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Cultivons la curiosité

DodgeBall : Même pas mal !

DodgeBall : Même pas mal !

Le DodgeBall, ou jeu de la balle au prisonnier, est un sport particulièrement violent. Joué dans les établissements scolaires, il permet aux plus forts de montrer leur domination, ce, en humiliant les plus faibles. C’est le sport qui peut résumer le plus facilement les scissions de la société, avec des riches qui se pavanent, et des pauvres qui se font systématiquement rabaisser par les premiers.

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Le film écrit et réalisé par Rawson Marshall Thurber (« Agents presque secrets » et « Skyscraper ») est sorti en 2004 un peu partout dans le monde. Son scénario va nous montrer une parodie de plusieurs choses en même temps. En un peu moins de 1h30, le scénariste/réalisateur arrive à parler de plusieurs différences.

 

Celle concernant le physique tout d’abord. Avec de belles personnes, qui entretiennent leurs corps afin d’être belles. Comme le dit White Goodman (Ben Stiller) lors de l’introduction du film, si vous n’entretenez pas votre corps, c’est que vous vous détestez. White possède Globo Gym, une licence propre, qui utilise des moyens modernes, avec des gens parfaits, et qui a fait la richesse de son fondateur.

 

Car en plus de la critique des belles personnes qui méprisent les moins beaux, voire carrément en faisant preuve de grossophobie, il y a aussi une parodie concernant l’arrogance des riches envers les moins riches. C’est Peter LaFleur (Vince Vaughn) qui est le penchant « normal » de Goodman. Il possède une petite salle de sport, Average Joe’s, situé juste en face de Globo Gym.

 

Le gérant est un peu trop coulant avec ses clients, qui sont tous normaux. Loin de la perfection de celles et ceux qui utilisent les machines de Globo Gym en face. On retrouve le mari qui a refait sa vie avec une femme qui le déteste (Gordon, joué par Stephen Root), l’adolescent normal, mais humilié par le beau gosse du lycée, Justin joué par Justin Long, et qui essaie tout de même de séduire Amber (Julie Gonzalo), une PomPom Girl. Nous avons aussi Steve (Alan Tudyk), un original qui est tout le temps habillé en pirate. Ils sont donc les clients fidèles à Average Joe’s.

 

Nous notons aussi que les employés Dwight (Chris Williams) et Owen (Joel David Moore) sont de la même gentillesse que leur patron LaFleur. Cependant, à force d’être trop sympathique et bienveillant avec ses clients (je n’ai pas vu de clientes), LaFleur verra débarquer l’avocate de sa banque, Maître Kate Veatch (Christine Taylor), qui lui demandera de trouver 50 000 U.S.$ en 30 jours. Si tel n’est pas le cas, Globo Gym a déjà émis la volonté de racheter l’hypothèque afin de faire du laid Average Joe’s, un parking géant pour ses clients et clientes.

 

Il se trouve que Kate est aussi en charge de Globo Gym, et elle est dans le « viseur » de Goodman, qui a envie de la séduire grâce à son corps parfait. Mais aussi son esprit éveillé. Ainsi, il l’accueillera avec un dictionnaire à la main, afin de lui prouver qu’il entretien sa matière grise. Et le film regorge de scènes simples mais hilarantes comme celle-ci.

 

Car, vous l’aurez deviné, le but du film sera de former une équipe de DodgeBall afin de remporter la finale mondiale qui aura lieu à Las Vegas et dont le premier prix est… 50 000 U.S.$. Ceci grâce à Gordon et sa passion pour les sports « alternatifs ».

 

Et voilà le dernier point parodié ici. Les films se basant sur des histoires sportives, si possibles réelles comme le laisse penser le sous titre anglais « DodgeBall : A True Underdog Story ». Tous les clichés des films sportifs sont là. Avec, en prime, les milieux sportif et médiatique méchamment moqués. Avec notamment les commentateurs Cotton McKnigh (Gary Cole) et Pepper Brooks (Jason Bateman) qui disent n’importe quoi et essaient de rendre sensationnelle quelque chose de pas terrible.

 

Le tout est enrobé dans une comédie assez acerbe, qui fera exprimer de façon assez crue ce que pense les personnages. Ainsi, Goodman est vraiment détestable, de façon exagérée. Dans sa façon de séduire Veatch évidemment, mais aussi du mépris qu’il exprime envers les moins beaux, les plus pauvres, que lui. Ben Stiller s’amuse comme un fou, en exagérant tout, et le pire est que ça fonctionne.

 

De plus, quand le célèbre Patches O’Houlihan (Hank Azaria dans la vidéo des années 50 et Rip Torn en 2004) entraîne cette équipe de bras cassés, là, son franc-parler, un peu trop vulgaire et machiste par moment, fonctionne. Sa méthode m’avait fait hurler de rire quand, pour enseigner le dodge (éviter en français) du DodgeBall, il jette des clés à molette sur l’équipe qu’il entraîne. Ça fait mal, mais c’est hilarant.

 

Je l’ai vite évoquée en parlant de Patches O’Houlihan, mais la vidéo introductive au DodgeBall des années 50 est à se tordre de rire. Avec le côté « parfait » de ces années-là. On se croirait devant le Pip Boy des jeux vidéo FallOut (si vous connaissez). Avec le garçon blond qui est parfait, et l’idéologie véhiculée abjecte, mais pourtant proche de cet état d’esprit étasunien de ces années-là.

 

On aura aussi droit à des caméos à bien replacer en 2004. Ainsi, on voit rapidement David Hasselhoff, Chuck Norris, William Shatner (en grand manitou de la fédération de DodgeBall), mais aussi et surtout, une apparition qui aujourd’hui ne fonctionne pas du tout, celle de Lance Armstrong. Ce dernier joue son propre rôle et se paye le luxe de passer un message sur l’abnégation assez dégueulasse de nos jours.

 

Sinon, je pense que le synopsis lui-même suffit à comprendre à quel point ce film est décalé et drôle. Pour sauver sa petite salle de sport menacée par la grande franchise, le gérant de Average Joe’s sera contraint de participer à un tournoi de DodgeBall durant lequel il affrontera, avec son équipe pas très douée, la toute puissante équipe de son adversaire, le fondateur de Globo Gym. Tous les coups seront permis, surtout qu’il y a peut-être un amour à gagner en cas de victoire.

 

Là, je l’ai revu en VOSTFr, mais j’ai le souvenirs d’une bonne version française. En terme de réalisation, c’est classique, et parfaitement lisible. Les actrices et acteurs s’amusent beaucoup. L’humour est plutôt efficace, même si sous couvert de vouloir dénoncer l’homophobie, le machisme et l’arrogance des gens beaux et riches, on y trouve des phrases assez abjectes, qui peuvent passer difficilement aujourd’hui.

 

Malgré ce défaut, malgré l’absence de surprise, malgré le rire basé sur la douleur physique et l’humiliation morale, « DodgeBall : Même pas mal ! »fonctionne à la perfection. Il faut le prendre au second degré, voire plus. J’avais adoré en 2004 (ou 2005 car je ne l’ai pas vu au cinéma), et j’avoue qu’aujourd’hui, l’absence de surprise de la clé à molette m’a moins fait rire. Dans l’ensemble, le film divertit, fait rire, pour peu que l’on passe outre certains dialogues qui veulent condamner grossophobie, machisme et homophobie sous couvert de rendre certains personnages détestables en les rendant ainsi. J’ai bien aimé et vous le conseille, il est drôle.

 

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