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Cultivons la curiosité

Les diamants sont éternels

Les diamants sont éternels

Changement de décennie et retour aux sources pour la saga James Bond avec déjà son septième film en 9 années. Vous ne l'ignorez sans doute pas, mais Sean Connery avait surpris beaucoup de personne en déclarant ne plus porter le costume de l'agent 007 après "On ne vit que deux fois". L'Australien George Lazenby reprit avec difficulté ce rôle, et renonça à continuer d'interpréter James Bond au cinéma. Du coup, alors que Adam West fût un temps pensé pour devenir le troisième acteur prêtant son visage à l'agent secret, c'est John Gavin qui signe et commence à préparer le tournage.

Ceci est parfaitement dit dans le bonus des coulisses du film présent dans le DVD. Il y a aussi un reportage sympathique sur le second producteur des débuts de James Bond, à savoir Albert R. Broccoli (ou Cubby). C'est logique, après Harry Saltzman, d'avoir un reportage sur cet éminent producteur de la saga. Et il aura son importance ici pour une idée du scénario.

Mais, revenons au cast, car à la dernière minute (et contre certainement un gros chèque), Sean Connery revient dans son costume fétiche. Il rejoint Jill St John (Tiffany), Charles Gray (Blofeld), Jimmy Dean (Walter Whyte), Lois Maxwell (Moneypenny), Bernad Lee (M) et Desmond Llewelyn (Q). Il y a donc du beau monde présent, et vous verrez que je n'ai pas cité tout le monde encore.

Après "Goldfinger", Guy Hamilton revient à la réalisation. Il faut dire que le côté sérieux et presque triste de "Au service secret de Sa Majesté" ne plaît plus trop aux producteurs. L'aspect divertissant de "Goldfinger" est une volonté de Saltzman et surtout Broccoli (je crois bien que le premier n'est plus trop là en fait). Hamilton va rester un certain temps à la réalisation des James Bond, puisque nous le verrons sur les 2 James Bond suivants.

Nous voilà parti.e.s pour 1h54, et ça commence de façon ridicule. James infiltre de façon peu silencieuse un labo qui cherche à cloner Blofeld. On y voit de la boue (en fait de la purée en putréfaction comme nous l'apprendrons dans le bonus du DVD), et les scènes d'action sont trop hachées pour être efficaces. C'est simple, tout va trop vite et on n'y comprend rien. Mais genre rien du tout. Dois-je vous parler de la mort la plus ridicule de la saga. Mort dans de la boue bouillante. Mais avant ça, James a parcouru le monde pour savoir où était ce connard de Blofeld. Afin de se venger du précédent film certainement.

Le générique se lance alors que 007 a accompli sa vengeance. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que là, il y a une vraie recherche. Certes, c'est encore à base de belles femmes dénudées, mais avec un joli jeu de lumière et des enchaînements efficaces. La chanson de John Barry interprétée par Shirley Bassey résonne encore dans ma tête. Elle est très bien je trouve. Mais regardons la bande annonce en version française, sachant que j'ai vu ce film en version originale sous titrée en français.

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Et là, le film va continuer dans le ridicule. Nous sommes en Afrique du Sud, dans le désert. Nous devinons que des malfaiteurs essayent de faire capoter un échange de diamants. Ces derniers sont sortis par des travailleurs locaux, qui les sortent de façon astucieuse. Mais passons. Car nous découvrons le couple le plus dingue d'assassins que j'ai pu voir, Mr Kidd et Mr Wint. Putter Smith pour le premier, Bruce Glover pour le second. Et ils vont vous marquer, je vous le garantis. Complétement fou et à l'Ouest, ce couple fait preuve d'une incroyable efficacité quand ils accomplissent leurs missions.

Là, le scénario signé Richard Maibaum et Tom Mankiewicz (inspiré du roman de Ian Fleming "Les diamants sont éternels" de 1956) est plutôt malin, car il n'insiste jamais sur le côté homosexuel de ces deux personnages. Il faut dire que la réalisation de Guy Hamilton est sobre sur ce point là, tout juste un regard jaloux, ou le fait qu'ils se prennent par la main. Mais bon, on continue, et James va devoir donc intercepter une livraison de diamants, et se faire passer pour Peter Franks (Joe Robinson). Direction les Pays-Bas et Amsterdam.

