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Cultivons la curiosité

Rétro Lazer 01

Rétro Lazer 01

Lancé au mois de Mai 2018 par la maison d'édition Omaké Books, "Rétro Lazer" est un magazine un peu différent des autres. Un peu comme pour "Pix'n'Love", il n'est pas présent chez vos marchand.e.s de journaux. D'ailleurs il est inutile de chercher ce premier tome, depuis peu en rupture.

Après avoir fait du retrogaming une marque de fabrique, Florent Gorges, fondateur de Omaké Books, décide de diversifier sa petite entreprise. On a pu le voir récemment avec les lancements de Omaké Manga et Omaké Games. Mais aussi une volonté de sortir du milieu vidéoludique. Du coup, un trimestriel assez épais, sans pubs (si on oublie celles pour les ouvrages Omaké Books), et vendu 12,90€.

Devant cette nouveauté, j'avais décidé de m'abonner. Une année offrant 4 numéros. J'ai donc mis plus d'un an avant d'entamer cette lecture. Mais de quoi s'agit-il ? Un magazine sur les années 80-90 (voire 70), se focalisant sur l'industrie du divertissement. Jouant un peu sur la nostalgie des trentenaires aussi. Offrir le casque de "X-Or" le shérif de l'espace en gros ne peut que s'adresser à cette génération. Celle du Club Dorothée.

Et nous verrons à travers différents articles, que si le magazine surfe sur ce côté nostalgique, il n'hésite pas à égratigner la vision que l'on peut avoir de cette époque. Une vision magnifiée par notre point de vue d'enfant que nous étions. Cependant, vous verrez que certaines choses m'ont un peu dérangé.

La couverture en jette, mais s'avère quelque peu fallacieuse. On s'attend à prendre un déluge de nostalgie dans la pogne, avec de la bonne humeur. Après un édito classique signé Florent Gorges, un trombinoscope nous montrant les participants à ce numéro s'avère, bof en fait. Et oui, participants et non pas participantes, que des hommes sont ici présents. Passons sur ce point déjà décevant.

Là, nous retrouvons Jibé avec des épisodes inédits de Ludo et Simon. Vous les connaissez si vous avez lu "Basse Def". Un grand plaisir de retrouver ces personnages, avec toujours une bonne dose d'humour. Et nous voilà au premier gros article. Une entrevue entre Florent Gorges et Alex Pilot. L'ancien directeur des programmes de feu Nolife n'y va pas par quatre chemins et défonce l'image que nous avons tou.te.s du Club Do'.

Et voilà d'entrée la première désillusion du magazine. Cela n'aura pas tardé. Alors oui, ce qui est dit se tient, c'est assez bien argumenté, mais quand je lis d'entrée qu'il avait 15 ans au moment de la diffusion (alors que je devais avoir quoi, 8-10 piges), je me dis qu'il aurait peut-être fallut quelqu'un pour contre argumenter. Oui, c'était débile, oui les anime Japonais étaient tronqués, cependant le public visé était les 8-12 ans. Donc oui, si j'avais découvert le Club Do' à mon adolescence, moi aussi j'aurais dit que c'était de la merde.

Comme il le dit si bien, c'était un problème d'orientation de la grille des programmes, de ciblage. Clairement un "City Hunter" ne convient pas du tout à des enfants. Cependant de là à chier ouvertement sur les doubleurs qui justement avaient carte blanche du moment que c'était rigolo et pas violent, c'est choquant. C'est le manque d'objectivité d'Alex Pilot qui surprend en fait. Certes Florent Gorges essaie d'expliquer en quoi cette "censure" était utile à une période où l'animation Japonaise était moquée en France, mais je trouve qu'il manque un contre argumentaire lors de cette entrevue, à commencer par, tout simplement, qu'il ne faisait pas partie du public visé par cette émission. Du coup oui, les sketchs étaient pourris pour lui, mais quand tu es môme, que tu vois ça, c'est rigolo. Aujourd'hui moi aussi je dirais que c'était de la merde si je devais voir une de ces émissions, car je suis un adulte donc pas le public visé.

Le plus décevant là dedans, c'est que la couverture et l'édito de Florent Gorges nous vendaient de l'info exclusive, des petits détails que l'on ignorait, mais aussi une place importante concernant cet article. Qui au final est un déversement de haine contre cette émission. Cherchant à justifier que si les anime sont arrivés en France, c'était grâce à Bruno-René Huchez, qui importa "Goldorak" dans les années 70. Cependant, c'est bien le Club Dorothée, avec ses audiences incroyables, qui a vulgarisé l'animation Japonaise. Qui se souvient avoir vu "Galaxy Express 999", "Albator" ou "Goldorak" avant ? Bon, pour "Goldorak" c'est compliqué, mais franchement, d'entrée, j'étais un poil déçu par l'absence totale de contre argumentaire. Florent Gorges laissant Alex Pilot dire ouvertement que cette émission, c'était de la merde et puis c'est tout. Dommage.

