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Cultivons la curiosité

Drive to Survive : Pilotes de leur destin - Saison 01

Drive to Survive : Pilotes de leur destin - Saison 01

Vous le savez certainement après tous les tests (pas du tout à jour) des jeux vidéo de Formule Un présents ici, mais j'aime beaucoup cette discipline. Ainsi, début 2017 une page se tourna. Bernie Ecclestone, grand manitou de la discipline (détenteur des droits d'exploitation en vérité), passa le pouvoir. Ne vous inquiétez pas pour lui, il vendit ses droits à prix d'or à Liberty Media. Le groupe étasunien à un projet à long terme pour exploiter pleinement cette acquisition. Si la première année fût de transition (la saison 2017), une grosse refonte fût pensée par la suite.

Déjà, les pilotes et les écuries obtenaient plus de liberté pour exploiter les réseaux sociaux. Ensuite, une plateforme payante, aux débuts chaotiques, F1 TV Pro, fût créée. Pendant quelques années (entre 2016 et vers novembre 2020 pour être précis), je ne pu voir la F1 qu'à travers le prisme d'une chaîne autrichienne. Avec les commentaires en allemand. Oui, j'ai assisté à la première victoire de Pierre Gasly, le 6 septembre 2020, de cette manière. La fin de saison exaltante me fit prendre la décision d'essayer ce service, F1 TV Pro. De façon mensuelle, pour tester, avant de le prendre à l'année en mars 2021.

Un changement de logo fût établi, et même un départ donné à 15h10 au lieu de 14h00 (heure locale du Grand Prix). Bon, maintenant nous sommes revenu.e.s à une heure normale, généralement 15h00 (il existe des exceptions). La F1 entrait enfin dans le Web 2.0. Je ne sais pas ce que ça veut dire, mais c'est cool. Reste que Netflix étant étasunien aussi, une forme d'arrangement commun allait assez vite être trouvé. Alors que des rumeurs annoncent que le service de streaming pourrait devenir diffuseur de la F1, c'est en mars 2019, à l'aube de la nouvelle saison, qu'une série de documentaire allait nous conter la saison précédente.

Seulement, pas en nous montrant des termes techniques, des morceaux de course et des tableaux de points. Non. En nous montrant les femmes et les hommes derrière toute cette incroyable logistique. Les pilotes allaient tomber le casque, et à l'aide d'un montage efficace, et d'une petite dramatisation, Netflix allait rendre la F1 attirante, passionnante, et ce, sans forcément s'y connaître ou risquer de s'endormir devant. Les images de courses subsistent, mais sont montées pour le spectacle, quitte à tricher un peu. Petite bande annonce en VF, soit la façon dont j'ai vu cette série.

Vidéo de Netflix France

Oui. J'ai oublié de vous indiquer qu'effectivement, après Prime Video et Disney Plus, Netflix se retrouve donc sur Ashou. En prévision d'un non-renouvellement de F1 TV Pro ou de Disney Plus, qui interviennent dans la période fin-février début-mars 2022. Oui, c'est paradoxal, car la saison 2022 de F1 s'annonce passionnante, mais je pense que ça risque plutôt d'être Disney Plus la victime de ma découverte de Netflix. Passons.

Car à travers 10 épisodes de 30 à 40 minutes, nous allons parcourir en désordre la saison 2018 du championnat du monde de Formule 1. L'occasion de voir Nico Hulkenberg, des Force India roses, ou même Toro Rosso. Bon, je deviens trop précis, donc ennuyeux. Sachez que ce n'est absolument pas le cas de cette série brillamment mise en scène.

On débute par l'Australie, qui ouvre habituellement le championnat en mars (sauf ces deux dernières saisons, passons). Et donc forcément, ce sera le très souriant, exubérant et attachant Daniel Ricciardo qui sera mis en avant. Le local de l'étape possède enfin une voiture compétitive (RedBull) et un très jeune coéquipier talentueux (Max Verstappen). Seulement, ici, on nous explique rapidement comment se passe un week-end de course, puis on s'intéresse aux pilotes, mais pas que. Car le staff technique y passe, avec les ingénieurs, les gérants des écuries etc.

