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Cultivons la curiosité

Given – Tome 01

Given – Tome 01

« Nana » croisé avec « Beck », c’est sur ces mots de Caroline Segarra que j’ai su la qualité offerte par « Given ». Quand l’animatrice du BL Café résumait de façon quelque peu abrupte le pitch de ce manga signé KIZU Natsuki, j’étais justement en train de me dire que la description (nettement plus complète) de sa consœur Tanja correspondait à un des mes mangas préféré, à savoir « Beck » de SAKUISHI Harold.

 

Du coup, j’ai décidé de voir ce qu’il en retournait, peu importe que ce soit sur fond d’amour homosexuel entre garçons (le principe même du Boy’s Love). Et me voilà en train de lire ce premier tome, et donc de revenir à nouveau, comme dans « Beck », au lycée.

 

Le manga est édité chez Taïfu Comics, par sa branche Yaoi Taïfu. Je sais que les animatrices du BL Café (Caroline, Tanja et Sironimo) ont déjà expliqué précisément que le Yaoi est en fait l’ancêtre du Boy’s Love, c’est la même chose, je pense qu’en France on en garde un cliché comme quoi le Yaoi est le penchant féminin et homosexuel du Hentai. Ce qui est complètement con.

 

Bon, personnellement je n’y comprends rien, et je m’en moque, du moment que l’histoire est bien contée est qu’on ne voit pas de scènes trop explicites, ça me va. Surtout que contrairement à « BL Métamorphose », « Given » est un vrai Boy’s Love, avec des personnages principaux masculins.

 

Ritsuka Uenoyama est un lycéen de 16 ans quelque peu blasé. Il est doué en basket-ball, en musique, a de plus un certain succès auprès de ses camarades féminins, mais voilà, il travers ses années lycéennes, sans trop s’investir. C’est alors qu’il s’apprête à sécher les cours en allant faire une sieste dans son coin secret que Ritsuka rencontrera un garçon de la classe à côté de la sienne.

 

Bizarrement, ce lycéen a une guitare en assez mauvais état dans ses bras, et il semble sortir d’une sieste lui aussi. Les deux jeunes hommes ne sont pas très loquaces, la timidité peut-être ? En tout cas, nous savons que ce qui retient Ritsuka de parler est juste le fait qu’il ne se rappelle pas du nom de son camarade. Il est d’ailleurs surpris du côté taciturne de celui-ci. Et quand Ritsuka lui proposera de changer les cordes rouillées de sa guitare, naîtra alors auprès du garçon taciturne, une fascination auprès de Ritsuka.

 

Notre héros va souvent croiser ce camarade, qui insiste pour que Ritsuka lui donne des cours de guitare. Ce que ce dernier refuse en bloc. De façon surprenante, Ritsuka va se remémorer son passé, comment il a appris à jouer de la guitare, de façon autodidacte, et il ne se sent pas prêt à enseigner cet instrument, ne se sentant pas assez pédagogue pour cela.

 

Malgré le fait que Ritsuka ait orienté Mafuyu Satô (le garçon taciturne) vers le club de musique, ce dernier insiste pour que le premier lui enseigne la guitare. Il faut dire que la démonstration effectuée par notre héros et son groupe, composé du bassiste Haruki Nakayama et du batteur Akihiko Kaji, a marqué le jeune homme.

 

Mais le vrai moment pivot intervient rapidement. Ritsuka demande à Mafuyu quel genre de chanson il aime. Dès lors, ce dernier va se mettre à chanter, ce qui fait penser clairement au passage où Maho découvre la magnifique voix de Koyuki dans « Beck ». La double page qui montre cet instant reste beaucoup moins puissante que chez SAKUISHI, mais elle montre tout de même l’émotion ressentie par Ritsuka.

 

Dès lors, notre héros va tout faire pour intégrer Mafuyu dans son groupe, allant jusqu’à écrire une partition à la guitare pour l’inciter à écrire les paroles. Haruki et Akihiko iront de leur participation aussi. Ici, le jeune Mafuyu, au passé plus que trouble (son petit ami se serait suicidé), va voir le groupe le pousser à mettre sous forme de mots les sentiments qu’il ressent.

 

Après avoir hésité, Mafuyu préfère exprimer autre chose que son expérience traumatisante. Et là, c’est la fin du premier tome. Argh. Heureusement, des pages bonus en Yonkoma (des strips de 4 cases façon « Azumanga Daioh ») viennent apporter beaucoup d’humour (déjà présent dans la trame principale), et comblent quelques rapidités scénaristiques. Comme la manière dont Mafuyu a obtenu son job d’étudiant dans une salle de concert. Ou pourquoi Akihiko et Ritsuka bossent dans un supermarché (plutôt supérette mais bon).

