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Cultivons la curiosité

Cars : Quatre roues

Cars : Quatre roues

Alors que nous sommes en pleine semaine cinéma d'animation, c'est la première aventure de Lightning McQueen que nous allons voir. "Cars : Quatre roues" (prends moi pour un con avec ce titre, pas de problème) est co-réalisé par John Lasseter et Joe Ranft et sort en 2006. Quand je critique le titre français, c'est sans compter sur l'imagination de nos cousin.e.s Québecois.es qui eurent droit à un "Les Bagnoles" absolument magnifique. Enfin bon. Donc, comme toutes les productions Disney/Pixar, les personnages auront droit a un joli cast vocal. Paul Newman restant le plus impressionnant tout de même. Le héros, Lightning McQueen est doublé par un Owen Wilson méconnaissable. Michael Keaton sera aussi de la partie, et nous aurons droit à un caméo de Michael Shumacher en toute fin de film.

Vidéo de Pixar-Planet.Fr.

Mais que raconte-t-il au juste ce film ? Dans un monde où la voiture est reine, les courses de Nascar vont bon train, la Piston Cup est en quelque sorte le meilleur championnat du monde (oui, j'affabule je sais), et cette saison est magnifique, la dernière course va débuter, ils sont trois à égalité, trois pour un titre. Le vétéran dit le King, qui signe sa dernière saison et est le tenant du titre, son éternel rival, Chick Hicks, Raymond Poulidor de cette course, qui rêve de vaincre enfin son adversaire. Reste Lightning McQueen, le nouveau venu, ou Rookie comme ils disent là bas, il a la fougue de la jeunesse, la prétention aussi, la voiture est incapable de travailler en équipe. Tout ce petit monde, au terme d'une dernière course épique, va devoir participer à une ultime épreuve, incapable de les départager, la commission décidera d'organiser une grande finale à trois, en Californie, afin de déterminer le champion.

En cours de route, Lightning pousse Mack, son camion le transportant et faisant aussi office de garde du corps, à rouler toute la nuit. Résultat, par un hasard bizarre, le héros se retrouve au milieu de nulle part, avec un Mack qui est parti au loin. Dans ce trou perdu qu'est Radiator Springs, il sera contraint de faire un travail d'intérêt général (il a détruit la route en arrivant en ville), risquant de compromettre sa participation la semaine suivante à l'ultime course de la saison. Dans ce patelin paumé, il y apprendra à être modeste et à accepter l'aide des autres.

Voilà. L'histoire, dite ainsi, n'est pas très réjouissante et paraît gamine. Seulement, c'est plus subtil que cela. En effet, Lightning est une véritable tête à claques, prétentieux comme pas permis, il se pavanera devant les caméras, un peu comme une pseudo star de télé réalité. Mais la scène introductive du film est en fait ce qui devait être la dernière manche de la saison. Là, les images sont magnifiques, le son est puissant, et on se retrouve dans la course. Alors oui, il y a des passages abusés, mais dans l'ensemble, la retranscription d'une course est spectaculaire et offre son lot de sensation, d'entrée.

On passera sur le fait que les voitures peuvent accélérer d'un coup, et qu'au final la physique avec gestion de l'aspiration et autres dérapages, sont mal fichus. Ceci reste un divertissement. Au début, on déteste presque Lightning. Encore plus quand il pousse Mack à rouler afin d'arriver le premier en Californie pour commencer à séduire Dinoco, dont il souhaite faire partie de l'écurie pour avoir gloire et argent. Ici, on nous montrera que l'assoupissement au volant est dangereux, et même si ce sont des espèces de bagnoles mal tunées, mal customisées pardon, qui feront leurs "racailles", on devine que cette aventure n'aurait pas eu lieu sans le fait que le héros ne pousse son "conducteur" à bout de fatigue.

Car on le déteste encore plus quand il arrive à Radiator Springs. Il faut reconnaître qu'il tombe chez les bouseux aussi. Radiator Springs est une ancienne ville prospère située sur la mythique Road 66, qui a vu la voie rapide Interstate 44 faire sombrer dans l'oubli cette petite ville pourtant sympathique. Allant même jusqu'à faire disparaître la ville des cartes routières. Cependant de nombreuses surprises attendent Lightning (au fait c'est Flash en français), à commencer par la présence du canon qu'est Sally, une magnifique Porsche qui en a eu marre de sa vie citadine d'avocate et a trouvé ici un calme lui convenant parfaitement. Les autres surprises, à vous de les découvrir.

