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Cultivons la curiosité

Doctor Sleep

Doctor Sleep

Depuis toujours, Stephen King écrit des récits qui intéressent les différents médias comme la télévision ou le cinéma. Ses œuvres ont souvent donné des adaptations moyennes, voire mauvaises. Dans de rares cas, la mises en images d'un roman ou une nouvelle de l'auteur était bonne. Ceci dû à la qualité du cinéaste se chargeant de l'adaptation. John Carpenter pour "Christine", et l'exemple le plus parlant (et intéressant pour la chronique du jour), Stanley Kubrick et sa ré-interprétation de "Shining". Longtemps détestée par Stephen King, il ira jusqu'à scénariser et produire une mini-série, ceci en 1997, afin de laver l'affront du cinéaste. Avec un résultat, paraît-il, assez catastrophique.

Aujourd'hui, il faudra oublier cette mini-série, et se concentrer sur les 3 œuvres impliquées. À savoir "Shining" et "Docteur Sleep" de Stephen King, et le film "Shining" de Stanley Kubrick. 1977, 2013, 1980 et donc 2019 pour les dates de sorties des œuvres citées, auxquelles on ajoute le film du jour bien entendu. Au passage, notons qu'en France le film perd sa traduction de "Doctor". Mais regardons la bande annonce.

Vidéo de Warner Bros. France

Les évènements font suite au film de 1980. C'est là la première différence avec le livre. Le film du jour, réalisé par Mike Flanagan, s'introduit cependant sur l'enlèvement d'une petite fille. Non, pas l'enlèvement, le meurtre plutôt. On y découvre des personnages peu engageant, dont Corbeau (Zach McClarnon) et Rose Chapeau (Rebecca Fergusson), la cheffe dont on préférera le nom original Rose the Hat. Même en version française (VF), on devine que son nom n'est pas "Chapeau". Peu importe, car dès les premières minutes on verra de quoi se constituera l'horreur du film. À savoir la souffrance de personnage innocent, surtout des enfants, que ces "gens" maltraitent afin d'en retirer la vapeur.

On en profite pour retrouver Danny Torrance et sa maman. Il est encore hanté par les évènements de l'Overlook, un hôtel maléfique dans lequel son père a perdu la tête et essayé de les assassiner. Cependant, grâce à son pouvoir spécial, le "Shining", il sera aidé par Dick Hallorann, qui lui confiera une astuce pour enfermer les monstres qui le hantent.

On fait un bon dans le temps, et on constate que Danny (Ewan McGregor, en sachant que c'est Roger Dale Floyd qui joue le jeune Danny) a sombré dans l'alcool. Il se réveille dans une chambre auprès d'une femme nue, et se remémore la soirée précédente. Faite de beuverie et bagarre, il cherche à s'éclipser lorsqu'il constate que sa partenaire d'un soir lui a volé son argent pour certainement acheter de la cocaïne. Alors qu'il s'apprête à la détrousser, un petit enfant fait son apparition. Il est le fils de la femme dormant dans la chambre. Du coup Danny, avec l'aide de Dick (Carl Lumbly), va faire preuve d'un peu d'humanité en lui laissant une partie de son argent.

Danny ne cesse de parcourir les États-unis d'Amérique, comme si il fuyait quelque chose, comme si il se fuyait lui-même. Il n'est pourtant plus embêté par les fantômes de l'Overlook, bien enfermés dans ses "coffres". Et même si il ressent une crainte concernant la maman et son fils qu'il a laissés se débrouiller, il arrive à avancer. Pour arriver dans une petite ville tranquille. Où il sera aussitôt pris en main par Billy Freeman (Cliff Curtis), qui perçoit en Danny une grande fatigue morale, mais aussi une certaine bonté.

Bien lui en fait car il permet à Danny de se poser dans son périple. Mieux, il trouvera une utilité dans un centre de fin de vie pour personnes âgées, et, assisté par un chat, il accompagnera, aussi grâce à son"Shining", les personnes dans leur dernier voyage. En parallèle, Danny communiquera avec une autre télépathe, Abra, avec laquelle il se liera d'amitié. Le problème viendra des personnes que nous avons vu au tout début du film. Le groupe commence à manquer de vapeur, et risque de mourir alors qu'ils arrivent à survivre grâce à la souffrance de leurs victimes.