 

Si certains sentiments semblent poindre le bout de leurs nez, notamment entre Ritsuka et Mafuyu, il ne se passe rien dans ce premier tome. Tout est propre, rien ne choque, et on peut même y voir une sorte de relecture des mangas de YAZAWA Ai et SAKUISHI Harold. Le côté très sentimental de « Nana » avec certains principes de « Beck », comme l’apprentissage d’un instrument en autodidacte, avoir une voix d’une qualité insoupçonnée. La volonté de détailler les instruments, dans les pages de fin des chapitres, avec aussi cette précision dans le dessin.

 

Contrairement à « Nana », et malgré le côté un peu « Hachi » (bon Toutou) de Mafuyu, on ne tombe pas dans les travers énervant du manga de YAZAWA. L’aspect un peu lacrymal, mais aussi le dessin très Shôjô (normal vu que « Nana » en est un), et certaines réactions impossibles à comprendre (pour ma part Hachiko m’est incompréhensible, ce qui explique pourquoi j’ai lâché ce très bon manga).

 

Ici, le dessin est très bon. Nous ne sommes pas face au dessin longiligne auquel on aurait pu s’attendre. Mieux, le côté parfois trop sentimental est ici parfaitement contourné par une dose d’humour à travers les pensées de Ritsuka. La relation entre ce dernier et sa sœur Yayoi (étudiante à la fac) est aussi très drôle, alors que Ritsuka essaie de se rappeler de son apprentissage, Yayoi ne se souvient que du « clang clang ».

 

En lisant ce premier tome, j’ai retrouvé des émotions présentes dans « Beck ». La classe du groupe quand les membres montrent ce qu’ils savent faire à Mafuyu, avec des regards, avec une classe, raaah, j’adore. Malheureusement, ici, les références à la musique en général sont peu présentes. Alors que, et je compare encore avec le manga de SAKUISHI Harold, Koyuki découvrait le monde occidental du rock, ce qui le changeait quelque peu du monde des idols, ici, on ne nous montre pas cette découverte. Ni même une liste d’album à écouter. Tout juste Tom Yorke et Keith Richards se retrouvent cités, et c’est tout.

 

Mais d’un côté ceci donne une identité propre au manga de KIZU Natsuki, qui, malgré son rythme rapide (Mafuyu semble apprendre la guitare hyper rapidement), est très agréable à lire et permet de retrouver les mêmes sensations que « Beck ». De plus, cette petite histoire d’amour prend son temps pour se dessiner, et Ritsuka est très très attachant à essayer de comprendre Mafuyu.

 

Il subsiste quelques problèmes de découpages au niveau des cases, comme ce moment, vers la fin, où je n’ai pas compris qui étrangle (non violemment) Haruki ? C’est certainement Akihiko, mais la scène n’est pas très claire j’ai trouvé. En même temps, c’est peut-être moi qui n’arrive pas à être assez attentif lorsque je lis. J’ai dû m’y reprendre à 4 fois pour à peu près comprendre la scène.

 

Hormis le fait que l’on ressente certaines influences (« Beck » et « Nana » ne sont pas très loin), la mangaka arrive à construire, sur un rythme très rapide, une histoire captivante. Une histoire d’amour sur fond musical ou l’histoire d’un groupe avec une histoire d’amour ? C’est compliqué à dire. Car sur le plan musical, tout va très vite, mais au niveau des sentiments c’est assez lent. Ritsuka est facilement attachant, tandis que Mafuyu, malgré son côté gentil petit chien, est énervant je trouve, avec son mal intérieur, son traumatisme. Il est difficile à saisir, et heureusement que Ritsuka se pose les mêmes questions que la lectrice et/ou le lecteur.

 

Il existe 5 tomes pour le moment, ce qui est peu pour une série dont la prépublication a débuté en 2013. Mais il existe un anime de 11 épisodes et aussi un film animé à venir. Un très joli dessin, une narration rapide mais agréable à suivre malgré quelques menus défauts. Une plongée dans le monde de la musique indépendante rappelant « Beck », un personnage principal (Ritsuka) très attachant. Bref, « Given » est une franche réussite, un très bon manga que je vous conseille. J’ai beaucoup aimé.

 

@+

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