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Cultivons la curiosité

Dangereusement Vôtre

Dangereusement Vôtre

Cinquante pour cent. Ou 50%, comme vous préférez. Quand "A view to a kill" ("Dangereusement Vôtre" chez nous) sort en 1985, Sir Roger Moore interprète pour la 7è fois l'agent 007, soit la moitié des versions EON Productions. Un record. Techniquement il égale Sir Sean Connery, mais son "Jamais Plus Jamais" n'est pas considéré comme "canonique", disons qu'il n'est pas produit par EON. Passons.

Surtout, le film que nous voyons aujourd'hui marque la fin de 12 années éreintantes pour l'acteur. Enfin bon, éreintantes, c'est moi qui affabule. En tout cas, il y aura un changement d'interprète après ce film, donc il faut en faire un grand baroud d'honneur pour Sir Roger Moore. Je vais arrêter avec les Sir, c'est pompeux. Et jusque là, j'ai pu constater que je n'aimais pas trop le James Bond de cet acteur. Trop cartoonesque, parfois même ridicule, je m'y suis souvent ennuyé et seul "Moonraker" a réussi à garder toute mon attention. Et un peu "L'Homme au pistolet d'or" grâce à Christopher Lee et Hervé Villechaize.

Avant de vous laisser devant les 2 premières minutes (froides) du film, précisons qu'il dure 2h05 et est la troisième des 5 réalisations consécutives de John Glen. Ce dernier reste accompagné par Michael G. Wilson au scénario. Celui-ci est écrit à 4 mains (imaginons qu'ils soient ambidextres), car Richard Maibaum fait à nouveau un retour à l'écriture (après ne pas avoir participé au précédent). Enfin, nous verrons que le cast est impressionnant, et que la chanson du générique est plutôt connue je pense.

Vidéo de Films YouTube

On débute en Sibérie, histoire d'avoir une scène pré-générique spectaculaire sur des skis. Et le moins que l'on puisse dire c'est que James aura fort à faire pour s'échapper des Russes. Il a récupéré une micro puce sur le cadavre de 003, et s'enfuit donc, à bord d'un engin flottant camouflé comme un Iceberg. Cette fin de scène est assez ridicule, avec le Union Jack Flag (vous savez, le drapeau de la Grande-Bretagne) au dos de la trappe.

Mais sinon, l'intro est impressionnante. Avec du ski, de la moto neige, et même du snowboard. Les chutes font mal, et on sent les cascades réelles. L'explosion de l'hélicoptère fonctionne même si on perçoit qu'il s'agit d'une maquette. D'ailleurs dans le making of du DVD (qui fête son retour), on nous expliquera que l'équipe avait 3 maquettes hors de prix. Les 2 premières n'ont pas fonctionné et furent perdues, et c'est avec la dernière que cette scène a pu être réalisée.

Le générique est bien fichu. Toujours sexiste, et très érotique, mais le jeu de lumière est bien fichu. Ce qui marque c'est l'orientation Pop des années 80. Voici donc "A view to a kill" des Duran Duran (juste avant leur séparation paraît-il). Et si le début ne dit pas grand chose, quand les paroles du refrain se lancent "Dance into the fire", on sait que l'on connaît la chanson.

Un titre qui verra son clip ultra eighties (des années 80 donc) présent sur le DVD. On frôle le ridicule, coupes de cheveux avec mulet, effets spéciaux à se tordre de rire, histoire ridicule mettant en scène le groupe sur la tour Eiffel, avec des images du film. Bref, un bijou des années 80, qui pique les yeux. Mais la chanson est bonne, je l'aime bien.

Donc, James (Roger Moore) va au bureau du MI6, il y séduit, comme toujours, Miss Moneypenny (Lois Maxwell), mais doit rapidement prendre sa mission auprès de M (Robert Brown), du ministre de la Défense (Geoffrey Keen) et aussi avec la présence toujours hilarante de Q (Desmond Llewelyn). Les Russes cherchent à mettre la main sur une puce difficile à prendre en défaut. Que même une explosion nucléaire n'atteindrait pas. Ou plutôt une sorte d'EMP, bombe électromagnétique qui annihile tout élément possédant d'électronique.

