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Cultivons la curiosité

La flûte à six Schtroumpfs – Johan & Pirlouit : Tome 09

La flûte à six Schtroumpfs – Johan & Pirlouit : Tome 09

Il est temps pour nous de revenir dans l’univers des petits Êtres bleus créés par Peyo. Pierre Culliford de son vrai nom, a débuté par d’autres œuvres avant d’intégrer les Schtroumpfs à une de celles-ci. En 2015-2016, les éditions Hachette proposèrent une collection « Les Schtroumpfs ». Avec des tomes possédant une reliure bleue en tissu et une couverture du plus bel effet.

 

Vous savez, le genre de collection que l’on nous propose en début d’année (civile ou scolaire) et qui nous appâte avec un prix bas avant d’imposer une mensualité asphyxiante qui fait que l’on ne termine jamais la collection. Il n’en est rien chez les édition Hachette, car les tomes étaient proposés à 8,99€, soit, à peu près le même prix que chez les éditions Dupuis.

 

Seulement, cette collection, en plus de proposer des petits cadeaux, qui s’avèrent assez gadgets, ajoutent, en fin de tome, des pages supplémentaires nous parlant de l’auteur, de sa jeunesse jusqu’à son décès, ainsi que de la manière dont fut découverte (et accueillie) l’œuvre à son époque. Une façon originale de dispatcher à travers les tomes de la série, une forme d’encyclopédie sur la création de ladite bande dessinée ainsi que son auteur.

 

Comme tout a un début, il fallait bien que les Schtroumpfs se lancent à un moment ou un autre. Si ils auront droit à leur propre série, dont le premier tome « Les Schtroumpfs noirs » sort en 1963, ils apparaîtront dès 1959 dans le journal de Spirou.

 

En fait, la neuvième histoire complète de Johan & Pirlouit débutera à la fin 1958. D’abord nommée « La flûte à six trous », elle changera de nom lors de sa sortie sous forme d’album en 1960. Mais pourquoi les Schtroumpfs n’apparaissent-ils que si tardivement ? Simplement car Peyo s’amusera avant de montrer à quoi ressemble ces personnages. Un paire d’yeux dans l’ombre, une motte d’herbe qui parle, un casque se déplaçant tout seul. L’auteur fera monter le mystère, surtout que l’on devine qu’il s’agit de personnage tout petit, mais sans plus.

 

Ce n’est que dans la planche 37 que l’on découvre à quoi ressemble ces petits Êtres. Il est à noter que l’histoire que nous voyons aujourd’hui s’étend sur 60 planches, contre 44 à 48 habituellement. Mais parlons rapidement de Johan & Pirlouit. Une grande saga de bande dessinée qui débuta en 1952 dans le journal de Spirou, dont le premier album « Le Châtiment de Basenhau » sort en 1954.

 

Précisons que les deux premiers tomes de cette série, à l’instar du premier tome de Poussy (première œuvre majeure de Peyo), furent proposées en cadeaux à travers la collection Hachette. Apprêtez-vous à les voir tôt ou tard sur Ashou. Ce ne sera pas, malheureusement, pas le cas de Benoît Brisefer.

 

Comme expliqué dans les pages bonus du tome du jour, Peyo sera nourrit par des films médiévaux dans son enfance. Il aura vécu des années sombres sous l’occupation Allemande de la Belgique. Et une de ses échappatoire restera son travail de projectionniste, à l’âge de 15 ans, même si il lâchera ce boulot un peu trop physique (pour changer les bobines toutes les 20 minutes et parfois faire l’ouvreuse).

 

Du coup, voir l’histoire de Johan & Pirlouit se dérouler au Moyen-Âge n’a rien de surprenant. C’est le même univers que les Schtroumpfs quand on y repense. Après tout, la demeure de Gargamel ressemble à une sorte de petit château.

