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Cultivons la curiosité

Mission : Impossible

Mission : Impossible

Trente années furent nécessaires pour voir une adaptation sur grand écran d'une des séries les plus marquantes des années 60. Qui n'a jamais entendu le thème de celle-ci, que ce soit l'original ou les versions plus modernes servant à la série de films ? La mèche qui s'allume, le son entrant immédiatement en tête, le message qui s'autodétruit. Que de choses désormais cultes. Alors que James Bond a fait un retour remarqué en salle l'année précédente, Tom Cruise se lance aussi dans le film d'espionnage en 1996. Aussi bien en temps qu'acteur que producteur, le scientologue ne lâchera pas le filon M:I, en 22 années ce sont 6 films qui sortiront, le prochain arrivant début août 2018 en France.

Alors pour cette semaine spéciale film (vous noterez que le "culte" a disparu), verrons-nous les 6 films ou alors y aura-t-il tricherie ? Un indice, vous le saurez mercredi à 18h00. Ce n'est pas l'absence de films cultes dans ma vidéothèque qui m'a poussé à faire cette semaine spéciale "Mission : Impossible", mais bien la volonté de voir le prochain "Mission Impossible : Fallout" au cinéma. Pour ce premier film, Tominounet a choisi un maître du suspense en la personne de Brian De Palma, mais aussi du cinéma décomplexé, "Scarface" ou la première adaptation de "Carrie". Regardons ce que cela donne avec le trailer. C'était la première fois que je voyais ce film en VOSTFr.

Vidéo de Forever Cinematic Trailers.

En version originale c'est savoureux, grâce à la présence d'un cast Français en la présence de Jean Reno et Emmanuelle Béart. Tom Cruise le producteur avait expliqué à l'époque qu'il voulait faire de M:I un film international. Reconnaissons lui ce bon point, ce sera la cas pour tous les épisodes. On se souvient de l'effondrement du Kremlin dans "Protocole Fantôme" ou la scène des tours en Malaisie. Cette volonté de parcourir le monde donnera lieu à des incohérences hilarantes pour les Européens que nous sommes, mais l'effort est louable.

Bon, je ne vous fait pas l'affront d'expliquer que "Mission : Impossible" est une série de 1966 mettant en scène l'agence d'agent secret de la CIA, nommée IMF en VO. Avec le fameux "si vous ou un membre de votre équipe venait à être tué ou capturé l'agence niera avoir eu recours à vos services". Et le film respecte peut-être un peu trop le matériaux d'origine. Chose surprenante, le générique du film (avec la chanson bien connue, enfin musique plutôt) montre de courtes images du film à venir, comme la série. Quand on sait comment Tom Cruise va remodeler les attributs de la série en 2000 en dirigeant John Woo, le grand écart fera un choc.

Car oui, la présence de l'acteur à la production n'est pas anodine, et on sent le pouvoir que le scientologue possède dans l'orientation de son personnage. Je n'irai pas jusqu'à dire qu'il essaiera de toujours paraître beau classe et gentil, mais on sent que Tominounet veut presque s'acheter une image à travers cette saga. D'ailleurs les films seront souvent moqués car c'est Tom avant tout le monde, et pourtant l'immense et génial Ving Rhames fait parti des films depuis le début, mais c'est presque si on ne s'en souvient pas.

Pourtant, malgré cette emprise du producteur, les réalisateur arrivent à mettre leurs touches personnelles. Ici Brian De Palma en fera un polar sanglant avec la dose d'action nécessaire à ravir la superstar Cruise. Pour un coup d'essai, le cast est exceptionnel. Jon Voight, Kristin Scott Thomas viennent compléter celle et aussi ceux déjà cité.e.s.

Pour résumer, le film débute par une mission classique, récupérer la moitié d'une liste pour empêcher des méchants de débusquer tou.te.s les agents de l'IMF. La mission débute par un interrogatoire stressant, avec mise en scène et masque. L'effet sur ces derniers est bluffant, aujourd'hui encore. Le montage et la photographie permettent de faire illusion, et la magie opère. On retrouve aussi les gadgets. Mais l'histoire avant. Donc ils obtiennent un nom, et donc là c'était à Kiev, et voilà l'équipe contrainte d'aller à Budapest. C'est là que le plan va mal tourner.

