Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Cultivons la curiosité

Akira – Édition originale (noir & blanc) - Tome 3

Akira – Édition originale (noir & blanc) -  Tome 3

Nous continuons donc cette aventure post-apocalyptique dans une Néo-Tôkyô imaginée par ÔTOMO Katsuhiro dès le début des années 80. Après avoir constaté que le tome 2 de cette « édition originale (noir & blanc) » avait perdu des pages par rapport au premier tome, et bien le régime continu avec ce tome 3. On perd en effet une vingtaine de pages vis-à-vis du tome précédent, soit 80 si on remonte aux 360 pages du premier tome.

 

Nous allons rapidement constater que le rythme des 280 pages sera intense. Petite précision, ce n’est pas parce qu’il y a moins de pages que les éditions Glénat en baissent le prix. Toujours 14,95€, toujours avec ce grand format, toujours avec cette sur-couverture (ici de toute beauté). Et, honnêtement, le coût est largement justifié. C’est juste qu’il est surprenant de constater que les tranches des tomes 2 et 3 sont plus fines que celle du premier tome.

 

Après cette précision (presque inutile), nous nous retrouvons avec un résumé, toujours en couleur et sur papier glacé, étendu sur 3 pages. Il permet de se remettre en situation, sachant que le tome précédent avait vu un déluge d’action, avec l’utilisation d’une arme destructrice par la colonel.

 

Et bien ici, l’action, la destruction et le côté post-apocalyptique vont prendre une dimension hallucinante. C’est simple, il n’y a pas un moment de répit. On tourne les pages en voulant connaître le sort des héros. Et là, on s’aperçoit que cette course pour retrouver Akira ne cesse pas, jusqu’à l’événement final du moins.

 

On en apprend plus sur Choko, la dame qui permet à Kei et Kaneda de se mettre à l’abri. Tout ce petit monde surveille Akira, qui est un enfant sage et muet. En fait, le début de ce tome est tranquille. C’est, en quelque sorte, le calme avant la tempête.

 

Néo-Tôkyô est en état d’urgence, le niveau 7 est activé depuis que le colonel a constaté que Akira s’était libéré de sa coquille. Alors que l’anarchie règne sur la ville Japonaise, un nouveau genre de policier rétablit l’ordre. Une forme de drone sur roues, qui ressemble à une araignée d’eau, et dont des dizaines, voire centaines, d’exemplaires arpentent les rues de la ville. Un mélange du robot meurtrier de « Robocop 2 » (si je me souviens bien) et « Judge Dredd » (dans le sens qu’ils appliquent immédiatement la peine de mort).

 

Alors que le trio Kei-Choko-Kaneda essaie de poursuivre une jeune fille aux pouvoirs étonnants (elle leur a enlevé Akira), c’est le début d’une action qui ne cessera qu’à la fin de ce tome. Choko est incroyable de puissance. La voir utiliser une mitrailleuse lourde, avec cette rage digne de Rambo, purée. Kaneda n’est pas en reste, via son côté agile et débrouillard notamment. Le groupe anéantira une des « araignée » policière de façon spectaculaire.

 

Assez pour attirer l’attention sur le quartier dans lequel la course se déroule. Du coup, on se retrouve avec la rébellion (le trio cité), l’armée (avec le colonel qui fomente un coup d’état), une entité religieuse (via dame Miyako) qui recherchent Akira. Ce dernier ne cessant de changer de main (si j’ose dire).

 

Ici, on sent, malgré l’arrivée de dame Miyako, une clarté dans le scénario (qui devient pourtant complexe) qui permet de savourer ce qui se déroule. De plus, on arpente Néo-Tôkyô à travers beaucoup de chose. Il y aura même un passage à bord d’un bateau.

 

D’ailleurs, concernant ce bateau, si je peux me permettre une brève révélation, j’ai été surpris de le voir dans le canal quand Ryu remonte les berges. Ceci prouve à quel point ÔTOMO possède une maîtrise de l’espace impressionnante. Mais là n’est pas encore le plus beau.

 

Je passe rapidement sur la traversée de certains quartiers en tank, c’est sublime, drôle et tragique aussi. La violence est là, mais le fait que Kaneda dise toujours un truc comique, ça détend l’atmosphère. Non, la claque, nous la prenons à la fin. Lors de l’événement redouté. Les doubles pages ne manqueront pas de vous donner des frissons, des putains de frissons. Avec un sens du détail incroyable. Ici, clairement, ça décoche la mâchoire.

 

Les immeubles, l’aspect apocalyptique, le côté immense de ce qu’il se passe. Le fait que l’on repère les personnages dans des grandes vignettes dont le gigantisme des lieux pourrait nous les faire perdre. Je me suis mal exprimé, mais en fait, on contemple ces pages, observant le moindre détail que l’on nous montre. Il faut reconnaître que c’est une sorte de bouquet final que l’on nous offre, et ce, alors que nous sortons d’une course poursuite intense à travers Néo-Tôkyô.

 

Cependant, ÔTOMO Katsuhiro n’en oublie pas son scénario. Ainsi, les factions présentes sont nombreuses, le pouvoir en place, l’armée, la rébellion, la religion aussi, et Kaneda, en sandwich dans tout cela. Qui se retrouve à aider la rébellion (ou guérilla c’est vrai) sans trop le vouloir. Et on constate que tout ce petit monde possède des liens plus ou moins étroit. Comme, et c’est un simple exemple, quand le colonel et Kaneda se croisent à nouveau (avec une réaction plutôt drôle j’ai trouvé « Ah ! » et « Sérieux ?! »), ou alors les liens ambivalents qui sont entretenus par Nezu avec beaucoup de monde.

 

Le tome 2 n’avait pas trop semblé faire bouger les choses, disons que l’impression que ce tome donnait, était assez frustrante, peu de lieux visités, et un scénario qui semblait ne pas trop avancer (alors que ce n’était pas le cas). Ici, dans ce troisième tome, ÔTOMO nous offre une action puissante, violente, choquante, haletante, tout en n’oubliant de bien poser ses nouveaux personnages. Des personnages dont on comprend le but et le positionnement dans l’histoire. La surprise reste, et c’est une petite révélation, la quasi absence de Tetsuo. Mais bon, le final laisse penser qu’il tiendra une place plus importante par la suite.

 

Malgré cet équilibre que je juge parfait, malgré le côté anticipation du récit, l’imagination débordante, la mise en scène, les personnages attachants, l’action étouffante. Malgré tout cela, on ne retient que les dernières pages. Grandioses. Exceptionnelles. Sublimes. De plus, on y arrive rapidement grâce à une découpe parfaite des événements, une volonté de tourner la page qui ne cesse jamais. Encore plus dans cette version grand format en noir et blanc. Immense œuvre pour un immense tome. J’adore.

 

@+

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article