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Cultivons la curiosité

The Big Short : Le casse du siècle

The Big Short : Le casse du siècle

Le film que nous allons voir aujourd'hui fût vu grâce à un code VOD offert par Rakuten. Du coup, après une longue hésitation entre "Moi, Tonya" et "The Big Short : Le casse du siècle", c'est ce dernier que j'ai choisi. En croyant que ce serait une comédie sur des courtiers ou banquiers qui font un casse à la "Ocean's Eleven". Et oui, je suis stupide parfois.

Sachez tout d'abord que j'ai vu ce film en V.F., la VOSTFr n'étant pas disponible chez Rakuten TV pour ce film. Peu importe, ceci n'a pas entaché mon expérience. Mais vous allez le voir avec la bande annonce et le résumé que je vais faire du film juste après, nous sommes loin de la comédie potache à laquelle je m'attendais.

Vidéo de Paramount Pictures France

Il est vrai que la bande annonce indique le sérieux du film pourtant. Mais je ne sais pas, les acteurs présents m'ont laissé penser que ce serait rigolo. Pourtant, rigolo, nous allons voir que le film de Adam McKay l'est. Il est sorti en 2015 (alors que je le croyais plus récent), et est l'adaptation du livre de Michael Lewis "The Big Short : Inside the Doomsday Machine".

Que raconte tout ceci ? Dès 2005, Michael Burry, qui s'occupe de fonds spéculatifs, sent qu'il y a un truc qui cloche avec le système bancaire. Cette histoire de Subprimes lui fait penser que l'immobilier, pourtant sûr comme le rock depuis des lustres, est en fait une bulle prête à exploser. Ce qui pourrait provoquer un effondrement de l'économie mondiale.

Il décide dès lors de "parier" contre ces même banque et leur système qui chutera très certainement en 2007, quand les taux d'intérêts deviendront variables. En parallèle, nous découvrons Mark Baum, qui lui aussi gère un fond spéculatif. Il voue une haine sans faille au système bancaire qui provoqua le suicide de son frère. Il est accompagné par une équipe digne de confiance et verra Jared venir frapper à sa porte (ou, tout du moins l'assistant de celui-ci se trompant de numéro). Jared a les dents longues et sent aussi le vent tourner vis à vis des Banques qui truquent trop les prêts immobilier pour que ça n'explose pas.

Du coup, Mark et Jared vont, après enquête du premier sur les dire du second, aussi "parier" pour une explosion de la bulle financière. Et ce n'est pas fini, car un ultime trio viendra dans l'histoire, Jamie et son ami Charlie sont de jeunes hommes qui ont fait une petite fortune depuis leur garage. Ils ont des idées, mais les 30 millions que pèse désormais leur boîte ne leur permet pas d'intégrer une grande banque, ce qui est leur rêve. Ils tomberont par hasard sur un des dossiers de Jared, et demanderont l'assistance de Ben Rickett, ancien courtier, qui ne supporta plus cette vie et devint écolo-bobo. Cependant la découverte des deux jeunes hommes s'avère plus inquiétante que ce qu'ils croient.

Voilà un résumé hyper mal fait. En vérité, le film est très complexe, tout comme les personnages. Christian Bale incarne un Michael Burry limite autiste (sa passion pour les chiffres notamment) qui écoute du rock à fond. Il est le premier à sentir que l'immobilier est devenu une bulle prête à éclater. Le fait de varier entre tous ces personnages rend le film passionnant malgré une grande complexité dans les termes employés.

Sauf que là où le récit est malin, c'est qu'il sait que nous ne sommes pas issu.e.s de Wall Street, ainsi, on attend 15 minutes à ne rien comprendre avant que le réalisateur ne nous prenne par la main, à l'aide d'un Margot Robbie jouant son propre rôle, dans un bain moussant. L'actrice va nous expliquer simplement ce que le film vient de nous raconter. On comprend tout de suite plus facilement le merdier qu'est cette histoire de prêt AAA, B ou autre.

Le film va, par moment, nous expliquer de façon simple et rigolote, comment fonctionne la finance, et plus particulièrement cette crise imminente. Pourtant, ce n'est pas à travers ces petites pastilles que j'ai le mieux compris à quel point les banque ont merdé, mais bien quand l'équipe de Mark (joué par un Steve Carell impressionnant) va en Floride pour enquêter sur le terrain.

C'est là que nous voyons les maisons non finies. Mais le pire est cette rencontre émouvante avec un monsieur qui vient d'aménager, et qui apprend que son propriétaire a demandé un crédit au nom de son chien… Que dire aussi des deux jeunes qui donnent des crédits au pif, sans vérifier la capacité de remboursement des clients et clientes. Ils indiquent que si ils signent un crédit le vendredi après midi, peu importe la viabilité de celui-ci le lundi à midi il est vendu à une banque.