Ce qu'il faut savoir, c'est que nous avons vu Kidd et Wint confier les diamants à une dame âgée afin qu'elle mène ces derniers aux Pays-Bas. On retrouvera la dame décédée dans les canaux d'Amsterdam, alors que James fait un peu de tourisme. Avec nos deux assassins pas loin. Dans la capitale, James fera la connaissance de Tiffany. C'est elle qui doit lui confier les diamants. Ici, nous verrons un gadget efficace de Q, une fausse empreinte digitale. Pratique, car Tiffany vérifie l'identité de son interlocuteur.

Problème, Franks s'est échappé et arrive à Amsterdam. L'occasion d'offrir une scène de baston mémorable dans un petit ascenseur. J'avoue, là, j'ai bien aimé. Mais on repart vite dans le n'importe quoi quand James doit s'envoler pour Los Angeles afin de livrer les diamants. Là aussi, on verra une scène bizarre, de récupération des diamants avec les pompes funèbres Slumber. James manque de peu de finir incinérer. Mais il avait couvert ses arrières. Du coup les Slumber veulent les vrais diamants.

L'occasion d'aller à Las Vegas et donc de procéder à la remise à James des vrais diamants par la CIA et Félix (Norman Burton). Ceci avec l'aide de Tiffany que l'on devine être une voleuse en fait. Mais voir la scène du casino avec les agents de la CIA qui se font mener en bateau par la voleuse, c'est très drôle. Que dire de cette scène avec un éléphanteau qui joue au bandit manchot ???? Là, j'ai pété un câble. C'est ... n'importe quoi. Mais rien ne me laissait présager ce qui allait arriver. Toujours aidé par Tiffany, James arrive à s'infiltrer là où sont partis les diamants, à savoir un centre de recherche spatial appartenant à Walter Whyte.

La scène de poursuite dans laquelle James vole un véhicule lunaire est... lunaire. Le véhicule est ridicule, mais la sécurité n'arrive pas à arrêter James, ceux-ci cassent leurs voitures dans le désert du Nevada. Sur une scène, nous voyons un véhicule se retourner et nous voyons, de façon évidente, une petite roue du véhicule lunaire. Sorte de faux raccord étonnant, en regardant le reportage sur le tournage du DVD, on apprendra que le véhicule était volontairement ridicule, mais il avait les roues qui cassaient dans cesse. Nous voyons donc clairement ceci dans cette scène.

Bon, James s'évade et devine qu'il va falloir atteindre le Penthouse de Walter Whyte afin d'enquêter. Mais avant cela, il séduira Plenty, une jolie jeune femme. Cette dernière finira dans la piscine de l'hôtel. Attendez, à moins que ce ne soit avant. Je ne sais plus. En tout cas, le décolleté de la jeune femme ne laisse pas indifférent j'avoue.

Mais le film, jusqu'ici ridicule et même presque ennuyeux, va décoller. Nous sommes à la fin de la première heure. James revient à Las Vegas avec Tiffany après son escapade "lunaire". Le Shériff est averti, et va mettre toute son équipe à la poursuite de la sublime Ford Mustang de Tiffany. Là, une course poursuite de folie débute dans les rues de Las Vegas. Et c'est franchement impressionnant. James (qui pilote) fait tourner en bourrique les hommes du Shériff.

Je vous assure que c'est là où le film est devenu intéressant pour moi. La course poursuite est impressionnante, et se termine par une acrobatie impressionnante. Mais dont Guy Hamilton a dû utiliser un subterfuge afin d'éviter un faux raccord violent. La scène est expliquée dans le reportage du DVD, qui est franchement hyper intéressant.