Niveau article inutile et décevant, il y a aussi cette discussion en Davy Mourier et François Descraques sur "Star Wars" et "Star Trek". Alors que l'on s'attend à ce que l'un des participants défende une des saga et que l'autre défende la seconde. Et bien non, c'est juste un papotage inutile et nul sur les deux séries. Il n'en sort presque rien, un débat stérile qui n'est pas un débat en fait. Une discussion de bar en gros. Un article inutile donc, mais je me répète.

Par contre, voilà les deux seuls points sombres du magazine. Bon, il y en a un dernier, mais j'y reviendrai. Lire Jean-Marc Imbert sur une figurine "Goldorak" est un plaisir sans faille. Il avait une émission sur feu Nolife (décidément) "Metal Missile & Plastic Gun". Il en reprend le concept, et on retrouve sur papier, son excellente narration, drôle et passionnée. "Importun", "Outrecuidance", autant de termes que l'on entend peu et qui provoque l'hilarité. Surtout si vous connaissez l'émission suscitée, on entend sa voix en lisant ça. De plus, on s'offre un historique de la série "Goldorak", mais aussi des fabricants de jouets. Un vrai régal.

Le dossier de Damien Martinet sur "X-Or". Quel pied. Sublime. Il en sera de même sur "Turkish Star Wars" et celui concernant "Les livres dont vous êtes le héros". Suivent deux entrevues. Celle de OKADA Satoru, passionnante, où l'on en apprend plus sur un génie de l'électronique de chez Nintendo. Puis l'entrevue de Julien Bardakoff, traducteur Français de la première génération des jeux Pokémon. Ces entrevues sont excellentes, passionnantes, mais offrent un défaut frustrant : Elles sont en deux parties. Pour en lire les fins, il faut acheter le numéro 2. Quel dommage de tronquer ainsi des articles aussi intéressants. Je trouve le procédé très décevant.

Arrive l'article sur les Minikeums, dans lequel Joris "Cody" Lelong en profite pour tacler (à nouveau) le Club Dorothée. Il faut arrêter de s'acharner là, c'est bon, on a compris avec Alex Pilot, le Club Do' c'est de la merde pour débiles alors que les Minikeums c'est trop intelligent. Mise à part ce petit tacle inutile, l'article est passionnant, avec en prime, une entrevue de Gérald Dahan, qui a fait 90% des voix de la premières générations des Minikeums. Là aussi, c'est bien écrit et intéressant.

Après nous trouverons encore une chose intéressante avec "Ulysse 31", où l'on nous explique comment est né cette coopération Franco-Japonaise. Pour finir par une entrevue d'un collectionneur au grand cœur qu'est HIJIYA Tadashi. J'ai volontairement oublié de cité de courts articles, non pas qu'ils soient mauvais, au contraire, qui ne se souvient pas des "Crados" ou d'Orangina Rouge ? Mais parce que ma chronique est déjà assez longue.

Oui, ce n'est pas un magazine comme les autres, oui c'est passionnant à lire. Par contre il faudra revoir la couverture. Les Minikeums y sont encensés et pourtant n'ont que très peu de place, tandis que le Club Dorothée y est descendu et a droit à plus de place. Si on ajoute le fait que l'article sur les Pokémon ne concerne pas vraiment la genèse du jeu comme on pourrait le croire, et que certaines entrevues sont en deux parties (ce qui n'est jamais indiqué avant la fin de l'article), bref, on peut dire que la communication autour du magazine est quelque peu, bizarre, voire mensongère. Ou du moins que ça semble truqué. J'ignore comment l'exprimer, mais je pense que vous voyez le truc.

Reste à voir si la rubrique Retro Talk Session trouvera un intérêt quelconque avec d'autres personnes ou thèmes. Car là "Star Wars" vs "Star trek" n'est clairement pas un versus. Sinon, le format est plaisant, le magazine est léger. Le papier ne glisse pas super bien, mais ça va. Le tout se lit super bien, et on en redemande. Malgré quelques petits points noirs à revoir, c'est un excellent magazine, traitant du divertissement des années 70 à 90 sans retenus ni filtres. J'ai adoré malgré un très mauvais départ. On se retrouve pour le numéro 2.

@+

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