Tandis que Danny continue son sevrage d'alcool et que Abra (Kyliegh Curran) reste en contact avec lui, le Vrai Nœud (nom de la communauté dirigée par Rose) trouve un jeune joueur de baseball prometteur en vapeur. C'est en maltraitant ce dernier, afin d'avoir une vapeur pure, que Abra va ressentir la souffrance du jeune garçon. La jeune fille possède un pouvoir particulièrement puissant, qu'elle ne maîtrise pas, et intéresse fortement Rose, qui voit en elle une "baleine", source immense de vapeur qui assurerait la survie de sa communauté pour encore longtemps.

Seulement, Abra est une jeune fille intelligente, et va obtenir l'aide de Danny. Le tout pourrait s'achever sur un affrontement virulent. ATTENTION SPOILER JUSQU'À LA FIN DU PARAGRAPHE. Ceci forcera Danny à retourner dans un endroit qu'il fuyait. Et c'est ici que le film, jusque là une adaptation plutôt fidèle du livre du même nom, va prendre un chemin différent. Car Mike Flannagan, aussi scénariste, va chercher à retrouver la même fin que le livre orignal de 1977. En moins spectaculaire, mais on sent que le réalisateur a voulu rabibocher Stephen King avec la version de Stanley Kubrick. Offrant, dans son dernier acte, un hommage somptueux au film de 1980. Ceci donne donc une adaptation rapide, mais fidèle, du roman "Docteur Sleep", avec un Danny et un univers faisant suite au film de Stanley Kubrick. Le projet était casse-gueule, mais pourtant, ça fonctionne, offrant une belle surprise à la fin du film.

Le film dure 2h30 et, en vérité, il n'ennuie jamais. J'avoue que connaître les trois œuvres citées lors de l'introduction facilite la compréhension. Après, si vous n'avez rien vu ou lu, le film se comprend et fonctionne bien. Ceci car King avait introduit une communauté, antagoniste du héros, le Nœud Vrai, qui n'existait pas dans le premier film ni même le premier livre. Le film en lui-même est étonnant. Car il mélange les 2 livres et le film, et il le fait bien. Les scènes d'horreur sont en vérité des scènes de torture qui ne manqueront pas de vous geler le sang. Glacer le sang plutôt. Il y a un passage plus calme, quasiment sans musique, qui donne une ambiance angoissante bien retranscrite.

Les actrices et acteurs sont convaincant.e.s, la VF fonctionne bien, sauf lors du passage "Docteur Sommeil", qui fait que du coup les anglophobes ne comprendront pas le titre du film (d'où le nom localisé du livre, "Docteur Sleep"). La réalisation est efficace, créant une ambiance pesante. Le film est parfois terrifiant, violent, mais reste mesuré tout de même. On a un peu moins peur que devant le diptyque "Ça" et "Ça : Partie 2", la faute à un antagoniste un peu trop ancré dans la réalité. On a autant peur, voire plus, que devant "Shining" de Stanley Kubrick par contre.

Alors que je n'attendais rien du film, et bien j'ai été surpris. Par la fidélité au livre de Stephen King, en faisant des raccourcis certes, mais aussi par la promesse tenue de mêler les 2 livres et le film de 1980, par son cast efficace (mention spéciale à Kyliegh Curran, excellente), tout comme sa réalisation. Si je n'ai toujours pas vu le "Simetierre" de 2019, je peux quand même dire que les adaptations de Stephen King sur grand écran commencent enfin à élever le niveau. Alors que je croyais bêtement que seuls des cinéastes opérant une modification profonde du récit, comme pour Kubrick, ou alors que seul Franck Darabont, étaient capables de signer de bonnes adaptations, Andrés Muschietti et Mike Flanagan viennent de me prouver l'inverse.

Film efficace en tout point, il n'est pas un déluge sanguinolent, ni même une œuvre possédant un monstre immense immortel (quoique). C'est du pur Stephen King, à savoir une histoire normale et horrible de meurtre d'enfant, avec un peu plus de fantastique qu'à l'accoutumée chez le romancier. Avoir au moins vu le film de 1980 est un plus, la perfection étant d'avoir lu les deux livres et vu le film. De façon surprenante j'ai beaucoup aimé ce film, peut-être autant que ceux de Andrés Muschietti (le réalisateur du diptyque "Ça" je rappelle). Un film à voir si vous aimez King. Un film à voir si vous aimez frissonner. Voilà, c'est ça en fait, c'est un thriller fantastique. À voir donc.

@+

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