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Cultivons la curiosité

Old Boy - Tome 4

Old Boy - Tome 4

Toute bonne chose possède une fin. Et quand on suit depuis 3 énormes tomes cette histoire intrigante, dont on pense connaître l'issue, ça fait toujours quelque chose. Nous voici donc face à l'ultime tome de "Old Boy", un manga débuté en 1996 et qui s'acheva 2 années plus tard. MINEGISHI Nobuaki n'aura connu aucune faille au dessin de cette œuvre scénarisée par TSUCHIYA Garon. Ce dernier souffre de la comparaison que l'on peut faire avec le film réalisé par Park Chan-wook en 2003.

En effet, quand l'œuvre passe du pays du Soleil levant au pays du matin calme, elle gagna en puissance scénaristique. Elle gagna aussi en passage marquant. Elle gagna en intensité. Logique, car résumer plus de 1700 pages (environ, une supposition faite au doigt mouillé par mes soins) en 2 heures, c'est juste impossible. Et en parlant de justesse, c'est justement ce qui fait la force de l'œuvre de Park Chan-wook, des coupes ont été faites, et des ajouts parfaits réalisés.

Ceci me permet de vous dire que les 2 œuvres sont donc parfaitement indépendantes. Pour vos gouvernantes (ou votre gouverne au choix), je n'ai pas encore vu le "Old Boy" de Spike Lee. Mais passons, car nous voici à la conclusion de ce manga, et comme prévu, la fin est bonne, mais un poil décevante. Oui, le film Sud-Coréen est passé avant, résultat, pas d'explication avec un flashback, ici il n'y en a que trop peu, pas de final spectaculaire avec un héros capable de se mutiler pour préserver son amie. Il y a bien un affrontement final, mais il n'est pas à la hauteur de ce que nous pouvions attendre en ayant vu le film.

Ici, l'étau se resserre, Goto n'arrive pas à se rappeler de ce qui a pu arriver dans cette salle de musique. Et quand enfin un indice important arrive, il refuse de se remémorer. De peur d'on ne sait pas trop quoi. Heureusement, il est toujours aidé par son ancienne professeure des écoles, désormais écrivaine richissime justement grâce au mystérieux tortionnaire de notre héros. Une nouvelle personne interviendra, et elle sera importante. Il y aura aussi un étonnant revirement de situation, avec un personnage qui changera de camp. Mais ceci n'enlève rien en la tension que l'on perçoit.

Goto doute, il est même prêt à sacrifier sa vie, et tentera un coup de poker, auquel son ennemi se prêtera volontiers. La seule volonté du héros est de préserver la vie de ses amis. D'ailleurs, Eri devra à nouveau changer de lieu, sachant que Dôjima reste une grande menace et arrivera à la retrouver. On retrouve très peu d'action ici, mais l'enquête se poursuit, et plus on tourne les pages, plus on sent que la fin va être rapidement envoyée. Ce sera le cas, car il nous faudra attendre l'ultime chapitre (avant l'épilogue en vérité) pour obtenir enfin LA réponse.

Et l'explication de Dôjima me laisse perplexe. Je ne veux pas trop en révéler, mais on constate que son plan n'a pas tellement fonctionné, vu qu'il voulait que Goto l'assassine. La raison est un peu bidon, tout comme ce qu'il s'est produit dans ladite sale de musique. Nous sommes loin de la révélation perverse du film Sud-Coréen, et c'est en fait pour cela que je me suis retrouvé déçu. Car en soit, même si on constate que Dôjima (je le nomme par son surnom pour éviter de vous révéler son identité que l'on connaît pourtant depuis longtemps, ce qui est un peu stupide de ma part j'avoue), si on constate donc que Dôjima met énormément de moyen pour martyriser Goto, l'explication du pourquoi il le fait est assez difficile à encaisser.

Juste la... j'ai failli vous révéler l'explication. Mais bon, la quantité de moyen mise en œuvre pour ça, ça me laisse perplexe. Par contre, le chapitre "épilogue" met en lumière un point sombre, non éludé par le scénario. Qu'est ce qui se cache au plus profond de Eri. Ce qui nous indique que Dôjima a peut-être gagné finalement. Et ça, c'est bien fichu je trouve.

Sinon, comme déjà dit, le dessin est parfait. L'édition française de naBan éditions aussi, c'est que en y regardant bien, l'œuvre est passionnante à suivre, mais souffre énormément de la comparaison avec le film. Il faut dire que ce dernier introduisait tellement de plot twist, de truc de fou, qu'il est énormément marquant. Or, dans le manga, ce n'est pas aussi dingue. Au final, j'ai pourtant adoré cette histoire. Qu'il faut bien séparer du film. Du moment que l'on en fait la distinction, on est peut-être un poil déçu.e, mais on apprécie tout de même cette histoire.

Que vous aimiez ou non le film, ça reste un manga bien écrit, sublimement édité, magnifiquement dessiné. Avec certes une fin un poil faible par rapport à ce que l'on a pu connaître chez URASAWA Naoki avec "20th Century Boys", mais on s'attache tout de même aux personnages. Si vous aimez les mangas, c'est une œuvre que je juge importante, sans être impérative. J'ai beaucoup aimé, et la fin n'est pas mauvaise, mais est juste un peu, comment dire, elle n'est pas assez "waouh" quoi. Il lui manque une révélation folle pour que l'on reste pantois ou pantoise devant. Ceci n'empêche pas "Old Boy" de marquer et d'être plaisant à lire. D'autant plus que l'édition française de naBan éditions est sublime.

@+

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