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Cultivons la curiosité

Matrix Resurrections

Matrix Resurrections

Ah. On nous aurait menti ? Tout ce qui a un début a une fin, mais peut revenir 19 ans après ? Oui, d'accord, "Matrix Revolution" est sorti en 2003 et "Matrix Ressurections" est disponible depuis fin 2021 dans les salles obscures. Ce qui donne 18 ans. Mais quand même. Avouez que la surprise est...surprenante. Qui aurait cru qu'un quatrième opus sortirait ? Bon, c'est vrai que la mode de sortir un quatrième film après une trilogie culte existe depuis un moment, prenez "Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal" par exemple. "L'Arme Fatale 4", et j'ai oublié les autres. Donc, pourquoi pas ?

J'avoue que la crainte est maximale en allant dans mon cinéma préféré. Déjà, le film semble se planter royalement au box office. Bon, face à "Spider-Man : No Way Home" c'était couru d'avance. Notons que le film que je viens de citer fut mon dernier de 2021 au cinéma, et que le film que nous voyons aujourd'hui est mon premier de 2022. Donc, le film n'attire pas le public, Lily Wachowski ne fait pas partie du projet, et si sa sœur Lana reste réalisatrice et co-scénariste (avec Aleksander Hemon et David Mitchell), avouons que ça fait un peu peur. Sans parler du fait que le diptyque qui fait suite à "Matrix" est finalement un peu pompeux, voire ennuyeux dans certaines phases.

Ceci dit, une mise à jour ne peut pas faire de mal. Et puis voir comment le trio de scénaristes est arrivé à nous proposer une improbable suite, c'est intriguant. Tout comme la bande annonce en version française qui suit. Soit de la façon dont j'ai vu ce jeu...euh film pardon. Regardons-la ensemble, en sachant qu'au final, elle ne révèle pas grand chose, mais attise la curiosité.

Vidéo de Warner Bros. France

Une bande annonce qui se concentre essentiellement sur le début du film. 2h28. Soit le plus long de la désormais quadrilogie. C'est un peu délicat d'aller voir un film qui risque d'être saoulant pendant 148 minutes. Surtout que l'on ne retrouve pas le cast d'origine. Pas de Hugo Weaving, pas de Laurence Fishburne. Heureusement, Keanu Reeves (en Thomas Anderson/Neo) et Carrie-Anne Moss (en Tiffany dans ce film) restent. On retrouvera même des personnages bien connus, avec leurs acteurs et actrices d'origine.

Mais avant toute chose, le film s'introduit...comme le tout premier volet. Une entrée dans la Matrix, deux personnages au téléphone, et on repart avec une Trinity qui va tabasser des forces de l'ordre. Sauf que ce n'est pas Carrie-Anne Moss. Étonnant. Encore plus surprenant quand on constate un changement alors que jusque là nous avions eu presque du plan par plan. Les répliques sont identiques aussi. Et on découvre Bugs (Jessica Henwick) et son opérateur Seq (Toby Onwumere).

Elle est là en observatrice d'un mod, qui forme une boucle. Ceci permet de se remémorer le premier film en ayant une impression de déjà-vu qui persistera tout le long du film. En fait, c'est très bien pensé, car les personnes n'ayant pas vu les films précédents ne seront pas larguées. C'est juste que des détails leurs échapperont. Rien de méchant cependant. Donc, on constate que l'action est toujours aussi dingue dans la Matrix, et que l'Humanité semble toujours asservie.

Ceci déçoit un peu. Mais on retrouve rapidement Thomas Anderson (Keanu Reeves) qui est programmeur dans une grande boîte de développement de jeux vidéo. Il est le créateur des trois jeux de la Matrix. Et on suit son quotidien assez embêtant. Encore plus quand des grands pontes ont décidé de relancer une trilogie (la Warner Bros. est carrément citée). Ce qui ne l'enchante guère.

En effet, il suit une thérapie depuis qu'il a essayé de voler (dans les airs). Manquant de peu de se tuer. Heureusement, son thérapeute (Neil Patrick Harris) veille sur lui. Essayant de le convaincre qu'il a mis trop de sa personnalité en Neo, le héro de son jeu vidéo. On retrouve des images des films précédents, qui ici forment les jeux vidéo dans ce monde.

Résultat, on est perdu. Et il est bien délicat d'en révéler plus. La première trilogie était-elle juste un délire de programmeur ? Ou alors quelqu'un manipule encore tout le monde pour le bien être des machines ? Difficile à dire. Mais des indices vous indiqueront rapidement le réel du faux. Et Thomas Anderson s'apprête à effectuer une thérapie accélérée. Mais je m'arrête ici.

