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Cultivons la curiosité

La tour Montparnasse infernale *

La tour Montparnasse infernale *

Et voilà, désormais vous savez que "Mission : Impossible - Fallout" ne sera pas chroniqué dans cette semaine spéciale étant consacrée à la saga. Alors pourquoi (re)faire "La tour Montparnasse infernale" ? Déjà, la première que j'ai parlé de ce film, j'estime ne pas lui avoir rendu un assez grand hommage, c'est tout de même le film responsable de mon plus gros fou rire au cinéma. Ensuite, certaines scènes sont "empruntées" à "Mission : Impossible - 2", à moins que ce ne soit le film de John Woo qui emprunte ces scènes aux classiques du cinéma d'action.

Réalisé par Pierre Menès, euh, Charles Nemes pardon, ce film est sorti en 2001, d'où la présence de Francs à l'écran. C'est, si je ne dis pas trop de bêtise, le premier film où le duo Eric & Ramzy est à l'affiche. Ce sera d'ailleurs leur seule réussite, bien que "SteaK" de Quentin Dupieux soit à voir j'estime. J'ai eu l'occasion de le voir au cinéma alors que je n'avais pas encore vingt ans, et depuis sa sortie en DVD (que je possède depuis 2001 ou 2002 je ne sais plus trop), je me le regarde au moins une fois pas an. Alors bizarrement, depuis 2014, je ne l'ai plus revu. 4 ans. Putain c'est long. L'équipe de France n'avait pas sa deuxième étoile. Donc c'est avec la mémoire embuée que j'ai enfin revu ce film, que je juge toujours aussi culte malgré des passages pouvant être jugés racistes et homophobes. Regardons une vidéo sympa issue de la chaîne YouTube de "Robin G".

Brillante vidéo de remontage de Robin G.

C'est l'histoire d'un casse à 50 millions de Francs. Me demandez pas combien ça fait en Euros, 7 à 8 millions, merde, je l'ai dit. Une tour, un vendredi soir, tout le monde part en week-end tandis que le conseil d'administration du groupe Lanceval va avoir lieu. Les deux laveurs de carreau sont toujours à l'œuvre, offrant une blague pas drôle concernant le crachat sur les piétons. S'ensuit la présentation de Stéphanie, nièce de Lanceval, qui va parler avec la secrétaire, sous le regard des laveurs, qui ne seront jamais nommés le long du film.

Voilà déjà la première grosse scène, celle de la lecture sur les lèvres. Avec un mélange de "t'es mignon, mais un tout petit peu con" qui se transforme en un hilarant "t'es mignon mais un tout petit Breton.... ouais, ouais". Sans parler de l'erreur sur bouffon et on bouffe, le singe, le cinq, les dialogues sont d'ors et déjà savoureux, avec un brin de niaiserie qui ne manquera pas de faire rire.

Oui, je vais rater des dialogues cultes, je sais, dire que pendant un temps je les connaissais par cœur. Mais il faut absolument que vous en découvriez par vous-même. Ce que l'on peut voir dans la bande annonce, exploit, n'est pas forcément le plus drôle ou le plus culte. Bien que le "sinon je tire une balle dans la tête à la main" soit excellemment bien trouvé.

Évidement, le film est une parodie de "Die Hard" ("Piège de cristal" en français), avec de nombreux clin d'œil. Ainsi, voir Pierre-François Martin-Laval (qui participe aussi au scénario avec Éric Judor, Ramzy Bédia et Kader Aoun), en gardien de la tour, qui veut faire une blague, mais va se retrouver remis à sa place par la secrétaire, bah c'est un délice. Entre son accueil des Lanceval, "la moindre des politesse aurait été de nous saluer ! - Saluuuuut - Pardon ? - Non, je disais bon voyage.... en ascenseur", oui, à l'écrit ça ne passe pas super bien, mais dans le film ça fonctionne nickel. Surtout qu'il aura son heure de gloire lors de l'arrivée sublime des méchants. Dans une voiture peu habituelle, avec 6 portes, le coup de sa blague qui lui fait prendre un pruneau, les balais-serpillères pour laver le sang, tout est brillamment mis en scène.

Surtout qu'entre temps, nos laveurs de carreaux jouent à un jeu de gamin, répéter tout ce que dit l'autre. Ainsi nous aurons au "mmmh, le caca c'est délicieux", qui, dit ainsi ne fonctionne pas, mais dans le film ça marche. Ce que j'ai oublié de dire, c'est que Ramzy suit le programme de Peter McCalloway, un cours de force pure, alors que lui même se traîne des grands bras maigres comme cela sera rappelé plus tard dans le film. C'est important car lorsque les méchants débarquent enfin dans la salle de réunion des Lanceval, un des terroriste va malencontreusement tirer sur une vitre. Toute proche de nos laveurs de carreaux, ces derniers vont un peu paniquer en se demandant si c'est bien fini.

C'est là que le plan des braqueurs fonctionnent plutôt bien vu qu'ils vont abattre Stéphanie (dont l'oncle semble se foutre royalement), pour obtenir les codes du coffre. C'est là que Ramzy, qui est "habilité à intervenir en cas de danger" grâce à son cours de force pure, verra que Marie-Joëlle (Stéphanie, car Éric a mal lu son prénom sur les lèvres) se faire traîner par les cheveux. Le petit chauve mettra longtemps à comprendre que le truc important dit par son collègue est "prise d'otage" et non pas "il est 9 heures". Bien que 9 heures ce soit l'heure d'aller se coucher, car si on se couche à au moins minuit dix, bonjour comment tu es fatigué après. Dès lors, Éric n'écoutera que son (stupide) courage et va imiter John McClane avec le tuyau à incendie. Sauf que le plan échouera. Que ne ferait-il pas pour sauver sa belle Marie-Joëlle ?