C'est inquiétant, et c'est un connard d'industriel Français qui fabrique ces puces indestructibles, et qui pourrait vendre au plus offrant cette technologie en sous marin. L'industriel Français n'est pas vraiment Français. Je ne sais même plus sa nationalité, mais il est polyglotte, possède un passeport français, et réside même en France. Je crois que l'on apprend ici (ou plus tard), qu'il fit partie du KGB. Bref, Zorin (Christopher Walken) est certainement un connard qui veut se faire du pognon quitte à plonger le monde dans le chaos. Rien d'inhabituel pour un méchant des films James Bond.

J'ai oublié de le dire, mais le scénario est inspiré de la nouvelle signée par le créateur du personnage, à savoir "Bons baisers de Paris" de Ian Fleming qui date de 1960. Voilà pourquoi après avoir assisté à une course de canassons, il est décidé d'enquêter sur ce Zorin. D'ailleurs, fait surprenant, sur mon DVD j'ai un panneau qui avertit en lançant le film que Zorin est totalement imaginaire, et qu'il ne s'inspire d'aucune personne connue. On nomme cela un Disclaimer, un panneau avertissant d'une chose importante à savoir. C'était marrant à lire.

Passons. Car voici James à Paris. Aaaaah, Paris. Le magnifique Paris des années 80. La tour Eiffel oui plutôt. Et alors qu'il prend des informations auprès d'un détective local, Achille Aubergine (interprété par Jean Rougerie, le nom du personnage n'est absolument pas une blague), celui-ci se fait assassiner. Certainement par May Day (l'incroyablement magnifique et charismatique Grace Jones), la femme de main de Zorin. S'engage une poursuite vertigineuse sur la tour Eiffel. Avec un saut en parachute de la part de l'assassine. Qui continue sur une course poursuite spectaculaire dans les rues de Paris.

James emprunte un magnifique Renault 11 bleue d'un aimable Parisien. Non, ce dernier râle et insulte même 007, qui lui vole sa rutilante monture. On connaît cette scène spectaculaire orchestrée par le talentueux Rémy Julienne. La R11 saute sur le toit d'un Bus, se fait décapiter, avant de ne finir qu'avec la partie avant sur 2 roues. Magnifique. Entre la scène de la tour Eiffel qui m'a donné le vertige, puis cette phase là, pourtant archi connue, je me suis dit que le film allait être excellent.

Surtout que le pré-générique était très bon et action. Mais c'était sans compter sur le côté infiltration de tout film estampillé James Bond. Et là, on va se faire chier. On passera sur le côté comique de voir Sir Godfrey Tibbett (Patrick Macnee), un riche propriétaire d'écuries Britannique, devenir le valet de James Jon St Smythe. Et on verra toute la putasserie de la haute aristocratie Française. Quand James demande à je ne sais plus qui si ce bâtiment basique est l'écurie, on lui répond que non, ce sont les domestiques qui y résident, les chevaux se trouvant dans une espèce de château à l'architecture magnifique.

C'est marrant, je pourrai parler longtemps de ce passage, qui est pourtant le plus chiant. On assiste à une fête mondaine. Un canasson doit être vendu, et les connards de riches se réunissent chez Zorin pour donc y participer. James repère Stacey Sutton (Tanya Roberts), qui prend un chèque de Zorin. Ceci trouvera son explication plus tard. James continue les remarques misogynes "elle mérite d'être explorée", et donc, bon, comment dire, il trouve avec Tibbett, comment Zorin triche et fait gagner ses chevaux. En injectant un produit en cours de course, grâce à la drogue d'un docteur dont j'ai paumé le nom.

