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Cultivons la curiosité

Godzilla II : Roi des Monstres

Godzilla II : Roi des Monstres

Quand on aime un personnage, voire une saga cinématographique, il subsiste toujours une petite appréhension de voir un nouveau film ajouter une pièce à l'édifice que l'on aime. Après un réjouissant "Godzilla" en 2014, mais qu'il ne faut voir qu'une fois, un "Kong : Skull Island" blindé de défaut, "Godzilla II : King of the Monsters" doit mener vers l'affrontement entre les deux Titans du cinéma que sont Gojira et Kong.

Si Gareth Edwards quitte rapidement le navire, il est remplacé par Michael Dougherty à la réalisation. Bon, je ne connais rien de ce monsieur, du coup nous ne jugerons pas. Cependant, on se doute que la réalisation typique du premier, point de vue toujours à hauteur d'Humain, sera abandonnée au profit du grand spectacle. Encore plus quand on sait que les Titans Mothra, Rodan seront de la partie. Deux monstres qui ont connu des films en leurs noms. La mite en 1961, le ptérodactyle en 1956. Un univers cinématographique, celui des Kaiju Eiga (monstre gigantesque) était né.

Mais l'adversaire iconique si vous suivez la saga est évidemment le monstre de l'espace, King Ghidorah. Une Hydre immense, hyper balèze. C'est elle qui se présente en gros adversaire de notre Godzilla adoré. Du coup, pendant 2h15, quelle sera la place de l'Humanité ici ? Telle est la question. Mais surtout, le film est-il plus proche du désastreux film de Roland Emmerich, du sympathique film de 2014, ou arrive-t-il à atteindre le niveau de certains films de la franchise, comme ceux de 1954, 1984 voire 2016 ?

Vidéo de Warner Bros. France

2014, San Francisco, Godzilla lutte contre le MUTO pour défendre la planète et asseoir son trône de roi des Monstres. Une famille est à la recherche du jeune Andrew, le benjamin. Malheureusement il a péri et ceci provoquera le départ du patriarche des Russell, Mark (Kyle Chandler), qui essaie de garder contact avec sa fille comme on le voit 5 ans plus tard en 2019.

Entretemps tout a changé, la révélation des Titans, que l'agence Monarch pense pouvoir contrôler, fait que les Humains ne savent plus comment prendre ce nouvel ordre mondial. Alors que le gouvernement des U.S.A. aimerait anéantir ces monstres, Monarch, via les docteurs Serizawa (Ken Watanabe) et Graham (Vivienne Hawkins), est persuadé que la survie de l'humanité n'est possible que si on s'allie avec Godzilla.

Emma Russell (Vera Farmiga) et sa fille Madison (Millie Bobby Brown) vont se faire enlever alors que la matriarche a réussi à stopper Mothra grâce à l'Orca. Fonctionnant sur un principe de bio chais plus quoi, onde ou un truc du genre, cet outil permet d'éveiller les monstres titanesques, mais aussi est surtout d'avoir un contrôle minime sur eux. C'est exactement ce que veut faire un groupement écoterroriste afin de redonner à la planète sa verdure d'antan, quitte à éliminer une grande partie de l'Humanité (oui, c'est débile comme principe).

Mark sera appelé en renfort, afin de prêter main forte à Monarch, dans une lutte que l'Humanité pourrait perdre devant le réveil des 17 Titans qui s'annonce. Euh, voilà, en gros le scénario. Je trouve que le film est mieux équilibré entre baston et histoire d'Humain. Déjà, le premier point intéressant, est qu'à l'instar de "Batman v. Superman", on voit les conséquences du premier film. Mark voue une haine sans faille à Godzilla et tous ces monstres. La perte de son fils a brisé son mariage, et il est intéressant de voir que ce personnage fait une sorte de mea culpa en indiquant avoir sombré dans l'alcool et être parti du foyer afin de ne pas choquer sa fille.

