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Cultivons la curiosité

Astérix aux Jeux Olympiques

Astérix aux Jeux Olympiques

Oui, je vous entends déjà râler d'ici, encore un film live Astérix. Et pas le meilleur en plus. Co-réalisé par Frédéric Forestier et Thomas Langmann, on retrouve aussi ce dernier au scénario avec Olivier Dazat, Alexandre Charlot et Franck Magnier. Nous avons aussi là un des plus gros budget pour un film Français. Obtenu grâce à une ambition impressionnante, rendre ce projet Européen. En effet, des capitaux venant de tout le vieux continent ont permis d'obtenir les 78 millions d'euros du budget. Ainsi, le cast sera, à l'instar de "Astérix et Obélix contre César", international.

Sachez aussi que le film dure 1h52, mais s'offre un ultime quart d'heure récréatif, dans lequel on sent qu'une partie du budget est passé dans les guests, les invités quoi. La page wikipédia de ce film indique que tous les invités spéciaux ont reversé leurs primes à des associations caritatives de leurs choix. Ce qui atténue quelque peu le côté "je prends mon chèque en faisant 2 dribbles et au revoir" de cette fin de film. Mais regardons un court extrait du début du film.

Vidéo de Films YouTube

Premier choc, Christian Clavier disparaît. Lui qui avait été pourtant très bon dans "Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre", ne se retrouve pas sur ce projet sorti en 2008. Passons. Quoique non, ne passons pas là dessus, car il est remplacé par Clovis Cornillac. Et ça ne le fait pas du tout. Comme avec "Les Profs 2" et "Les Profs" qui avait vu Didier Bourdon remplacer l'acteur Parisien. En mal. Ce qui est aussi le cas ici.  Enfin bon. Une fois le choc passé, on remarquera que Gérard Depardieu reste excellent en Obélix. J'ai oublié de le préciser dans les films précédents, mais oui, Gérard Depardieu apporte la nonchalance bien connue d'Obélix, et l'interprète à la perfection.

Cependant, le duo créé par René Goscinny (au scénario) et Albert Uderzo (au dessin) ne sera pas grandement présent dans ce film. Encore moins que dans la réalisation d'Alain Chabat, c'est dire. À la place on retrouve Benoît Poelvoorde en antagoniste, jouant Brutus et sa perfidie avec brio, l'acteur Belge régal. Le plus choquant reste le fait que le héros est Alafolix. Joué par Stéphane Rousseau, qui se démerde bien, on ne comprend pas bien pourquoi le récit est centré sur ce personnage, mais peu importe, car après un bref résumé du famélique scénario, nous allons voir qu'il y a de belles surprises malgré tout.

Alafolix (Stéphane Rousseau) est amoureux de Irina, princesse Grecque promise à Brutus (Benoît Poelvoorde). Après des échanges épistolaires, il franchit le pas et amorce un long voyage vers cette contrée méditerranéenne. Il en reviendra contraint de relever le défi du roi Samagas (Bouli Lanners), la main de sa fille sera promise à l'équipe victorieuse des jeux Olympiques (qui se déroulent à Olympe, ou Olympie). Déprimé, il fait part de sa mésaventure à Astérix (Clovis Cornillac), qui lui indique que la Gaule est annexée par Rome, donc ils peuvent participer comme Gallo-Romain.

Voilà donc notre fine équipe partie pour la Grèce. Astérix, Idéfix, Obélix (Gérard Depardieu) et Alafolix. Ils sont accompagnés par Assurancetourix (Franck Dubosc) et Panoramix. Ce personnage change à nouveau d'interprète, qui est encore pire que le précédent. Jean-Pierre Cassel ne convient pas au vieux druide Gaulois, mais pas du tout. Enfin bon. Une fois arrivé en Grèce, ils vont affronter diverses équipes, la Grèce, Germanie, l'Égypte et Rome. Brutus mène l'équipe Romaine, quitte à tricher en prenant un sorcier du non de Couverdepus (José Garcia). Cependant les juges Grecs veillent au grain, grâce à leurs coléoptères anti dopage.

L'occasion de trouver Élie Semoun en grande forme, accompagné de Luca Bizzarri et Paolo Kessisoglu. L'occasion aussi de parler corruption de façon "drôle". Entre guillemets, car comme les deux tiers du film, l'humour ne fonctionne pas. Mais je termine avec le scénario, après moult tricheries et péripéties, César annule tout et déclare que l'ultime épreuve désignera le vainqueur. Une course de char. Dans laquelle participera Michael Schumacher. Le septuple champion du monde de Formule Un est ici présent avec son directeur d'équipe préféré, Jean Todt. Si l'Allemand est (ou semble) mal doublé, ça passe. Par contre Jean Todt est plutôt catastrophique dans son jeu d'acteur. Pas du niveau de Laetitia Casta dans le premier film live de la série, mais pas loin.