Ceci est expliqué dès le début du film par Jared. Le personnage interprété par Ryan Gosling brise le quatrième mur dès l'entame, en indiquant comment les banques se sont enrichies. En vendant des prêts immobilier bétonnés, qui donnent des liquidités à celles-ci. Seulement, au fil des ans, nous sommes passé.e.s de prêts viables, sérieux, AAA, incassables, à des Subprimes de type B, où l'on prête de l'argent pas forcément à des gens en capacité de rembourser. Tout ça pour faire toujours plus de cash.

Mais le pire du pire intervient quand, comme Michael l'avait prévu, la bulle menace d'exploser en 2007. Elle ne menace que. Pas de mouvement de la part des agences de notations, ni de l'état. Résultat, les personnages que nous avons suivis jusque là ne comprennent pas et vont mettre le doigt sur une chose encore plus horrible. Tout le monde est pourri. Si les agences de notations ne donnent pas un AAA à telle banque, elle n'a qu'à descendre Wall Street pour trouver une agence qui lui donnera son AAA.

C'est là que Ben, le personnage de Brad Pitt flippera vraiment. Si la bulle éclate, beaucoup de gens vont se retrouver à la rue. Et on en connaît la fin malheureusement. Quand le réalisateur nous explique le merdier des CDO, avec l'aide d'un professeur et de Séléna Gomez, on comprend pourquoi tout ceci ne pouvait qu'aller dans un mur. Et ce qui devait arriver arriva. La bulle éclate, plongeant la finance dans le rouge, et provoquant une crise qui sera mondiale. Faillite de pays en Europe (Grèce ou Islande par exemple), mais finalement les banques n'endosseront pas la responsabilité, et le message final du film est effrayant, vu que les fautifs n'ont pas été condamnés. Tout juste quelques fusibles ont-ils sauté.

Si le film dure presque 2 heures, possède une tonne de personnages, et est parfois complexe à comprendre, il s'avère passionnant à suivre. Le cast est immense et au top. Ryan Gosling, Christian Bale, Brad Pitt, Steve Carell, Jeremy Strong et même une petite apparition de la très belle Karen Gillan. Le scénario qui adapte le roman de Michael Lewis est très malin. Charles Randolph et Adam McKay font un immense boulot ici, pour rendre le tout passionnant. De plus, les passages où le quatrième mur est brisé sont fréquents.

On appréciera cette volonté d'être transparent. Quand Charlie et Jamie trouvent le dossier de Jared dans le hall d'une banque qui les refuse, on nous explique que bien sûr ceci est romancé, et on nous donne la vraie façon dont ça s'est passé. Il est plaisant de voir que téléspectatrices et téléspectateurs ne sont pas pris.es pour des imbéciles. Mais là où le film devrait vous parler le plus, ce ne sera pas quand Margot Robbie vous expliquera simplement des trucs de finances de son bain moussant, ou alors Séléna Gomez jouant au casino, non, ce sera la passage en Floride. Marquant. On y voit les vraies victimes d'une crise qui n'est pas encore présente. Que dire de ce père de famille qui paie son loyer et va se retrouver à la fin du film, à vivre dans sa voiture ? Parce que les banques ont voulu faire du cash, et ont truqué le marché en prenant tout et n'importe quoi.

Tout comme cette danseuse qui indiquera avoir contracté 5 crédits immobilier… ce passage m'a marqué. Si j'avoue ne pas tout avoir compris, j'ai pourtant passé un excellent moment. Il est impressionnant de voir à quel point tout fût truqué. N'oubliez pas que 11 ans après, on paye encore les pots cassés de cette crise dite des Subprimes. J'ai adoré le fait qu'en vérité, on ne s'est pas rendu compte du merdier que c'était, et du cataclysme qui aurait pu avoir lieu. Malheureusement des gens innocents se retrouveront au chômage, voire à la rue, à cause de banquiers ne rêvant que de faire toujours plus de cash.

"The Big Short : Le casse du siècle" est brillant. Pas toujours simple à comprendre, il offre des passages plus légers permettant de décompresser. Mais qui permettent aussi de mieux comprendre ce qui nous est dit. Les actrices et acteurs sont impressionnant.e.s, le scénario brillant, tout comme la réalisation. Une très grosse surprise pour ma part, qui nécessite un minimum d'investissement et de réflexion de la part du téléspectateur ou de la téléspectatrice. Pire, il effraie par moment. Sans parler des passages forts en émotion. Un film à voir, passionnant, j'ai adoré.

@+

P.S. : J'oubliais, les passages "clipesques" permettant de positionner le film dans le temps. Entre image et chanson de la culture pop, c'est là aussi sympa.

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