De plus, pour rester côté Humain, on notera la présence de nombreux personnages loin du stéréotype offert dans les films. Ici, la Colonel est une femme, afro-américaine qui plus est, on y voit aussi pas mal de femmes fortes, des pilotes, scientifiques, et ceci est appréciable et ne choque jamais. Comme tout bon film Godzilla, les missiles et autres armes de l'Humanité ne peuvent pas grand chose.

Ensuite, au niveau des monstres, je dirai que l'on a droit à un résumé de 65 ans de Gojira. Passant de méchant à gentil, voyant des adversaires à sa taille lui chercher des noises, de nombreuses choses viennent ravir les fans de la saga. Les plus hardcore n'aimeront pas le film, mais oublions les. Car voir qu'un personnage est le descendant des "sœurs" invoquant Mosura, photo à l'appui avec les dates qui correspondent aux films (1961, notamment, est l'année du tout premier film "Mothra" par exemple), purée, quel pied. La genèse de Ghidorah aussi, que je vous révèle un peu plus bas dans une partie spoiler, les thèmes. Argh.

Laissez moi vous parler du score. Immense hommage au travail de IFIKUBE Akira, entendre les premières notes des thèmes de Gojira ou de Mosura, quel pied. Je crois bien que Rodan et Ghidorah aussi possèdent leurs propres réinterprétations des thèmes originaux. Ceci est pour moi la vraie grosse surprise. Certes, les thèmes se retrouvent noyés dans les bruitages, mais quel plaisir d'entendre les premières notes et de savoir immédiatement que c'est Mosura ou Gogo. Les bruitages aussi rendent un superbe hommage aux premiers films. Si la scène post générique est... bof, entendre, après une chanson rock Étasunienne rigolote, un enchaînement de "Mosura's theme" et "Gojira's theme" fera passer le générique à une folle allure. Quel pied d'entendre ces 2 thèmes au cinéma. Même si celui de Gogo possède un tempo accéléré. J'ai kiffé.

SPOILER Désormais, nous allons aborder un passage contenant des spoilers, avant la conclusion. Déjà, ce film est blindé de références aux films précédents. Ainsi Ghidorah est un monstre Alpha venant de l'espace. Il est l'ennemi qui essaie de prendre le trône de Godzilla en dominant tous les Titans. Seul Rodan prêtera vraiment main forte à l'Hydre, mais ceci suffit à rendre le combat haletant. L'évolution de Mothra est aussi logique. Mite puis papillon de nuit, elle n'est pas très puissante, mais aidera Godzilla qui s'avère être son.. mari.... putain.

SPOILER Seul gros faux pas du film visible lors du premier visionnage, le fait de faire de Mothra une souveraine et Godzilla un roi est un peu pathétique. Heureusement le film n'insiste pas trop là dessus. Ensuite, lors des bastons qui sont épiques, on constate que Godzilla coupe une tête. Qui sera récupérée en fin de film par l'écoterroriste. Tête qui se régénère. Sympa. Mais le plus intéressant reste les deux passages que je vais vous énumérer rapidement.

SPOILER Déjà, vers le milieu du film, l'Humanité n'est pas si désœuvrée que cela, vu qu'elle utilisera une arme destructrice pour vaincre Godzilla et Ghidorah. Un certain destructeur d'oxygène. Oxygen Destroyer. Si ce nom ne vous dit rien, allez vite regarder le film de 1954. Merci. C'est tout simplement l'arme ultime développée par le professeur Serizawa dans le film de HONDA Ishirô qui détruira Gojira. Et ici aussi elle fait la même chose. Cependant le monstre arrivera à survivre comme nous le verrons un peu plus tard. Et là le Docteur Serizawa du film étasunien se sacrifiera, comme celui de 1954, mais pour faire revivre Godzilla grâce à une explosion nucléaire. Je me demande même si les plans ne sont pas proches. Peut importe, grosse émotion.

