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Cultivons la curiosité

Poltergeist

Poltergeist

En 1982 arrive en salle obscure l'un des films les plus terrifiant de cette période pourtant propice aux films d'horreur. Après avoir conquis le monde avec son "Massacre à la tronçonneuse", Tobe Hooper enchaîne par deux jolies productions horrifiques, mais de série B, que sont "Le crocodile de la mort" et "Massacre dans le train fantôme" dont le titre Français sent le marketing de débile (le titre original est "Funhouse"). Mais passons. Avec "Poltergeist", le réalisateur Texan aura l'honneur de porter à l'écran un scénario de Steven Spielberg, Michael Grais et Mark Victor.

Le film ne parlera pas d'un gentil Casper, mais bien d'un esprit frappeur, comme son nom de "Poltergeist" l'indique. À savoir un fantôme, qui va d'abord fasciner, puis terrifier la famille Freeling. Dans ce film, nous trouverons pas mal d'influence d'un autre film effrayant qu'est "L'Exorciste" de William Friedkin. Plongeons la tête dans une bonne vieille télé cathodique pour un spectacle montant crescendo vers l'horreur, durant 1h55.

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Cuesta Verde, une banlieue Californienne parfaite, est en train de se développer massivement. Le train de vie Étasunien parfait donc, pour des gens parfaits, beaux, jeunes. On retrouve une idée de la zone pavillonnaire chère à Steven Spielberg, les premières images rappelant "E.T. L'extraterrestre" qui sortira la même année. Les Freeling ont tout pour eux, 3 beaux enfants, Dana, l'ado, Robert le jeune garçon et Carol-Anne la petite dernière. Ils vivent heureux et le travail de Steven, qui est chargé de vendre les futures maisons de cette ville nouvelle, assure l'avenir de la famille.

Un soir, alors que les programmes se terminent à la télévision et que le paternel s'est endormi devant celle-ci, Carol-Anne est attiré par la neige diffusée par l'antique tube cathodique. Elle entend des gens à travers le poste de télé, et si la jeune fille réveille la famille, cette dernière ne prêtera pas grande attention à cet évènement. Le lendemain, rebelotte, sauf que cette fois-ci un gros tremblement de Terre se fera ressentir. Mais la famille ne cherche toujours pas du côté fantastique.

Jusqu'à ce que Diane, la mère, constate d'étranges phénomènes dans la cuisine. Les meubles se déplacent seuls. Et c'est excitée qu'elle montrera le mouvement régulier que font ceux-ci. Même les humains suivent ce trajet, que la femme a marqué au sol. Dès lors, les Freeling s'en amusent, allant même jusqu'à importuner leurs voisins pas très sympathiques pour savoir si ils sont les seuls à avoir ce genre de phénomènes.

Cependant, après l'excitation, et devant le fait que, pour le moment, ils ne trouvent pas d'explications rationnelles, personne ne sera autorisé à entrer dans la cuisine. Puis vient un soir d'orage comme il en passe tant dans la région. Cette fois, l'arbre menaçant qui faisait peur à Robert, décidera, comme ça, de saisir le jeune garçon en brisant la vitre de la chambre, et il essaiera de le "manger". Heureusement son père le tirera des griffes de ce drôle de monstre. L'arbre finira loin, engouffré par une tornade qui cessera toute activité une fois celui-ci déraciné.

Ce que personne n'a vu venir, c'est que dans la panique, Carol-Anne a disparu. Et après des recherches infructueuses, les Freelings constateront qu'elle est passée sur un autre plan que le nôtre, le plan astral où réside les fantômes. On apprend cela avec une communication dingue à travers le poste de télé. Dès lors, une équipe de choc de parapsychologue interviendra. Un peu à la "Ghostbusters", ils ont un équipement de pointe (pour 1982) et constaterons qu'effectivement, ce n'est pas un canular.

Avec tout ce monde, nous assisterons, médusé, à l'apparition d'un spectre qui ne fera que passer en fait. Ce n'est qu'un peu plus tard que Steven apprendra que la banlieue est construite sur un ancien cimetière, ce qui peu expliquer pourquoi il y a une telle activité astrale. La docteur Lesh promet de ne pas abandonner la famille Freeling et de revenir rapidement avec une personne capable de délivrer Carol-Anne.

