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Cultivons la curiosité

Akira

Akira

Ah, enfin, nous allons parler du film qui a quelque peu révolutionné l’impact de l’animation Japonaise à travers le monde. En effet, en 1988 (année de sa sortie cinéma), il y a déjà MIYAZAKI Hideo avec ses superbes fables, mais en occident, c’est à peu près tout. Difficile à croire à l’heure où le Japon et sa culture tiennent une place particulière en France. Faisant du marché hexagonal du manga, le deuxième mondial. D’ailleurs, concernant le réalisateur phare des studios Ghibli, un film d’animation Japonais sera souvent comparer à MIYAZAKI.

 

Pire, les cinémas seront frileux de proposer autre chose en terme d’animation Nippone. Difficile à croire c’est vrai. Un peu comme si un cinéma refusait tous les films Étasuniens autres que ceux distribués par Disney (le studio Ghibli arrivera plus facilement à distribuer ses films). Enfin bon, autres temps, autres mœurs.

 

Il m’est difficile d’imaginer l’impact, la violence, la difficulté à appréhender, qu’ont pu avoir les spectatrices et spectateurs en 1991 (pour la sortie Française). Le manga, pourtant antérieur au film au Japon, n’est pas connu du tout. Le Cyberpunk est connu pour « Blade Runner », mais le film de Ridley Scott sorti 9 ans plus tôt n’a pas été compris pas toutes et tous.

 

C’est en ne connaissant pas du tout le manga de ÔTOMO Katsuhiro que j’avais décidé de voir une première fois le film. Certainement au moment où je découvrais l’animation Japonaise, soit au début des années 2000. Je n’avais rien compris du tout. Mais rien. Pire, je l’avais trouvé ennuyeux. Alors bon, il était écrit que je verrais ce film 1 fois par décennies, et c’est il y a une petite dizaine d’années que je revoyais « Akira ». Toujours sans avoir lu le manga, et donc toujours en n’y comprenant rien. Cependant, j’ai trouvé que les scènes étaient spectaculaires, et j’arrivais mieux à m’attacher aux personnages.

 

Du coup, le troisième visionnage allait-il être le bon ? Oui. Car j’ai triché. Triché en lisant enfin les 6 tomes du manga éponyme. J’avais toujours rechigné à les prendre car je ne pigeais rien au film. Pire, je ne comprenais pas son aura de film culte, tout ça parce que le mec en rouge (oui, je n’avais pas retenu le prénom de Kaneda) a une belle moto. Mais comme presque 20 années d’intérêt à l’animation Japonaise permettent de se forger une bonne culture, j’ai décidé de faire récemment le manga. Avec pour but de revoir le film et d’essayer de le comprendre.

 

Ceci grâce à une émission en Podcast « Le Cosy Corner », dans laquelle Moguri conta tout son amour pour l’œuvre de ÔTOMO. Le manga est exceptionnel, et, bizarrement, ne me rappelait pas du tout le film. C’est dire à quel point j’avais effacé de ma mémoire toute trace de cette version animée. « Akira » sort donc en 1988, alors que ÔTOMO Katsuhiro n’a pas encore fini son manga. Il prend pourtant les rênes de ce projet. Assisté par HASHIMOTO Izô au scénario, il se chargera pourtant seul de la réalisation.

 

Et c’est donc parti pour 2 heures de film. Notons qu’il existe deux versions françaises, une de 1991 et l’autre de 2011 (pour la sortie BluRay de chez Dybex). Ces deux versions et la VOSTFr sont disponibles sur le DVD en ma possession. C’est en VOSTFr que j’ai vu ce film.

 

Vidéo de EUROZOOM

Nous sommes en 1988 (et non plus 1982 comme pour le manga), une gigantesque explosion ravage Tôkyô. 31 années plus tard (2019, comme le manga), la crise économique fait rage au Japon, dont la capitale, Néo-Tôkyô, doit accueillir les Jeux Olympiques l’année suivante. Les jeunes occupent leur temps libre à travers défense de leur territoire et prise de drogue en tout genre.

 

Le film débute par une scène d’action, de course poursuite même, entre la bande de Kaneda et les Clowns, menés par le Joker. La scène est impressionnante et violente. Mais ce n’est rien à côté de ce que les forces de l’ordre font subir à un homme en fuite avec un petit garçon qui semble très âgé.