C'est une séquence rigolote, mais qui aujourd'hui est périmée. Vous devez remplacer Michael Schumacher par Lewis Hamilton et Jean Todt par Toto Wolf. Passons donc. Car venons en à la grande idée du film. Faire incarner le grand Jules César par l'acteur le plus égocentrique au monde. Alain Delon est juste parfait en César. Les "Avé moi" ne manqueront pas de vous faire marrer, sans parler de ses dialogues à la troisième personne, défaut repris de la façon de parler de l'acteur lui-même.

Après, si vous aimez Kaamelott, vous sauterez de joie en voyant Alexandre Astier. Et ce avant qu'il ne reprenne en main la saga Astérix avec Louis Clichy, et en images de synthèses sur le réussi "Astérix et le domaine des Dieux" et le plus décevant "Astérix et le secret de la potion magique". Une apparition toutefois  décevante, dans laquelle l'acteur aux multiples facettes semble reprendre son rôle d'Arthur, mais pas le roi, le trouffion Romain du Livre VI. Une présence sympathique, mais pas aussi excellente que ce que nous pourrions nous attendre, la faute à un tout petit rôle en vérité.

De plus, malgré son talent, Benoît Poelvoorde énerve assez rapidement. La faute à une écriture de son personnage qui le rend comico-tragique et pathétique. Les idées des différents goûteurs est excellente par exemple. Mais après, quand on nous sort "Besoin de rien, envie de toi" de Peter & Sloane, de façon pathétique, ça ne fonctionne pas. Le gros point faible de ce film reste son scénario. Présent à la réalisation et au scénario, le producteur Thomas Langmann fourmille d'idée pour plaire au plus grand nombre et pour faire des entrées. C'est là le gros défaut du film même.

Oui, de nos jours, la majorité des films sont des films de producteurs (ou productrices), mais là, le problème, c'est que ça se voit. On enchaîne, sans trop comprendre pourquoi, les scènes marrantes. Enfin, soit disant marrantes. On a l'impression d'être devant une succession de sketch dont les deux tiers sont à jeter. Mais bon, le film est bien vendu, même si il est mauvais à voir. Le dernier quart d'heure, qui renoue avec le traditionnel banquet des Gaulois (et avec le village qui a fait le déplacement contrairement au film précédent), ce dernier quart d'heure montre l'inutilité du film.

On retrouve Numérobis (Jamel Debbouze), avec un acteur fidèle à lui-même. Il arrive en 15 minutes à être encore plus énervant que lors de "Astérix & Obélix : Mission Cléopâtre". Un exploit. Oui, voir Amélie Mauresmo et Tony Parker est sympa, mais pourquoi ? Idem pour Zinédine Zidane. Sauf que l'ancien footballeur s'en sort super bien. C'est bluffant de le voir faire de l'humour en restant taciturne. Le passage est Lunaire en fait. On ne croit pas trop à ce que l'on voit. Seulement, la faute à un Jamel Debbouze énervant, on aimera moins cette fin que le reste du film.

Alors que dire. J'ai oublié de parler des effets spéciaux. Duboi est toujours présent, avec L'est, Buf, Mikros Image et Ace Digital House. Ces effets numériques fonctionnent bien. D'autant qu'ils sont couplés à des effets spéciaux direct assurés par Les Versaillais plutôt efficaces. On sent que le film a un budget confortable, et au niveau des effets, décors, de la direction artistique (de Aline Bonetto), des costumes (créés par Madelaine Fontaine) et de la photographie (de Thierry Arbogast), nous sommes bien en face d'une grosse production cinématographique, propre et qui en met plein les yeux.

Il m'est impossible de vous conseiller ce film. Bric-à-brac d'idées de producteurs cherchant à plaire à tout le monde en oubliant la cohérence des scènes, ce film n'est pas plaisant. Pourtant, rien que pour Alain Delon en César, il est marrant. Du coup, vous le verrez une fois. Vous râlerez la plupart du temps devant la nullité des vannes, de certains acteurs, mais aussi du scénario. Pourtant, revoir Sim en Agecanonix, entendre à nouveau Pierre Tchernia en narrateur aussi, font partis des petits plaisirs du film. Comme voir un Zinédine Zidane offrant un final déstabilisant dont on ne sait quoi penser. C'est le plus faible des films live (en attendant de voir "Astérix et Obélix : Au service de Sa Majesté"), et pourtant le plus friqué et le plus beau esthétiquement parlant. Voilà, à voir une seule et unique fois. Un mauvais film, par moment drôle mais plutôt pathétique.

@+

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