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Cultivons la curiosité

LEGO Ninjago : Le film

LEGO Ninjago : Le film

Alors aujourd'hui ce sera une petite chronique. Voilà ainsi le troisième film estampillé "LEGO" qui sort au cinéma en 3 ans (le film date de  2017). Pire, il sort la même année que "LEGO Batman, le film". Cette fois-ci ce sera une itération se concentrant sur NinjaGo, le nom de la ville sans cesse attaquée par l'immonde Garmadon. Heureusement les 6 Ninjas aux couleurs reconnaissables, sont tout le temps sur le chemin du méchant et ses sbires. On découvrira même que, comme pour la météo, une émission donnera des prévisions sur les attaques de Garmadon à venir. Ce film est co-réalisé par trois personnes et écrit par cinq personnes. Bonjour le merdier. Sur le même principe que "La grande aventure LEGO", on retrouve les jouets Danois représentés de façon réalistes en images de synthèse. Comprenez par là que l'on croit en une technique de stop motion, mais il n'en est rien. Le principe reste bluffant tout de même. Oh, mais regardons la bande annonce avant de parler rapidement du scénario.

Vidéo de Warner Bros. France.

Donc, Lloyd Garmadon a un nom difficile à porter. Il est en effet le rejeton de la Némésis des habitants de NinjaGo. Du coup, tout le monde le fuit. C'est encore plus difficile au lycée (le film débute le jour de ses 16 ans), seulement il peut compter sur des amis. Entre le pétochard, la tête brûlée, le DJ, l'Androïde, et euh, le mec cool, il est quoi Rouge ici, cool je crois, je ne sais plus. Avec ses amis donc, Lloyd forme une unité d'élite de Ninja qui boute sans cesse hors de la ville Garmadon est ses sbires. Ils sont assistés par des armures, plutôt des engins gigantesques, dans lesquels chacun prend sa place. Il y a l'eau, le feu, la glace, la terre et la foudre. Lloyd étant ... vert. Oki, cool.

Après avoir fait subir une énième défaite à Garmadon, le méchant pète un câble et conçoit (fait concevoir) une arme ultime, qui lui permettra de prendre enfin NinjaGo. Seulement un monstre plus puissant sera lancé dans les rues déjà amochées de la grande ville. Garmadon et les Ninjas vont devoir s'associer afin de trouver l'arme ultime ultime (non, je n'ai pas fait d'erreur, c'est en double). Ce qui permettra à Lloyd et son papounet d'apprendre à se connaître.

Voilà. Putain, scénario à cinq personnes. Sans rire. Le film débute par une bonne intention, montrant les héros dans leurs quotidiens, avec des passages hilarants pour le coup. L'action qui arrive est intense, trop même. On se croirait devant un film de Michael Bay, on ne pige rien, ça pète de partout, enfin, les pièces volent de partout plutôt, mais c'est tout de même kiffant. L'humour fonctionne bien, quoique par moment ça ne vole pas haut. On sent une volonté de n'être pas trop con avec cette histoire du rebut qui sauve la ville sous une autre identité et qui vit mal son lien de parenté avec le grand méchant.

S'ensuit la scène du QG des méchants, avec un passage marrant aussi, bien foutu. Et la prise de NinjaGo avant l'arrivé du terrible monstre. Ensuite, il y a cette quête initiatique qui vient tout briser. Le film fonctionnait bien, puis il ralentit violemment. On devine dès lors que le méchant va se repentir, non sans mal, enfin bon, la fin est toute tracée. Et c'est dans cette dernière heure que j'ai décroché. L'action et l'humour étaient arrivé à me tenir en haleine, puis là, d'un coup, le scénario devient con, mais con.

On verra ainsi Lloyd et son père enfin arriver à nouer des liens. La scène du "lancé" est à chier, mais à chier, c'est dingue. Les combats retombent un peu dans l'anonymat et on se retrouve à s'ennuyer. Même les scènes d'émotion ne fonctionnent pas, comme quand Gardamon veut apprendre à piloter à son fils alors que ce dernier sait faire ça depuis longtemps. Le coup de l'arme ultime ultime est aussi téléphoné qu'une pétasse sans shampoing (ce qui ne veut rien dire et est gratuit de ma part, désolé). Nope, rien ne fera remonter le niveau d'un film qui s'enlise inexorablement dans la pauvreté, à la fois narrative, mais aussi visuelle. Ne manquant pas de faire bailler les (télé)spectatrices/teurs.