 

Après que l’homme soit abattu, le garçon erre et se retrouve sur l’autoroute. Il va se faire percuter par Tetsuo, membre un peu impulsif de la bande de Kaneda, ce qui va faire que l’armée embarque le jeune homme. Ce, en récupérant le précieux numéro 26 (le petit garçon âgé). Il se trouve que Tetsuo pourrait avoir un talent caché. Que l’armée va essayer de pousser avec le Docteur Onishi (si je ne dis pas de bêtise).

 

Dès lors, le nom d’un projet secret de l’armée, « Akira », apparaîtra, et nous constaterons que Ryû et Kei, des révolutionnaires voulant renverser le pouvoir en place, recherchent cette arme qui a déjà détruit Tôkyô en 1991.

 

Le plus surprenant en voyant le film, c’est que l’on voit des scènes clé du manga, mais différemment. Ainsi, Dame Miyako est inutile, Chiyoko n’existe même pas, et que dire de Akira lui-même. C’est ce qui explique pourquoi le film est très très très très (oui, plein de très) complexe à comprendre. Tout devient clair quand on connaît le manga. Alors que l’histoire n’est pas tout à fait similaire.

 

Disons que le coût des pouvoirs psychiques, avec les enfants Kiyoko, Masaru et Takashi (le numéro 26 vu plus tôt), est plus facile à comprendre. Quand ils se « transforment » en monstres aussi. La scène est terrifiante soit dit au passage. Mais c’est surtout la fin qui est plus facile à comprendre. Quand Kaneda se déplace dans les souvenirs de Tetsuo.

 

En gros, le scénario suit la même ligne, mais plus directe et en élaguant méchamment des passages pourtant excellents du manga. Oui, les tomes 5 et 6 sont sortis après le film, mais la scène finale (le tome 6 quoi) aurait été sacrément grisante à être animée. Les modifications pour faire tenir un peu moins de 4 tomes et offrir une fin pas encore écrite, tout ça en 2 heures, sont excellentes. On perd certes le passage réellement post-apocalyptique du manga, mais il aurait fallu 2 films, voire 3, pour tout raconter.

 

L’animation est, aujourd’hui encore, bluffante. Je vous conseille de prendre le BluRay, le DVD est joli, mais je pense que le film mérite un meilleur support. L’image des feux qui forment une ligne, au début, waaaah, impressionnant. La destruction massive qui intervient à la fin aussi. J’ai adoré les passages avec Tetsuo et les autres enfants. Quand ces derniers se transforment. J’y ai vu du KON Satoshi avec ces peluches inquiétantes, notamment Maromi de la série d’animation « Paranoia Agent ». Une fois de plus, ce passage est effrayant.

 

Le final aussi fonctionne parfaitement. Bien qu’il laisse un peu sur la faim, et qu’il oublie le côté « héritage » de Akira que le manga mettra en images en 1990. Par contre, un point déçoit un petit peu, Kei est importante, mais effacée par rapport à Kaneda.

 

« Akira » est effectivement une œuvre majeure de l’animation. Tout court. Offrant un discours mature, violent même, ce film fait partie de la vague d’animation Japonaise qui s’apprête à envahir le monde (autre que les jolis contes des studios Ghibli). Son seul gros problème tient de sa complexité. Oui, il diffère quelque peu du manga originel, mais mieux vaut avoir lu celui-ci afin de mieux saisir certaines choses. C’est bien là son défaut. Il est difficile d’accès. Mais fascinant tout de même. « Ghost in the Shell » de OSHII Mamoru enfoncera le clou quelques années plus tard. Toujours dans cette esthétique Cyberpunk Asiatique impressionnante.

 

La troisième fut la bonne. J’ai enfin pu apprécier et comprendre « Akira ». J’ai enfin pu saisir en quoi ce film est important. En quoi il faut l’avoir vu. Cependant, pas dans n’importe quelle condition. Et surtout, pas sans avoir lu le manga. Quitte à s’arrêter au tome 4. Je pense qu’il vaut mieux faire le manga en entier, on comprend un peu mieux la fin du film. Peut-être aurait-il fallu le scinder en 2 ? Mais déjà, avec un film, le projet était ambitieux. Et si j’ai pu être un peu surpris par l’absence de faits et personnages marquants du manga (Dame Miyako, Chiyoko, l’armée étrangère, le passage post-apocalyptique avec le « Nouvel Empire de Tôkyô »), j’ai enfin apprécié le film comme il se doit. Une œuvre majeure, spectaculaire et marquante. J’ai adoré.

 

@+

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