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Cultivons la curiosité

Galácticos

Galácticos

Ah, oui, pourquoi pas. Aujourd'hui nous allons plonger dans une ère qui a modifié la face du football. En effet, tout le monde a entendu parler un jour ou l'autre de la période des "Galácticos" du Real Madrid. C'est à l'arrivée de Florentino Pérez à la présidence du club que les choses vont changer. Si il est toujours en poste depuis juin 2009, il a connu un autre passage, entre 2000 et 2006. Un passage marquant. Un passage qui fera du Real Madrid, alors endetté, le club le plus riche du monde, surpassant Manchester United.

ESPN va produire une courte série documentaire de 3 épisodes qui durent 30 minutes, afin de relater cette ère pas trop marquante sportivement parlant, mais financièrement riche. Damián Ainstein et Martín Ainstein se chargent de la réalisation, avec des documents d'époque, qui donnent une touche de nostalgie au documentaire. Ne vous attendez pas à un résumé des 6 saisons, mais plutôt à des entrevues des protagonistes qui reviennent sur ce qu'il s'est passé au début du XXIè siècle. Petite vidéo qui montre les premières minutes de la série. Vue en version originale sous titrée en français, malgré le fait que la langue espagnole ne soit pas trop ma came.

Vidéo de Disney España

C'est donc en juillet 2000 que Florentino Pérez accède à la présidence d'un des clubs les plus titrés au monde. J'abuse un peu, mais le Real Madrid est une institution, un club à battre à chaque fois qu'on l'affronte. Le monsieur a fait fortune comme président de ACS, un groupe de travaux publics et construction, un peu comme Bouygues chez nous (pas la téléphonie hein ?). Bref, il a même fait un passage comme conseiller municipal de Madrid et a le bras long.

Mesdames et Messieurs, avant Christiano Ronaldo, il y avait Luis Figo (et Eusébio, mais ça remonte). Je parle niveau football portugais bien entendu. Et Luis Figo dans les années 90-2000, c'est un crack. Il est impressionnant et cartonne tout. Jusqu'à gagner le Ballon d'Or en 2000. Mais avant ça, le milieu offensif défonce tout avec le FC Barcelone. Ennemi juré du Real Madrid. Et pourtant, Florentino Pérez se fait élire en juillet 2000 sur la promesse de faire venir Luis Figo à Madrid.

Il est marrant de voir à quel point, quand le candidat à la présidence du Real Madrid fait cette promesse, tout est démenti. Luis Figo déclarera ne jamais vouloir quitter Barcelone, qu'il aime trop le maillot, le club. Pour rejoindre finalement les merengues (surnom des joueurs du Real Madrid) à l'été 2000. Contre un joli chèque et un transfert record à l'époque. Bon, les chiffres sont donnés en pesetas, du coup on n'y comprend rien, mais ça faisait beaucoup d'argent.

Comme quoi, tout s'achète. Et voir le président du FC Barcelone de l'époque chouiner et haïr son homologue Madrilène alors que bon, il a pris les sous du transfert, ça me fait bien marrer. Luis Figo est le premier footballeur d'une série de 5 joueurs qui formeront les "Galácticos". Un achat par saison. Pour Florentino Pérez, pour gagner des trophées, il faut acheter les meilleurs joueurs. En plus, aspect cool, on vend des maillots et des produits dérivés comme ça.

Le récent président a une idée. Un club de football doit se gérer comme une entreprise. Construire un pont ou une équipe, ça doit rapporter du pognon. Il n'y a pas de place à l'émotion, nope. Et pourtant, sous le talent de l'entraîneur Vicente Del Bosque, l'équipe est balèze. Pas ultra dominatrice, mais embêtante à jouer. Elle arrive à gagner des titres.