J'avais vu ce film en VF en DVD quand il est sorti en vidéo, et je n'avais pas trop aimé. Allez savoir pourquoi. C'est vrai que les campagnards passent pour de gros bouseux, mention spéciale pour Mater/Martin, le pur bouseux par excellence. Certes, on nous montre que les gens de la campagnes ne sont pas si arriérés que cela, mais ça m'avait gêné. Maintenant, bah j'aime bien. J'ai même été surpris pendant 1h56 que le film dure. Déjà, le monde est sans humains, les prémices de "Planes" sont déjà là, logique, vu que ça se déroule dans le même univers. Le principe des yeux dans le pare brise, mine de rien, c'est une sacrée trouvaille, vu qu'en animation, les véhicules avaient les yeux à la place des feux. On se demande même comment scénaristes et autres personnes du septième art n'y avaient pas pensé avant.

Le fait que le monde soit exempté d'humain, ne signifie pas qu'il est sans humanité. Ici, plusieurs problèmes seront abordés, rendant le film passionnant pour tout le monde, même les adultes. Le star system en premier lieu. Ici sur les courses mécaniques, mais on peut le mettre aux milieux sportifs, Football en Europe, Basket-Ball aux USA, Base-Ball au Japon, Cricket en Inde, et ça fonctionne. Tout comme le milieu artistique le plus "starisant", le cinéma. Le jeune aux dents longues, qui sait qu'il a du talent et a donc une prétentieux malvenue. Le coup des publicités, mais aussi la ferveur que cela engendre. Même si au final, on se mange une morale jolie sur le sport, comment dire, enfin bon, il faut voir la dernière course pour comprendre, la morale finale est belle, mais un peu bizarre, on voit ce genre de geste dans le sport, mais ils sont rares tout de même.

Au delà de cette critique du star system et des jeunes sportifs et sportives que l'on mène très haut dans le ciel, il y a aussi ces campagnes isolées par une volonté des gens de gagner du temps. Le coup de l'autoroute est flagrant, allant jusqu'à faire disparaître une ville des cartes. La dichotomie entre vie faste des stars et plus paisibles, voire ennuyeuses, en campagne, est flagrante. Le gros défaut vient du fait que les campagnards possèdent le bon rôle. Alors que l'on sait toutes et tous que les citadin.e.s ne sont pas toujours les bienvenues en Province. C'est cette aspect trop manichéen qui est chiant en vérité. On se prend d'empathie pour ces habitants paumés, qui s'occupent et s'amusent comme ils peuvent. D'ailleurs, il faudra m'expliquer en quoi effrayer ce qui s'apparente à des animaux, est rigolo ? La scène où Mater emmène Lightning "jouer" avec des tracteurs faisant office de bovins est à chier. Elle fera rigoler les plus simplets et simplettes, ou les plus jeunes, mais sinon je ne comprends pas cette scène. Vous me direz qu'avec Franck, ils se prennent une belle frayeur, mais je n'ai pas du tout aimé cette scène.

C'est peut-être là mon gros problème avec ce film. Si à la fin, Lightning sait savourer ce qu'il a, se contente de ses amis, de ses sponsors bouseux, la campagne y est décrite un peu trop comme arriérée. Les gens sont rouillés (donc sales) et s'amusent d'un rien. Certes, c'est une magnifique histoire où le héros doit apprendre à être modeste, doit garder ses roues sur Terre (j'ai voulu faire une blague foireuse avec "pieds sur Terre") et savourer les petites choses qu'il a déjà. Donc oui, le message est joli, le film est beau, réussi, avec ses phases de courses spectaculaires, offrant une bonne dose d'action. Mon gros problème vient du fait que l'émotion est inexistante. Pas un moment vraiment touchant, où l'on se retrouve avec une larmichette. Ah, le dernier accident, euh, bah non en fait, on n'a pas le temps de vraiment comprendre ce qu'il se passe en vérité.

Mais mon vrai gros problème intervient avec un personnage que j'ai peu cité, pourtant sorte de sidekick de Lightning, je parle de Mater/Martin. Ce personnage, c'est simple, c'est Franck Ribéry. C'est le mec rigolo, un peu con, qui s'exprime comme une merde, et dont on aime se moquer gentiment. Sans vraiment le détester en plus. C'est ça qui est dingue. Honnêtement, enlevez le du film, désolé, mais pour moi, il ne manquerait pas. Certes, il y a des gags qui ne feraient pas rire les enfants, car c'est avant tout pour eux qu'il est là, mais je ne l'aime pas. Pour l'image qu'il dégage des bouseux. C'est ça en fait, il a une image de bouseux que les citadin.e.s s'empresseront de généraliser. Bref, lui je ne l'aime pas du tout.

Au final, nous avons là un film magnifique, prenant aux tripes dans ses phases d'action, avec une morale sympathique quoique simpliste. La plupart des personnages sont touchants, certains sont trop stéréotypés (Mater/Martin par exemple). Si vous avez peur de passer presque 2 heures devant ce film, sachez qu'il passe à une vitesse folle. Rooh, la blague moisie. Désolé. J'ai bien aimé.

@+

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