On nous explique systématiquement les tenants et aboutissants, les enjeux quoi, de la saison, du pilote ou de l'écurie. Plus la saison avance, plus on sent la tension monter. Sauf que là où la série est maligne, c'est qu'elle ne suit pas chronologiquement la saison. Ni ne se perd pas en mettant en avant 40 personnes. Un épisode se focalise souvent sur un duo de pilotes, adversaires, dont une course clé nous sera relatée en fin d'épisode. Sorte de climax.

C'est passionnant à suivre. Après, un défaut intervient, c'est que c'est très dramatisé. Genre lors de la lutte entre Haas et Renault, à la fin du GP des États-Unis d'Amérique. Alors qu'il reste 4 Grands-Prix à faire, Renault (spoiler) gagne dans sa lutte pour la 4è place au championnat constructeur, de précieux points. Ici, ceci nous est présenté comme une victoire définitive. Or, il restait 4 GP encore. C'est surprenant. Et c'est cette volonté de forcément dramatiser, d’exagérer, qui peut faire souffler. Mais, ceci permet de capter un public totalement externe à ce sport. Et ça le fait bien.

Bon, si, il y a quelques coquilles dans la version française. Ainsi on nous parle d'aile avant droite, pour Front Wing, or c'est plutôt Aileron Avant le terme exact. Et par moment, ceci saute aux yeux quand on connaît la F1, on va nous faire croire qu'un changement anticipé de gomme de pneu est un truc exceptionnel, et que le fait de se faire doubler par son adversaire suite à cet arrêt au stand est un drame. Or celui-ci devra s'arrêter un peu plus tard. Mais c'est pour ne pas trop entrer dans les stratégies et autres trucs qui pourraient rebuter un public novice à ce sport.

En 10 épisodes, il n'est pas toujours question de voir tous les GP. Mais on assiste à une lutte entre deux écuries ou deux pilotes le long de l'épisode. Et c'est bien foutu. En plus, preuve que l'on fait d'un défaut une force, on ne parle quasiment pas des grandes écuries. Hamilton, Bottas, Raïkkonen et Vettel, chez Mercedes et Ferrari, n'apparaissent quasiment pas. Question de droits, qui seront résolus par la suite. Mais ce défaut permet de voir des luttes de milieu de grille, voire de fond de grille. On y voit des pilotes sous un autre jour, et c'est là où la série arrive à contenter les grand fans de F1.

Car ce dernier pourra s'énerver sur des termes inexacts, une stratégie totalement inexpliquée, ou carrément un mélange des GP assez énervants. Sauf que l'on voit ces champions plus détendus, on assiste au stress des gestionnaires d'écuries, et le passage avec Romain Grosjean est particulièrement édifiant. J'ignore si c'est une question nationaliste, mais l'écurie Haas et ses pilotes sont énormément mis en avant. Peut-être pour mieux vendre le programme aux États-Unis d'Amérique, je ne sais pas. En tout cas, ça fonctionne, et on dévore les épisodes avec avidité.

Il est marrant de constater que je suis en train d'essayer de faire le jeu vidéo "F1 2017", et que donc j'ai du retard, beaucoup de retard. Et il peut être intéressant de faire la série et le jeu de la même saison, en même temps. En tout cas, quand j'en serai à la version 2018, je penserai forcément à "Drive to survive". Alors, le titre français est, en fait, "Formula 1 : Pilotes de leur destin". Mais il est plus connu sous son nom original, qui fonctionne mieux je trouve.

En attendant, que vous aimiez ou non la F1, voir l'envers du décor de ce sport, avec une mise en avant des personnes qui font cette discipline, est à voir j'estime. On regrette une trop grande dramatisation, et un montage qui est un peu fallacieux par moment, mais c'est pour mieux divertir. Ceci permet de vulgariser la F1, et c'est une excellente chose. C'est beaucoup moins ennuyeux qu'une rétrospective froide et limite mathématiques d'une saison complète, en allant à l'essentiel, à savoir les hommes et les femmes de la F1. J'adore.

@+

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