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Cultivons la curiosité

6 Underground

6 Underground

Nous y voici, nous y voilà, nous allons parler du film qui m'a fait prendre Netflix. Certes, Michael Bay avait offert une pitoyable fin à la saga Transformers avec son "Transformers : The Last Knight", vu au cinéma ici. Mais de là à esquiver les salles de cinéma, c'était un peu triste. Car dites-vous que c'est juste avant les difficultés causées par le Covid que le film du jour sort sur Netflix. Fin 2019 pour être précis. De plus, Michael Bay avait l'habitude d'offrir un film plus intimiste (mais paradoxalement toujours spectaculaire) entre 2 Transformers. Ainsi, on pouvait attendre un film malin, avec une belle dose d'action.

14è réalisation du metteur en scène, "6 Underground" est donc calibré comme étant un divertissement spectaculaire télévisuel. Et c'est cette position qui sera la plus surprenante. Si il produit, il mettra en scène un scénario de Rhett Reese et Paul Wernick, et nous verrons qu'entre le montage et le scénario, il y aura à redire. De là à dire que le film ne méritait pas une sortie cinéma ? Nous verrons ceci après la bande annonce en version originale sous titrée en anglais, alors que j'ai vu le film dans les mêmes conditions mais avec les sous titres en français.

Vidéo de Netflix

Tout débute avec One, qui nous parle de sa condition de fantôme (ghost en version originale). On devine qu'il était orphelin, et on entre rapidement dans l'action, devant ce qui semble être un simulacre de son décès. Nous voici à Florence. Une Alfa Roméo Giulia verte pomme est poursuivie par de nombreuses automobiles sombres. L'occasion de découvrir One (Ryan Reynolds), le milliardaire, Two (Mélanie Laurent), l'agent de la CIA, Five (Adria Arjona) la docteure et Six (Dave Franco) le pilote. Two a pris une balle et se fait opérer sur la banquette arrière de l'Alfa par Five.

Tandis que l'auto virevolte dans les petites rues de Florence, on fait la connaissance de Three (Manuel Garcia-Rulfo), le tueur à gages, alors que juste avant nous avions vu Four (Ben Hardy) l'équilibriste adepte du parkour. Cette scène d'action introductive est prenante, et comme dans tout bon film de Michael Bay, les voitures sautent, dérapent et explosent facilement. Tout ce tintouin pour voler l'œil de l'avocat d'un des plus grand dictateur de ce monde, Rovach Alimov (Lior Raz), chef du Kirgistan, ou Kurgistan, un pays imaginaire d'Asie centrale on suppose.

Cet œil va permettre de lancer l'enquête de l'équipe, afin de localiser Murat Alimov (Peyman Maadi), frère de Rovach plus prompt à offrir une démocratie à son pays. On obtiendra quelques réponses sur les intentions de One, qui décide de se servir de son argent pour faire tomber Rovach.

Il faudra pour cela une autre personne dans l'équipe, Seven (Corey Hawkins), que l'on connaît sous le nom de Blaine dès le début, car nous assistons à son recrutement en quelques sorte. Ex-soldat revenu de l'enfer d'Afghanistan, il est un tireur d'élite qui sera bien utile à l'équipe.

Une équipe faite de Ghosts donc, des personnes ayant totalement disparues de la société. Qui décident d'agir en place et lieu des gouvernements. Et comme il faut bien commencer quelque part, ce sera la chute de Rovach qui servira de première grosse mission à l'équipe. Car oui, la mission de Florence était leur première mission ensemble. Ce qui surprend Seven quand on le recrute juste après. D'ailleurs, malgré les qualités de chacune et chacun, on sent qu'il y a un peu de boulot à accomplir encore.

Dans la première scène, on retrouve tout ce que sait faire Michael Bay. On a même droit à des prémices de "Ambulance" avec une opération bien sanglante dans un véhicule roulant à toute allure. Le réalisateur aime s'autociter, on le sait, en reprenant des plans iconiques dans ses films. Mais ici, le scénario offre aussi d'autres citations plus ou moins efficaces. D'ailleurs, le scénario a un défaut je trouve. Il n'approfondit pas assez les personnages, et balance les flahsbacks n'importe quand dans le film, résultat, ce n'est pas clair du tout.

Pire, la mission à Las Vegas est absolument bordélique. Surtout quand deux personnages restent dans la suite où ils viennent de commettre un carnage pour s'offrir du bon temps...à moins que ce ne soit ailleurs ? Ici, j'avoue, c'est peut-être le montage qui est trop abrupt, je ne sais pas. Mais les scènes s'enchainent, les minis missions aussi, et il n'y a pas moyen de s'attacher aux personnages. Seul Four semble être attachant, les autres, bah on ne sait pas...même One ne nous donne pas envie de ressentir de l'empathie pour lui. Et ce sera pire avec la fin, absolument risible à souhait.

En fait, on sent que le film sert à lancer une franchise pour Netflix, mais est beaucoup trop coupé pour arriver à rendre le tout sympathique et cohérent. Ryan Reynolds fait du Ryan Reynolds, ce rôle de beau gosse classe qui fait de l'humour, alors que son personnage ne s'y prête pas du tout. Certes, certaines vannes fonctionnent, et ses remarques en pleine action viennent détendre un peu l'atmosphère, mais on ne croit jamais au personnage malheureusement.

Reste un enchaînement de scènes d'action brouillonnes mais jouissives, mises en boîte par un réalisateur qui aime faire tout péter. Les effets sont spectaculaires, et provoquent de belles sensations. Par contre, les scènes fouillant un peu plus les personnages sont totalement insipides. Je n'arrive pas à savoir si c'est de la faute au réalisateur, aux scénaristes ou a Netflix qui a peut-être demandé des coupes ? Le films dure tout de même 128 minutes, et malgré le fait qu'il n'approfondit pas tous les personnages, il arrive à nous ennuyer entre deux missions.

Mélange improbable de "L'Agence tous risques" avec Mission : Impossible, mis en scène par un mec qui aime tout faire péter, "6 Underground" est un divertissement qui est spectaculaire dans sa phase action, et aurait mérité un meilleur traitement de ses personnages. Michael Bay n'était pas le meilleur réalisateur pour lancer cette licence. Ou alors les scénaristes ont-ils foiré l'écriture des personnages ? Je ne sais pas. En tout cas, on bondit de scènes d'action en scènes d'action qui sont très divertissantes, avec, entre elles, des passages chiants. Je suis mitigé à la sortie de la vision de ce film. Qui est bancal.

Clairement, le voir au cinéma en aurait mis plein les yeux, mais aurait poussé à roupiller entre les scènes d'action. C'est pourquoi il valait mieux qu'il sorte sur Netflix. C'est en fait typique de certaines productions Netflix. Avec pourtant un budget impressionnant (qui se voit à l'écran), le film ne convainc guère. J'ignore si une suite est prévue en sachant que Netflix voulait lancer une saga de film d'action avec Ryan Reynolds et que le géant étasunien semble avoir trouvé la formule avec "Red Notice". Qu'il me faudra voir un moment ou un autre. En attendant, pas le meilleur film de Bay, mais pas le pire. J'ai aimé uniquement pour le spectacle proposé, le reste étant moyen.

@+

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