Nous verrons la scène de l'ascension chez Walter Whyte, impressionnante. Où l'on découvre une révélation à peine surprenante mais qui va bien à ce moment du film. Le coup du chat m'a fait péter de rire (bien que je déteste que l'on maltraite les animaux). James va se retrouver en mauvaise posture, faire ami ami avec un rat (vous comprendrez en voyant le film), pour finalement devoir rejoindre une plate-forme pétrolière, pour ce qui va être le final du film.

Entretemps, Plenty est retrouvée morte dans la piscine de Tiffany, les assassins confondants les deux femmes je suppose. Et cette dernière est plus ou moins enlevée par un homme travesti en femme. Voir ce personnage comme cela fait très bizarre. Mais après tout, je pense qu'à ce moment du film, j'avais assimilé que l'on avait beaucoup d'humour (voire de ridicule).

La plate-forme pétrolière est effectivement le final du film. Ça explose de partout, le méchant essaye de s'échapper dans une sorte de suppositoire sous marin, mais n'y arrive pas. Une fois de plus, ce méchant est tourné en ridicule je trouve. Bon, James gagne avec l'aide de Whyte et après avoir tout fait péter. Nous avons même une scène qui conclut le film avec enfin l'affrontement entre Bond et les étonnants Kidd et Wint. Le jeu de regard, les deux assassins étant déguisés, et le côté suspicieux mais pas trop de James, avec, en plus, le fait que l'on ignore si Tiffany va mourir ou non (on a un doute j'avoue), la scène montre ce qu'est ce film. Un truc tendu, mais qui ajoute un humour dont j'ignore si il est volontaire ou non.

Purée, et j'ai oublié de vous parler des gymnastes Thumper et Bambi... aaaaaaah, la baston est incroyable. Bond se faisant défoncer par les deux athlètes féminines, avant de les dominer dans l'eau de façon ridicule. En fait, c'est ça, ce film est surprenant car on peut le croire ridicule. Honnêtement, alors que le précédent film était sombre, s'achevait de façon sombre, on change de ton ici. J'ignore si ce côté ridicule est volontaire ou non, mais, une fois assimilé, on s'amuse bien devant le film.

D'ailleurs, l'idée du Penthouse avec un Walter Whyte qui n'en sort pas et la révélation du personnage présent ici est une idée de Broccoli. Il était très ami avec Howard Hugues, qui était réputé pour rester dans son Penthouse notamment. Broccoli a imaginé aller voir son ami dans cet endroit, celui-ci se retourne, mais ce n'est pas lui. Voilà qui explique une partie du scénario. Et c'est plutôt sympa.

Honnêtement, ce n'est pas un grand film, ni même un bon Bond. Pourtant, je m'y suis amusé après la course poursuite dans Las Vegas. Cette dernière est clairement la grande scène du film. Même si le final sur la plate-forme pétrolière est plus spectaculaire. Le début est trop haché, difficile à comprendre, pour vraiment nous faire entrer facilement. Si vous voulez le voir, dites-vous bien que le côté dramatique de "Au service secret de Sa Majesté" n'est plus là. On peut même dire que c'est l'inverse. Limite on se retrouve devant un film comique. Ce que je n'arrive pas à savoir, c'est si ceci est volontaire ou non. En tout cas, j'ai bien aimé. Par contre je trouve que Sean Connery paraît âgé, alors qu'il n'a que 41 ans. C'est bizarre.

En attendant, film un peu délirant, sympa si on le regarde sans chercher à voir un film sérieux, Kidd et Wint vous marqueront je pense. Plenty et les jeux de mots pourris de Bond (elle se nomme Abondance en VF et possède une forte poitrine, je vous laisse deviner du coup...) sont affligeants, et surtout on ne comprend pas à quoi sert le personnage (il ne couche même pas avec... ah, oui, pardon, c'est mal placé). Pourtant, la course-poursuite à Las Vegas, et les deux scènes de fin sont très bonnes. Reste à voir ce que va donner Roger Moore, qui va être le troisième James Bond au cinéma. Ceci est pour un petit peu plus tard. J'ai donc aimé ce film, à voir je pense, car il est marrant.

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