Il faut dire qu'il y a Morientes, Hierro, Makélélé, Casillas (qui aura droit à un passage particulier car il y avait une lutte interne avec Cesar). Bref, l'ossature est bonne, et le club marche bien. Mais pas assez pour le président, qui aime le jeu de Zinédine Zidane. Qu'à cela ne tienne, en 2001, il sort le chéquier et s'offre le créateur qu'est Zizou. Avec un monsieur qui intervient et explique comment ils ont, insidieusement, convaincu le Français en passant par son agent et sa femme. Malin le Lynx.

Après viendront Ronaldo en 2002, tout récent champion du monde, puis la superstar David Beckham. En 2002, l'année du centenaire, le Real sauve sa saison avec une victoire face au Bayer Leverkussen en Ligue des Champions. Grâce à un but exceptionnel de Zinédine Zidane (qui pourtant n'était pas très bon en début de saison). Une finale que j'ai vu à la télévision pour info (même si on s'en fout en fait). Et bien ça ne suffit pas. Il faut faire des pubs, il faut vendre des produits dérivés, se servir de l'image des joueurs pour acquérir plus de notoriété.

Et c'est donc en 2003 que le pas sera franchi. Avec la superstar David Beckham. Qui sera acheté un montant dérisoire aux dires de la personne qui s'occupe du transfert. Florentino Pérez ayant même l'audace de vouloir faire baisser le prix alors qu'il sait que le transfert sera immédiatement rentabilisé. Ce sera le cas, les 35 millions d'euros investis étant vite retournés dans les caisses du Real grâce à l'image mondiale de David Beckham.

Le dernier arrivant sera moins présent dans le reportage, Michael Owen, en 2004 (Robinho ne sera carrément pas relaté pour sa venue en 2005). Mais à travers les entrevues des joueurs ayant participé à cette période, on comprend mieux certaines choses. Le fait que Hierro se soit violemment invectivé avec Pérez, et qu'il se soit, comme par hasard, retrouvé sur le départ. Le "personne ne me montre du doigt comme on le fait à un arbitre" de Pérez (relaté par un intervenant) montre l'égo du président.

Seulement, quand on regarde le bilan des 6 saisons, si les débuts sont excellents, on sent que l'équipe perd en compétitivité. Il faut dire que les stars sont toujours en train de tourner un pub on ne sait où. Et que le football y perd énormément. De plus, ces stars ont, semble-t-il, le droit de ne pas trop s'entrainer, et ça se ressent sur le terrain.

On apprend, via Morientes, que le président faisait ce qu'il voulait. La preuve quand Camacho est nommé entraîneur. Il ne restera pas longtemps, à peine un mois si j'ai bien compris. Il expliquera à Morientes, que pour lui, l'attaque du Real c'est Raul, Figo et Morientes. Ce dernier revient d'un prêt d'une année à l'AS Monaco (avec, à la clé, l'élimination du Real en ligue des Champions, qui est montrée ici). Mais il veut jouer. Cette promesse de son entraîneur, le convainc de rester. Sauf que dans la foulée, Michael Owen signe. Sans que Camacho ne soit au courant. Ce qui provoquera le départ de ce dernier.

Il y a plein d'anecdote de ce genre, qui montre à quel point Pérez ne pense qu'au marketing et non pas au sportif. Qui montre aussi que les entraîneurs avec trop de charisme ne sont pas trop appréciés. La totalité des 3 épisodes se dévorent rapidement. Il faut évidemment un minimum aimer le football pour savourer cette série. Voire même avoir connu cette époque. Le documentaire varie assez bien les moments clés, des victoires ou défaites sportives, avec les interventions des acteurs de l'époque (pas de femme ici malheureusement).

"Galácticos" est donc passionnant à voir. Que l'on soit fan ou non du Real Madrid. On a, à un moment donné, entendu ce nom. Celui d'une équipe réunissant les meilleurs joueurs, mais qui a plus fait parler par son aura médiatique que ses résultats sportifs. On verra même les débuts de Lionel Messi dans le dernier épisode. Après, il faut aimer le football, car sinon vous allez encore plus détester ce sport. Un documentaire passionnant, qui marque l'accélération du "foot business", qui a débuté à la fin des années 90. J'ai beaucoup aimé voir cette série.

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