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Cultivons la curiosité

À la poursuite d'Octobre Rouge

À la poursuite d'Octobre Rouge

En ce jour de commémoration de la fin de la 1ère guerre mondiale, quoi de mieux que l'énumération cinématographique d'une autre conflit majeur du XXè siècle. Il s'agit bien de la guerre dites "froide" qui opposa le bloc Soviétique au bloc Étasunien. De plus, histoire de faire d'une pierre deux coups et alors que son ultime présence dans la saga James Bond (sous EON Productions) arrive sous peu sur Ashou, nous allons en profiter pour rendre un modeste hommage à Sir Sean Connery, disparu il y a peu.

Afin de parfaire tout ceci, quoi de mieux qu'un film réalisé par John McTiernan. Ceci pour être certain d'avoir un divertissement de qualité. Célébrant ses 30 ans en 2020 (il date donc de 1990), "À la poursuite d'Octobre Rouge" va nous plonger dans le monde silencieux des sous-marins. Je crois bien que je n'avais jamais vu ce film avant. Pourtant, j'aime bien cette tension, mais mon aspect claustrophobe ne m'a fait voir que le très bon "U.S.S. Alabama". Mais regardons la bande annonce en version française de ce film, tandis que je l'ai vu en version originale sous titrée en français, dont le nom est "The hunt for Red October".

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Le film débute par une mise en condition. En sachant qu'il sort en pleine perestroïka, soit une détente et une ouverture de l'Union Soviétique sur le monde grâce à Mikhaïl Gorbatchev, il fallait mettre ce petit bandeau avertissant spectateur et spectatrice que l'histoire se déroule en 1984. Soit 1 an avant l'arrivée de Gorbatchev comme secrétaire du parti communiste de l'Union Soviétique, et donc en pleine tension de la guerre froide. Nous sommes en 1984 donc, l'U.R.S.S. s'apprête à tester un monstrueux sous-marin, qui pourrait lui donner un avantage certain sur son rival Étasunien.

Marko Ramius (Sean Connery) se voit confier comme mission d'effectuer un exercice grandeur nature, face à un de ses ancien élève. Octobre Rouge est nommé ainsi en hommage à la révolution Bolchévique de 1917, qui permit à la Russie, renommée U.R.S.S., de retrouver sa gloire après la fin de la première guerre mondiale (dont nous commémorons l'armistice aujourd'hui même je vous rappelle).

Seulement, le commandant possède une autre volonté. Usé par ces années de conflit et la perte de sa femme, il va détourner l'Octobre Rouge de son test, en allant jusqu'à tuer un officier à la solde du gouvernement. Quelles sont les intentions de Ramius ? Détruire les États-Unis d'Amérique dans une mission suicide, ou au contraire rallier le nouveau monde pour s'assurer une fin de vie paisible, en livrant à l'ennemi le fleuron de sa nation.

Bon, nous l'apprendrons plus tard, mais Ramius n'est pas Russe, j'ai perdu son pays de naissance (l'Estonie il me semble), mais c'est une des nations engloutie par l'ogre U.R.S.S. En parallèle, un écrivain lié avec la C.I.A. (les services secrets Étasuniens), enfin, écrivain, analyste domicilié à Londres, en Grande-Bretagne, découvre les photos de l'Octobre Rouge, ce qui le pousse à rejoindre rapidement les U.S.A. Jack Ryan (Alec Baldwin dans son premier grand rôle) va tout faire pour prouver aux huiles Étasuniennes que Ramius vient pour passer à l'Ouest. Une théorie qui plaît à l'État major, mais qui est effrayante car le sous-marin Russe possède un mode de déplacement révolutionnaire.

Grâce au mode de propulsion dit "La Chenille", il peut disparaître, purement et simplement, des sonars et autres radars. C'est ce qui arrive à l'U.S.S. Dallas, commandé par Bart Mancuso (Scott Glenn), et ce malgré l'exceptionnel Ronald Jones (Courntey B. Vance) et son excellente oreille. Et donc, nous allons suivre cette traque, qui verra l'U.R.S.S. frôler le déclenchement de la troisième guerre mondiale, car ils lancent toute leur flotte à la poursuite d'Octobre Rouge, ce qui peut être interprété comme une manœuvre d'attaque contre l'Ouest.