Je n'ai pas parlé de la présence de Jackie Chan volontairement. Il n'est pas là qu'à titre de voix, vu que comme pour "La grande aventure LEGO", il y a des humains dans ce film. Au début et à la fin. Histoire de justifier cette histoire qui fait office de conte, que dis-je, de fable plutôt. Jackie Chan impliquera aussi sa propre équipe de cascadeurs pour les chorégraphies des combats LEGO. Qui sont sympas hein, mais trop peu nombreux malheureusement. D'ailleurs, au niveau du cast vocal, pas d'immense star autre que Jackie Chan. Bon, oui, il y a Dave Franco et Michael Peña, mais c'est tout.

En français, la façon dont j'ai vu ce film, des voix connues, sans avoir des noms célèbres. La seule personnalité est Teddy Riner, et il s'en sort bien. Rien ne choque dans cette VF propre avec une équipe expérimentée. On retrouve évidemment William Coryn, qui prête une fois de plus son timbre à Jackie Chan. Forçant un peu trop l'accent chinois je trouve, il reste impeccable. Au niveau du son, c'est impeccable, hormis les musiques pop mielleuses, allant jusqu'à censurer le refrain de "Hard Knock Life" de Jay'Z (ici dans une version réinterprétée par je ne sais pas qui). Pas de coup de pied au cul à la place des bisous. Dommage, en VF ça serait passé crème. Sinon, le reste des musiques sont des chansons pop faisant un gros boum boum, se posant bien sur l'action, mais il n'y a rien d'exceptionnel.

En terme de technique d'animation, si on passe outre la réalisation Bayesque, c'est beau, fluide, et ça impressionne. Comment ne pas revoir des images des films "Godzilla" lorsque la caméra se pose à hauteur de figurine devant des mastodontes hauts comme des immeubles. Allez, petit défaut, on ne ressent pas la lourdeur nécessaire à provoquer l'angoisse, mais comme le film est destiné à un jeune public, mieux ne vaut pas être trop anxiogène, ceci j'arrive à le comprendre. Comment aussi ne pas retomber en enfance devant ces empilements gigantesques de LEGO. La magie LEGO opérera toujours sur moi. J'ai été éduqué par Dorothée, les Jeux vidéo et les LEGO. J'aurai dû tourner sociopathe, surtout que maintenant je me mets à écouter des idols du Japon. Vu de l'extérieur, j'ai toutes les tares. Vous donnez mon profil à un agent du FBI, il vous dira que je suis un pervers violent capable de tuer une mouche d'une seule main. Et violeur aussi. Pourtant non. Je me sens plutôt équilibré, et ce n'est pas parce que je n'ai pas fait rencontrer l'homme de sa vie à la femme de ma vie, qui je suis un objet dangereux. Ou un homme, je n'ai jamais essayé, mais je n'ai pas envie. Putain, chuis parti en live là, pardon. Mais voir ce monde animé me fait retomber en enfance, j'en achèterais presque des boîtes LEGO si ce n'était pas aussi cher et encombrant. Niveau merdouille chère et encombrante, je préfère encore les amiibo. Putain, encore un truc dangereux, le mec a plein d'amiibo chez lui, je suis foutu.

En gros, une fois passé l'introduction bien pourrie, cherchant à justifier l'histoire, le film se lance à la perfection, parlant presque du harcèlement scolaire voire social. On en prend plein la tronche, parfois c'est gerbant, mais tout de même kiffant. Puis arrive la deuxième partie. Merdique. La quête initiatique et le père découvrant son fils emmerde comme ce n'est pas permis. Dès lors le film s'embourbe dans un récit dont on connaît déjà la fin. Pire, on se prend une fin assez débile, cherchant à conclure la fable, mais se viandant comme un gosse qui apprend à faire du vélo sans ses roulettes. En gros, il y a une excellente demi-heure (si on zappe les 5 premières minutes), puis on s'ennuie. Pourtant la technique utilisée sur "La grande aventure LEGO" et "LEGO Batman, le film" est excellente. Le problème est que ces films étaient orientés pour un public assez adulte. Le premier film parlant du conflit générationnel, et le deuxième faisant jouir les gruicks et les giclettes, avec une représentation exaltante des héros et héroïnes de la pop culture. Ici, il n'y a rien à voir, ceci est une grosse déception. J'en suis à me demander si même les mômes aimeront. Regardez les deux films mentionnés dans cette conclusion et oubliez celui du jour. Bof et ennuyeux.

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