Alors que j'avais indiqué que les deux suites au premier film s'avéraient au final inutiles et pompeuses (bon j'ai abusé j'avoue, mais elles sont inutilement complexes). Ici, oui, le film est justifié. Il s'explique à travers un jeu de questions/réponses bien pensé par les scénaristes. C'est honnêtement un régal. Surtout quand Thomas Anderson voit Morpheus (Yahya Abdul-Mateen II) débarquer, offrant un déluge d'action dans lequel le programmeur est perdu. Avant que l'on se rende compte que c'était juste un délire issu de l'esprit de Thomas.

Le film joue sur cet aspect, qu'est-ce qui est réel, qu'est-ce qui ne l'est pas ? Et c'est brillamment orchestré. On ne trouve rien de pompeux, pas d'allusion philosophique à deux balles, pas de référence religieuse (contrairement à ce que le titre du film pourrait laisser penser), bref, l'aspect chiant des suites est éradiqué. Mais il ne manque pas de réflexion pourtant.

Ainsi, le film ne manque pas d'égratigner les penseurs et penseuses dans son début. Avec la réflexion sur M-IV, le jeu vidéo Matrix IV. Cette redondance, ces différentes visions et définitions que furent les premiers films (jeux dans "Matrix Resurrections"). Des penseurs ne retiendront que l'action, d'autre que les costumes moulants. D'autres encore y verront une libération des trans. Et j'en passe. Bref, une magnifique vision de ce que la trilogie Matrix est. Ainsi que la façon dont elle est perçue. On sent l'aspect métaphysique, qui pourrait rebuter, mais qui captive en vérité.

Après, malgré le côté extrêmement verbeux du film, il n'ennuie pas. Est-ce parce que j'ai revu les trois premiers films juste avant ? Je pense. On retrouve énormément d'allusions à la première trilogie, au point de passer des courts extraits afin de raviver les mémoires. Et ça marche. Après, je le redis, mais si vous n'avez pas vu les autres films, je pense que "Matrix Resurrections" offre assez de matière pour bien comprendre et apprécier son scénario.

Un scénario qui s'avère extrêmement féministe. Aussi bien à travers Bugs, que Tiffany. Ceci est très plaisant de voir que les personnages féminins sont au niveau des masculins. Voire un peu au dessus. Les scènes d'action ne sont pas révolutionnaires, mais conservent la "patte" Matrix. Ça reste beau et impressionnant à voir sur grand écran. C'est d'ailleurs mon premier film de la saga en salle obscure. Par contre, lors de deux scènes d'action, c'était assez...remuant. La caméra gigotait dans tous les sens. Ce qui rend le combat dans le Shinkansen absolument illisible. Et une autre scène d'action dont j'ai oublié le lieu.

Hormis ce petit défaut de réalisation, le reste est propre, même beau. Je ne peux pas trop en dire, mais on voit l'évolution logique depuis la fin de "Matrix Revolution", et on nous explique tout. Les questions que l'on se pose trouvent une réponse. Après, il y a quelques points sombres, mais honnêtement on passe outre tant le film est bien conçu. Je n'ai pas le mot.

On perçoit un changement dans la photographie, qui est déjà un indice, et mieux, la fin est logique. Après, si elle n'empêche pas de faire une ou plusieurs suite, étant moins radicale que "Matrix Revolution", elle se suffit à elle-même. Comme le premier film en vérité.

Alors oui, on peut dire que ce n'était peut-être pas utile d'offrir un quatrième volet à la saga Matrix. Surtout après le final sans concession du dernier épisode. Mais pourtant, tout est expliqué, tout est logique, et pour peu que l'on ait aimé les précédents films, et bien c'est du régal. J'avoue avoir été un peu rude avec "Matrix Reloaded" et "Matrix Revolutions", mais leurs passages calmes étaient chiants, pompeux même.

Hors, ici, rien de tout cela. Les personnages les plus chiants sont évacués (allez, je vais spoiler un peu, mais pas d'Oracle ni d'Architecte, ce dernier étant remplacé). Et on a droit à un divertissement pas si con qu'il n'y paraît. Ce qui n'empêche pas d'avoir des scènes d'action impressionnantes, qui sont parfois mal réalisées c'est vrai. Donc oui, j'ai été surpris et j'ai aimé voir ce film. Pire, j'aurai regretté de l'avoir loupé au cinéma. Une belle surprise pour bien débuter 2022 au cinéma.

@+

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