 

Donc, Johan débute comme Page et rêve d’obtenir le titre de chevalier. Il est téméraire, courageux et possède un grand cœur. Un peu trop sérieux, il est heureusement accompagné par le plus facétieux Pirlouit. Qui servira certainement de base au personnage de Benoît Brisefer. Pirlouit possède comme monture Biquette, une chèvre noire qui, à l’instar de Jolly Jumper pour Lucky Luke, l’aidera grandement, et nous le constaterons dans ce tome.

 

Ici, alors que Pirlouit fait (mal) ce qu’il aime, à savoir jouer de la musique, un marchand aimerait lui proposer d’autres instruments. Le Roi et Johan demande au vendeur de partir en vitesse, afin de ne pas offrir d’autres instruments de torture à Pirlouit.

 

Seulement, dans sa précipitation, le marchand perd une flûte, qui, après quelques péripéties, se retrouve dans les mains du nain blond (Pirlouit est de petite taille). Il se trouve que cette flûte, qui n’a que 6 trous, est enchantée, et fait danser quiconque en entend la mélodie.

 

Cependant, dans une auberge non loin du château, un étrange personnage s’intéresse à ce marchand qui aurait une flûte à 6 trous à vendre. Matthieu Torchesac (tel est son nom), connaît les pouvoirs de cette flûte et fera tout pour la reprendre des mains de Pirlouit.

 

Voilà, en gros, le début de l’histoire. Un album qui malgré ses 60 ans reste très plaisant à lire. On a droit à quelques expressions assez drôles, mais comme l’aventure se déroule au Moyen-Âge, cela ne dérange pas du tout. Les Schtroumpfs possèdent un design assez proche de celui de 1963, mais avec un bonnet moins rond, plus façon lutin. Pourtant ils possèdent déjà leur langage si atypique, hilarant, et qui provoquera quelques crises de nerfs chez Pirlouit.

 

J’ai été très surpris par la qualité du récit, la découpe de l’histoire. De plus, l’humour est très efficace, même quand on est adulte. Les couleurs sont un peu flashy, mais cela ne dérange pas trop. Le dessin (hormis le fait que les Schtroumpfs surprennent) est très bon. C’est marrant, en regardant la couverture de ce tome, je constate que les Schtroumpfs ont leur design moderne sur celle-ci. Hors dans la BD, c’est bien l’original de 1960 qui y est. Tant mieux, car cela ne dénature pas l’œuvre de Peyo ainsi.

 

Il est aussi marrant de voir les inspirations qui interviendront par la suite, comme pour Assurancetourix chez Uderzo/Goscinny et Gaston Lagaffe de Franquin.

 

Si il est nommé « 2bis » dans cette collection, « La flûte à six Schtroumpfs » ne fait pas partie de la série des petits Êtres bleus. Il trouve pourtant sa place dans cette collection, au tout début de celle-ci. C’est là qu’intervient le côté pratique de la tranche, sur laquelle l’année est notée. Ceci permet de bien classer les tomes, et de suivre l’histoire de façon chronologique.

 

Le seul vrai défaut de ce tome est sa longueur. L’histoire est longue, mais comme la montée en puissance du récit est parfaitement bien gérée, on enchaîne les pages avec la soif de connaître la suite. Surtout que les Schtroumpfs sont introduits de façon limite frustrante, mais parfaite. La découverte du monde maudit et du village de ces petits personnages, est un vrai plaisir. Même si Johan est un personnage lisse au possible, l’intrépide et facétieux Pirlouit contre-balance ce côté sérieux. L’humour fonctionne parfaitement, et l’histoire, même 60 ans plus tard, est passionnante.

 

Du coup, oui, ceci est un tome intéressant, agréable à lire malgré sa longueur. Avec, dans cette édition Hachette collection, des pages bonus passionnantes sur l’histoire de cette saga et de son auteur. Il est toujours intéressant de voir la genèse d’une saga aussi puissamment connue de nos jours. J’ai adoré le lire et vous le conseille, même dans sa version normale.

 

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