Arrive ainsi une scène rappelant "L'Exorciste", où Tangina doit faire le tour de la maison et donnera de précieuses indications, comme le fait qu'une "Bête" fait tout pour obtenir l'énergie de Carol-Anne. Dans une nouvelle scène dingue, on verra le sauvetage de la jeune fille prendre place. Une opération qui sera un succès, Tangina déclarant la maison saine.

C'est alors que les Freeling s'apprêtent à déménager que la "Bête" tentera un ultime assaut, quitte à faire ressortir tous les cercueils enfouis sous la future ex-maison des Freeling. Dans une scène intense, on n'aura jamais le temps de respirer, les horreurs s'enchaînant à un rythme asphyxiant, se concluant par une "implosion" de la maison.

Ce film débute tranquillement. Difficile de croire que nous sommes face à un film d'horreur, surtout qu'il y sera question de jouer avec nos peurs enfantines, comme ce Clown un peu trop effrayant alors que c'est un jouet, ou alors les formes bizarres d'un innocent arbre. Quand les esprits se montrent, ils ne semblent pas mauvais, déplaçant les meubles, faisant des arcs électriques inoffensifs, bref tout va bien. Jusqu'à l'attaque de l'arbre, qui permettra à la "Bête" d'enlever Carol-Anne. Une scène effrayante, intense, et qui marque. Aussi bien du côté de cet arbre vivant, que de la chambre dont le placard "aspire" la petite fille.

Après cela nous assistons au désarroi de la famille devant la disparition de leur fille. Mais aussi de leur volonté indéfectible, comme nous le verrons lorsque la médium arrivera pour assainir la maison. Les effets spéciaux étaient assez efficaces, mais sentaient les années 80 quand même (quand un des membre de l'équipe voit son visage se décomposer par exemple), sauf que quand on verra le spectre, là c'est vraiment flippant et ça fonctionne. Que dire aussi de l'image de la "Bête", que ce soit quand on ne voit que sa tête en grand, ou entière, waouh.

Alors que l'on est déjà pas mal atteint par toutes ces images, arrive le final avec ces cadavres surgissant de leurs cercueils. On les croit même vivants alors qu'il n'en est rien. Si on combine ça avec un temps pluvieux de merde, je vous garantis que les 10 dernières minutes sont marquantes et vous refileront une flippe rarement ressentie devant un film.

Elle est là la prouesse de ce film. Nous faire peur. Arriver à jouer avec nos peurs d'enfants (quand Robert regarde sous le lit par exemple, ou l'orage, ou le placard...), tout en proposant des images spectaculaires qui fonctionnent encore aujourd'hui malgré quelques effets datés. Il est difficile de ressortir de ce film indemne, et encore plus difficile d'en rire. Car si chez les Vendredi 13, Halloween ou autres films d'horreur pour ado, on se marre presque de voir des abruti.e.s se faire buter par un personnage immortel, ici, il n'en est rien. Les gens sont normaux, réagissent normalement, et n'avaient rien demandé de plus que de vivre convenablement dans un joli pavillon. Et l'horreur leur tombe dessus.

Heureusement que je n'ai pas vu ce film dans ma jeunesse, déjà que je trouvais les séries "Au delà du réel", "La quatrième dimension" ou "Les contes de la crypte" choquantes quand j'avais 12 à 16 piges, ici c'est tout ça puissance 1000. Le téléspectateur et la téléspectatrice ne sont pas épargné.e.s. On montre tout, et le tempo varie pour faire monter le rythme cardiaque lors des moments d'horreur. Même le fait que ce soit une télé cathodique arrive à effrayer alors que ça pourrait faire rire. De plus, on nous fait peur sans jamais montrer de sang. Oui, il y a l'espèce de confiture de framboise quand on revient du monde astral, mais on a plus l'impression de voir de la chair bouillie que du sang. Un tour de force qui mérite d'être découvert, en préservant les âmes sensibles cependant, car ce film peut provoquer des cauchemars. J'ai adoré, à voir au moins une fois donc.

@+

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