Le méchant de l'histoire a un bras droit, plus malin que fort, en la personne de Scarpine, interprété par Patrick Bachau (le Sydney de la série "Le Caméléon"). Et au final, bah je ne retiens pas grand chose de ce personnage. Malin, certes mais qui périra dans l'explosion finale. Il y a aussi un mini apparition de Dolph Lundgren, mais vraiment mini, quand le général Russe Gogol (Walter Gotell) rend une visite amicale à Zorin pour lui rappeler son passif avec le KGB. On verra aussi la force de May Day ici, qui soulèvera un des gardes du corps, et était en couple avec Dolph (Grace Jones hein, pas May Day). C'est d'ailleurs ainsi que ce dernier ce petit rôle, lançant sa carrière cinématographique.

Niveau personnage, j'ai oublié de parler de Jenny Flex (Alison Doody), amie de May Day, et qui permettra à James de sortir une réplique dégueulasse "Je suis Jenny Flex", "Mmmh, je n'en doute pas". Mais encore, je parle des répliques misogynes, et m'en plaint quelque peu, mais ici, il n'y en a pas énormément. Seulement c'est chiant, les années 60-70 sont passées, la femme se libère, mais James reste un putain de pervers. Mais revenons à l'histoire. 007 se fait repérer, Tibbett va mourir, on nous sort une scène d'action à cheval pas terrible.

C'est là que la Rolls-Royce sera jetée dans un étang par les méchants, avec James assommé à l'intérieur. Pas de traces. Sauf que c'était sans compter sur les pneus Michelin de l'auto, qui permettent à James de respirer sous l'eau. Je pense que Michelin a mis quelques sous pour apparaître bien comme il faut ici. Car on verra un truc publicitaire plus tard. Ah, et avant cela on a pu constater que Jenny Flex pilotait une Renault Fuego rouge feu. Une Renault Fuego. Le véhicule diesel le plus rapide de l'époque. Fleuron de la régie Renault, qui fera un bide. C'est marrant de voir des véhicules connus, enfin, plus ou moins connus, dans un film de ce calibre.

Euh, étape suivante, la Californie. Le plan de Zorin est parfait. Pour être leader, le meilleur, le seul, sur le marché de l'électronique, il faut couler la Silicon Valley. James continue son enquête, on constate que Zorin est un psychopathe issu d'expériences d'un ancien docteur nazi. Et on va constater que Sutton est une propriétaire de je ne sais plus quoi, de puits de pétrole, en fait, j'ai zappé cette partie de mon cerveau. Stacey est gentille, elle va aider James. Voilà.

Sauf que la Mairie de San Francisco va brûler, et un remake de "La Tour infernale" se rejoue. Enfin un peu d'action, et c'est bien foutu je trouve. Il y a un peu de stress, et ça se termine par une course poursuite humiliant la police locale avec un camion de pompier. Mieux, la grande échelle. Genre tu ne pouvais pas voler un truc plus discret James ? C'est ici que j'ai constaté que parmi tous les films James Bond vus jusque là, c'est celui-ci dont j'ai le plus de souvenirs gravés en moi. Il a dû être diffusé et rediffusé à la télé je pense.

Quand je disais ne pas aimer les James Bond avant de débuter par le tout premier il y a un peu plus d'un an, je pensais à celui-ci (et je pense peut-être aussi aux deux prochains). Le paradoxe est qu'en vérité, j'ai beaucoup aimé ce "Dangereusement Vôtre". Grâce à la dernière demi-heure (grosso-modo), complètement barge. Riche en action. On découvre le plan de Zorin, de noyer, au sens propre, la Silicon Valley, en provoquant un immense séisme tout autour de ce lieu emblématique de la technologie. Des tonnes d'explosifs qu'il va falloir désamorcer.