Nous verrons ainsi toute la diplomatie dont doit faire preuve l'ambassadeur Soviétique Lysenko (Joss Ackland) auprès du conseiller du président des U.S.A. On aura d'ailleurs droit à un passage hilarant sur la fin du film, quand il avouera qu'un autre sous-marin a disparu, comme si il accusait les États-Unis d'Amérique de l'avoir coulé. La réaction de Pelt (Richard Jordan) est hilarante "Quoi ? Vous êtes en train de me dire que vous avez perdu un autre sous-marin ?". Je vous laisse découvrir en quoi cette scène est comique.

On trouve donc un film au cast solide, car il faut ajouter Sam Neill, James Earl Jones, Peter Firth et aussi Tim Curry à ceux que nous avons déjà vu. D'ailleurs, vous l'avez peut-être constaté, mais il n'y a pas de femmes. Si je ne dis pas de bêtises, je crois que nous n'en voyons même aucune. Peut-être la femme et la fille de Jack Ryan au début, puis ce sera tout. Mais le plus intéressant reste l'histoire.

En 1984, Tom Clancy est encore inconnu. Il sort pourtant son premier roman dont le film que nous voyons aujourd'hui est l'adaptation. Il sera un succès, et marquera le début de sa saga "Jack Ryan". Connu pour son sens incroyable de la précision, aussi bien des stratégies militaires que de sa façon de poser des tensions, Tom Clancy inspirera grand nombre de média, dont le cinéma, mais aussi le jeu vidéo. "Splinter Cell" se nommant en fait "Tom Clancy's Splinter Cell" et il en va de même pour les "Tom Clancy's Rainbow Six".

Dans le petit reportage de 30 minutes sur le film qui est fourni dans le DVD, nous constatons qu'en 1989 (période de la préproduction du film), l'auteur est très largement lu, notamment dans les classes affaires des avions. Mace Neufeld, le producteur du film, achètera très tôt les droits du livre pour en faire un film. Le reportage est d'ailleurs très intéressant, même si il reste promotionnel, tout le monde aime tout le monde et est impressionné par tout le monde. Quoique le travail de Scott Glenn est inspiré du commandant de sous-marin qui a aidé l'équipe du film à comprendre le fonctionnement d'un équipage.

Donc, l'histoire est bien ficelée, et semble très bien adaptée par les scénaristes Larry Fergusson et Donald E. Stewart. On arrive à la suivre sans trop de soucis, tout est clair. Ceci grâce aussi à la très bonne réalisation de John McTiernan. On ressent l'ambiance particulière des sous-marins, mais aussi la tension de cette guerre froide. Il est vrai que la dose d'humour qui intervient à la fin, lors de l'échange que je vous ai décrit avec le conseiller du président et l'ambassadeur Soviétique, bah elle détonne un peu, mais sinon, le reste est sérieux et prenant.

Les phases d'action sont, comment dire, pas marquantes. Oui, les maquettes de sous-marins font le boulot, mais on a du mal à apprécier la distance entre les vaisseaux. De plus, lors du final, la fusillade est bof. Enfin, fusillade, l'affrontement on va dire. C'est bof. Par contre, en terme de scène tendue et spectaculaire, on en voit une juste avant, avec un face à face qui fait son effet. Mais vous comprendrez en voyant la scène. Autre point, niveau humour, quand les marins Soviétiques débarqués s'enjaillent de façon un petit peu trop exubérante, surtout quand on connaît la vérité.

Au final, le film est long, 2h10, mais arrive à capter l'attention. Il ne faut pas s'attendre à de l'action pure jus, surtout que celle-ci est un peu décevante quand elle arrive. Par contre, le jeu des acteurs, l'histoire (même si les intentions de Ramius auraient gagné à être plus ambiguës) et la réalisation sont très bons. On y voit les prémices de "The Rock" (le film de Michael Bay, pas le sublime catcheur) avec Alec Baldwin qui sera remplacé par Nicolas Cage. J'y ai aussi vu du "U.S.S. Alabama" de Tony Scott, même si ce dernier me paraît plus asphyxiant et tendu. Ultime point, la musique, dont ce chant Russe, va vous marquer, elle est signée Basil Poledouris. Un film à voir je pense, j'ai beaucoup aimé.

@+

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