n'est pas bien sûr qu'elle soit majeure.

Mais passons, car Kristatos indique le nom de Columbo (Chaim Topol) à Bond. Que vient faire le célèbre lieutenant du petit écran ? Ah, non, ce n'est pas lui, pardon. Bon, ici, nous avons droit à une baston contre des motos cloutées. En pleine station de ski. Heureusement, Mélina est sauve et James lui demande de continuer ce que faisait son père en Grèce. Et là, un méchant athlète Est-Allemand va essayer d'assassiner Bond. Aidé par Locque et d'autres hommes. La descente qui suit est étonnante. On fait du hors piste, et un passage par un saut olympique, et une piste de bobsleigh. Ici, je me suis un peu endormi j'avoue. J'ai loupé une petite partie de cette scène d'action qui est longue et frôle le ridicule.

Pourtant, les cascadeurs sont impliqués et offrent une scène impressionnante, mais mal écrite malheureusement. On cherche à faire du spectaculaire, mais c'est difficile à suivre. Heureusement c'est direction la Grèce. Ici, Bond va draguer la meuf de Columbo. La comtesse Lisl von Schlaf (Cassandra Harris). Et il va arriver à coucher avec. Elle tombera amoureuse de lui, en lui expliquant le piège de Columbo, qui voulait qu'elle en apprenne plus sur lui.

Forcément, comme ils ont fait l'amour, elle va mourir. Sa mort est violente, choquante même. Renversée par un buggy. Et Bond se retrouve enlevé par Columbo. Ce dernier va lui expliquer qu'en fait, le méchant de l'histoire, c'est Kristatos. Ah, j'oubliais, lors de la romance entre James et la comtesse, on retrouve des scènes qui seront parodiées dans "Y-a-t-il un flic pour sauver la Reine ?".

Ici, on verra plus tard une recherche de ATAC, en plongée avec le duo James/Mélina, qui sera dérangé par un méchant en gros scaphandre blanc. J'ai manqué de m'endormir ici aussi, car les scènes sous marines ne sont pas ma came. Pourtant, la baston entre mini sous marins est rigolote. Donc Kristatos arrive à récupérer le ATAC, et jouera à pêche-requin avec James et Mélina attaché.e.s à l'arrière de son bateau. Bim, "Les dents de la mer" sont donc citées ici. Évidemment tout le monde s'en sort. Et là, maintenant, grâce à un perroquet, direction le monastère Saint-Cyrille. Comme il en existe des centaines en Grèce, ce qui provoque l'énervement du monsieur du ministère.

Mais grâce à Columbo, le bon monastère est trouvé et voilà une équipe de 6 personnes qui part à l'assaut afin de récupérer le bidule ATAC. C'est James qui se retrouve à escalader la paroi abrupte. Le monastère étant perché en haut d'un immense rocher. Action, baston, et James qui manque de peu de tomber dans le vide. Ici, la chute est spectaculaire. Waouh. Mais bon, au final c'est la bagarre, et alors que le général Russe Gogol (Walter Gotell), que l'on voit pour la première fois hors de son bureau. Et alors donc que le général vient prendre le truc ATAC, James l'en empêche et parle de réchauffement ou je ne sais plus quoi, indiquant que la guerre froide devrait peut-être commencer à songer à s'arrêter.

Au final, James et Mélina se détendent comme ils peuvent hein. Bah oui, la James Bond girl n'avait pas encore eu droit aux performances de 007. On retrouve le gag du film précédent, sauf que c'est le perroquet qui répond à la première Ministre Britannique. Ce qui donne lieu à une scène lolante, mais ridicule. Et c'est maintenant la fin des 2 heures du film.

Alors oui, il y a eu 2 moments où je me suis presque endormi. Oui, la scène pré générique est ridicule, alors qu'elle assure le lien entre les différents films de la saga. Malgré cela, c'est prenant. Les scènes d'action sont efficaces, parfois un peu trop longues, mais ça fonctionne. On retrouve une scène de casino, et les environnements visités sont nombreux et variés. On voit du paysage, notamment européen, et ça c'est cool. Il est un peu moins bien que "Moonraker", mais il est un peu plus violent je trouve. On conserve une partie de l'humour britannique dont Moore est friand. Les acteurs et actrices sont plutôt bons et bonnes. La musique varie trop entre le très bon symphonique et le plus mauvais synthétique. Au final, j'ai bien aimé. Le making of reste promotionnel (il dure 30 minutes pour info), mais instructif, on y voit l'envers du décor des cascades notamment. À voir je pense, même si ce n'est pas le meilleur. Au fait, j'ai vu ce film en version originale sous titrée français.

@+

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