Et tout ceci à deux. Il n'y a que Stacey et James pour voir ce qu'il se trame dans cette mine soit disant désaffectée. L'occasion pour la jeune femme de rester en talon haut alors qu'elle a enfilé un bleu de travail. L'occasion aussi pour James de faire encore une remarque sexiste "Ah, les femmes". Ici, Zorin n'hésitera pas à sacrifier tous les employé.e.s, en coulant tout ça. Ce qui aidera bien James, vu que May Day va maintenant aider l'agent Britannique devant la trahison de son amour.

C'est en ça que j'aime énormément ce personnage de May Day. Il me rappelle Jaws. L'actrice est charismatique, elle capte l'attention et en plus n'est pas manichéenne. Son sacrifice m'a fait de la peine, mais elle part en sachant qu'elle a bien niqué Zorin. On voit d'ailleurs toute la différence entre la frêle et émotive Stacey, et la badass May Day dans cette scène. Alors que le personnage de Grace Jones se sacrifie dans un cri de joie, Stacey et toute émue de retrouver James. Au point qu'elle n'entendra pas (putain sans rire) le dirigeable de Zorin qui fond sur elle pour mieux l'enlever.

Sans rire, on dirait Donkey Kong qui chope Pauline pour offrir le beau rôle à Mario. Enfin bon, final sur le Golden Gate Bridge, tout aussi impressionnant et effrayant que la scène de la tour Eiffel. Purée, on s'accroche à ce que l'on peu. Et le making of permet de mieux comprendre comment cette scène a été faite, c'est passionnant avec une création en immense maquette du pont en Angleterre. Enfin bon, tout se finit bien, et alors que James doit être le premier non Russe à recevoir l'Ordre de Lénine, il est introuvable. Heureusement Q arrive à lancer son petit robot dans la maison de Stacey, et il constate que James est bien vivant, sous la douche avec Stacey. Passons là aussi.

Comme je l'ai dit un peu plus haut, j'ai aimé. Étonnamment aimé. Croyez-moi que j'en suis le premier surpris. Roger Moore a du mal, mais les cascadeurs se démènent. Le sexisme n'a plus lieu d'être en cette cette période mais reste tout de même présent. Cependant, en même temps on a May Day, la parfaite May Day. Les scènes d'action sont spectaculaires et nombreuses. Elles marquent. Seulement il y a ce passage enquête/infiltration qui plombe le film au milieu. La réalisation n'est pas immense, mais elle reste lisible. C'est donc un film à voir je pense. Moins comique que les précédents, mais gardant un peu les répliques débiles malgré tout. Celles-ci sont moins nombreuses, mais toujours là.

Je ne dirai pas qu'il est plus sombre, juste qu'après le clownesque "Octopussy", on est moins dans le comique. Le film s'offre un cast 5 étoiles. Patrick Bachau, Patrick Macnee, Christopher Walken, David Yip, Tanya Roberts et surtout Grace Jones. Sans oublier les classiques Roger Moore, Lois Maxwell, Desmond Llewelyn et Robert Brown. Je reconnais pourtant une sous exploitation de l'excellent Christopher Walken. On le sent charismatique, mais pas aussi effrayant, pas aussi psychopathe que ce que l'on veut nous faire croire.

En relisant la fiche wikipédia du film, je me remémore le passage introductif dans la neige où une chanson des Beach Boys est lancée, sans que l'on comprenne pourquoi. Passage ridicule, alors que la scène est spectaculaire. Mais bon, qu'ajouter de plus ? On retrouve les bonus sur le DVD, un making of de 37 minutes, un documentaire sur les compositeurs des James Bond de 20 minutes, en sachant que tout ceci date de 1999 il me semble, donc ne couvre pas l'intégralité des films avec Pierce Brosnan. On a le clip des Duran Duran, et des petites vidéos promotionnelles marrantes, car elles révèlent l'explosion finale. Sinon, bah ça va. Très typé années 80, le film est bon pour ses scènes d'action, nombreuses et impressionnantes. Grace Jones est immense ici, et on passe un bon moment pour peu que l'on reste éveillé lors du passage avec les chevaux. À voir je pense. Mon Roger Moore préféré juste devant "Moonraker".

@+

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