SPOILER Dès lors Godzilla va aller voir les Humains et expliquer qui est-ce qui fait le café ici. Ceci ne veut rien dire, mais il indique qu'il prend les choses en mains, enfin, en pattes, et que ça va chier pour le cul de Ghidorah. Dans les deux sens du terme, vu que Gogo approche de la fusion nucléaire. Comme dans "Godzilla vs Destroyah". Alors que j'avais bien aimé les notes du score qui rappelaient les anciens films, alors que les évolutions et origines des monstres étaient toutes aussi bonnes, voir qu'ils ont pensé à faire entrer Godzilla en fusion, avec décompte, a fini de me ravir. Quel pied. Ce mélange de bleu et rouge, le fait que Ghidorah (devenu King Ghidorah ou Roi Ghidorah en VF...) se fasse défoncer le cul (non sans avoir tué Mothra avant), quel pied.

J'ai fini le spoil et vais débuter la conclusion. Le film est généreux, mais possède un soucis de lisibilité. La faute à une photographie trop sombre mais aussi un subterfuge bien chiant. En effet, les combats ont lieu avec un temps merdique, ou avec une visibilité relative. Ainsi le premier combat se déroule dans la neige. Godzilla apparaît aussi sous l'eau, offrant une scène de jump scare à la "Les dents de la mer". Mais surtout Ghidorah affectant la météo, soit il y aura de la poussière, ou une pluie battante, afin de justifier cette photographie sombre. Par moment, la caméra remue, rendant l'action illisible, et certains fonds verts sont dégueulasses. Pourtant ça fonctionne bien.

Sauf que normalement, un Godzilla, c'est de la destruction massive, de la foule en panique. Ici, nous en aurons, mais peu. En fait, niveau destruction de ville, on aura une grande ville des U.S.A., une petite ville mexicaine, et les labos de Monarch. Le reste n'étant visible que sur des écrans radars. Alors oui, Rodan soufflant le village du Mexique, c'est impressionnant (et rappelle même certains films de la franchise ou Gamera), mais seul la baston finale se déroule en ville. Et encore, là, le peu de personne vivante ont un cul bordé de nouilles, c'est effrayant.

Pourtant, c'est efficace. Les images somptueuses sont nombreuses, et le différentiel colorimétrique est bluffant, offrant des plans iconiques et jouissifs. On perd du charme maladroit des combats des hommes en costumes ce que l'on gagne en spectaculaire. Bon, honnêtement il y a des disparitions Humaines que l'on ne comprend pas trop, mais les 2 sacrifices sont superbes. Une fois de plus c'est accompagné par une musique osant rendre hommage aux anciens scores, tout en apportant une touche forte avec des chœurs. Frissons garantis.

Bon, je reconnais que hormis Serizawa, on se moque un peu des autres personnages. Ah, non, Madison est une ado intéressante aussi, capable d'agir. Et ce putain de sourire qu'elle fait quand elle voit Godzilla arriver pour péter la gueule à Ghidorah, quelle classe. Si ce film n'est pas mauvais, je dirai même que je le trouve supérieur à celui de Gareth Edwards, il n'est pas exceptionnel non plus. Seulement, que demander de plus aux Étasuniens ? Franchement, je pense que c'est ce que peut faire de mieux Hollywood, et moi, je prends. Arriver à condenser 65 ans et 33 (ou 34) films en 2h15, en offrant des petites choses aux fans, une fois de plus, je prends. Dans le Monsterverse de Legendary Pictures, voilà un porte étendard bienvenu. J'ai aimé sans adorer. Le film reste puissant, iconique, plaisant. Encore meilleur que "Rampage : Hors de contrôle", "Godzilla II : King of the Monsters" est un blockbuster kiffant, que pourtant les fans les plus hardcore de la série détesteront, et selon moi, ils auront torts. À voir, au cinéma bien entendu, et à revoir en BluRay.

@+

PS : Dernier point, et pas des moindre, j'ai oublié de parler de l'utilisation intelligente de Ghidorah et ses trois têtes. Celle du milieu étant la cheffe et cherchant à se faire comprendre des autres en les "grondant". L'idée est superbe j'ai trouvé. Malheureusement je m'en suis souvenu trop tard pour l'intégrer dans mon texte...

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