Tout fonctionnait comme sur des roulettes, mise en place des gadgets, piratages de l'ascenseur pourtant sécurisé. l'équipe s'assure même que la disquette est bien la bonne. Mais la cata arrive vite, très vite, tout le monde se fait tuer, et Ethan Hunt (je n'avais même pas cité le nom du personnage principal dites donc) se retrouve seul survivant, ce qui fait que l'agence est certaine de son implication en temps que taupe (appelez Patrice Evra vite). Après s'être enfuit de façon gumesque (aucun lien avec Luffy de "One Piece", quoique), on se rend compte de certaines choses, que je ne révélerais pas. Mais Ethan décide de refaire une équipe avec les parias de l'IMF. Et voilà tout ce monde engagé prêt à aller voler la seconde partie de la liste dans la siège de la CIA. Carrément ouais.

Ici, Brian De Palma joue de virtuosité niveau suspense, à travers ses plans et le montage. Si vous n'avez pas vu le film, c'est ici que Ethan est suspendu à un filin dans une salle blanche et qu'il rattrape une goutte de sueur à la volée. Si la scène fonctionne, la goutte est en trop, ridicule hors contexte, mais fonctionnant dans la tension de la scène. J'ai adoré le principe de l'agent féminin infiltrée en robe rouge, à peine voyante.

Après ce passage bien tendu, où Jean Reno en profite pour lâcher un "Merci" en français, direction Londres. Ceci afin de faire l'échange dans le tunnel sous la Manche. Et si jusque là on arrivait à prendre ce que l'on nous montrait, là les Européens, Britanniques et Français en tête, auront du mal à gober ce qui arrive. Passons sur le début de soupçon qu'Ethan possède concernant la taupe, c'est plutôt bien foutu même si ça dénigre un personnage historique de la série, et maintenant, j'aimerai que les scénaristes Robert Towne et David Koepp, à moins que ce ne soit l'histoire écrite par ce dernier avec Steven Zaillian qui ne commettent cette erreur, mais expliquez moi, et prenez le temps, quand et d'où le TGV passe via le tunnel sous la Manche ? Et peut-être que je suis mauvais hein, mais depuis quand il y a un cheminot dans la locomotive arrière ? Et le wagon bagage ? Hein ? Ce n'est pas un avion les mecs ? Ceci dit, sachant que la première fois que j'ai pris le TGV c'était vers 2005, peut-être qu'en 1996 il y avait tout cela en place.

Le final se veut spectaculaire, mais débile. Pas la faute au TGV, au contraire, la scène sur le toit de celui-ci (qui me rappelle un passage de "Final Fantasy VII") est époustouflante. C'est l'hélicoptère qui se retrouve dans le tunnel qui ne passe pas. Sans parler du fait quand dans le tunnel, les trains ne se croisent pas, vu qu'il y a deux galeries. Soit dit au passage, débusquer une taupe dans un tunnel, j'avais trouvé l'idée brillante et hilarante. Pas sûr que ce soit volontaire. Mais revenons à l'hélicoptère dans le tunnel, avec le cheminot qui assiste à la scène et demande d'accélérer au lieu de s'arrêter, ridicule. Et cet aller-retour que Tom fait, oki, le souffle de l'explosion rend la chose plausible, mais quand même, être pris pour des cornichons ce n'est pas très très agréable.

Pourtant, malgré moult incohérences, une (déjà) trop grosse mise en avant de Tom acteur, Tom Producteur, Tom Sawyer (ah non, je me trompe là pardon), le film est efficace. Plus un épisode long avec des sous qu'un grand film d'espionnage, je reconnais que des scènes sont aujourd'hui cultes. Le vol à la CIA, le toit du TGV, même le final ridicule est culte, c'est dire. En plus le scénario offre quelques surprises. Gros regret, il chie ouvertement sur un personnage historique de la série, pour mieux donner de pouvoir à Ethan Hunt qui, à la base, n'est qu'un excellent agent, mais pas le chef. Ce film de 1h45 environ fonctionne. Bon, on se voilera la face sur les incohérences mais aussi la "technologie avancée" qui a 22 ans, les gros écrans, l'absence de téléphone portable, l'internet sommaire, le film date et on le voit ici, mais pourtant l'histoire captive, sans être transcendante. Le film est rigolo, possède ce qu'il faut de suspense, et au final je n'avais pas aimé quand je l'ai vu il y a moins de vingt ans, mais là j'ai aimé. Pas le film du siècle mais sympa. Par contre je ne vous dirai pas "à voir absolument", disons que si il passe à la télé et que vous ne savez pas quoi faire, je vous dirai "pourquoi ne pas le voir ? ".

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