Tout ce bordel finit par attirer l'attention des terroristes qui commenceront à chercher les nuisibles encore présents dans la tour. On retiendra surtout l'immense échec de Ramzy à tirer sur le tuyau pour remonter son collègue. "Que la force de Peter McCallaway soit avec moi.... ok, j'ai un problème de force dans ce sens, il faudra que je lui en parle à Peter", absolument fou, en faisant appel à "La Force", ça ne vous rappelle rien ? Mais la façon dont il va faire balancier pour faire venir son collègue sur le toit est hilarante, surtout que ceci permettra d'assommer un des méchants.

Oups, j'ai oublié de parler de la façon dont les méchants abattent le surveillant de la tour joué par PEF, rappelant fortement l'attaque des méchants dans "Mission : Impossible - 2" qui tueront le garde de la même manière ou presque. Dès lors Éric s'emparera du détonateur qu'il croit être un talkie-walkie rouge qui doit valoir au moins un million. Le détonateur permettra de faire sauter le 50ème étage (la salle de réunion est au 52ème étage), histoire de faire une diversion. Celle-ci sera ratée, car malgré l'arrivée de Madame Lanceval, ah, pardon, l'arrivée de la main de Madame Lanceval, les laveurs de carreaux continueront leur fuite, en nous offrant des scènes toutes aussi hilarantes. Celle où ils passent, penaud, accrochés sous leur nacelle, devant la salle de réunion, correspondant au moment où Machin, euh Michel, le chef des méchant, dit "on a affaire à des professionnels", avec les otages médusés devant cette scène, ah la la, terrible.

C'est d'ailleurs ici que l'on verra un début d'homophobie avec le fait que le duo mette 10 plombes à piger que c'est une bombe (des minutes un peu rapides, puis c'est pas minuit 30, minuit 29...). Devant la mort qui arrive, et l'annulation du dîner (que Éric déplore à travers son talkie-walkie rouge, arrêtant ainsi la bombe, qui est arrivée de façon infortuite contraignant le jeune homme à annuler le dîner donc), Ramzy avouera aimer les corps body buildés. Son compère ne manquera pas de se moquer de lui en lui sortant un "t'es pédé, tié pédé", qui aujourd'hui passe mal. Disons que la plupart des enfants des années 80-90 ont grandi avec cette dénomination comme insulte. C'est nul, mais c'est pour ça que ça ne m'avait pas plus choqué que cela à l'époque. Bien que son collègue ne le rejette pas pour autant, il ne manquera pas de se moquer de lui. Et Ramzy d'enfoncer le clou lorsqu'on lui dit qu'il est cupide, croyant entendre "que pède".

Il ne faut rester bloquer sur ce point, même si un certain racisme contre les asiatiques aura lieu sur la fin du film, faisant dire que oui, le film n'est plus trop d'actualité en vérité. Même si c'est bien fait, ça se moque (gentiment, mais se moque tout de même) de certaines communautés, dommage. C'est marrant, je pense être à la moitié du film, et je ne vous ai pas encore tout dit. La vache, elle va être longue cette chronique, donc je vais accélérer un petit peu. Du côté des terroristes l'angoisse monte, les laveurs de carreaux dont il ne faut pas se méfier sont à prendre au sérieux, et la Police est sur le coup, vous pensez bien qu'un étage qui explose, ça attire l'attention. On verra Joey Star en policier d'ailleurs, quand on sait ce que chantait son groupe NTM, ça fait bizarre. Peut-être la jeune génération ne comprendra-t-elle pas cette vanne pourtant très drôle.

Là, il y a l'histoire de la main. Avec Chang, qui va essayer de coincer les laveurs de carreaux, mais se retrouve assommé par une barre de fer brûlante et aura l'empreinte de la main brûlante d'Éric sur le visage. J'oubliais le gag des pizzas quatre chaussures, mais vous le découvrirez bien assez tôt. C'est là que Ramzy prend le pistolet de Chang, et Éric veut aussi un souvenir. Il prendra la main de Madame Laceval pour un porte bonheur chinois. Le "c'est de toute beautéééééé" est lâché sur un ton absolument génial. Sans parler de ce que dira Éric par la suite, "ils ont de drôle de porte bonheur en Chine, c'est bien fait, on dirait presque une vraie".

Je passe rapidement sur le philosophe footballeur, la blague du Chinois qui tombe, le fait qu'ils se séparent, mais finalement Stéphanie les retrouve. Un dialogue entre les deux amoureux en premier lieu, avec le fabuleux "ça va un tout petit peu trop vite entre nous", ou encore le délire d'Éric sur les Chinois qui mangent les chiens, "Rex dans l'assiette", ou encore le côté un peu sexiste du "tu t'en fous c'est pas toi qui paye". Seulement, la réponse de Stéphanie à la question d'Éric "où est ce que l'on mange ce soir - Je te le dis demain", c'est une fois de plus excellent. Ramzy rejoindra la partie, pour un dialogue à trois exceptionnel de non sens. Une histoire que le conduit d'aération c'est plus rapide que les escaliers. Enfin bon, on retrouve les conduits de "Die Hard". Ming, qui apprend que son frère Chang est mort, pète un câble. Or ce ne sont pas les laveurs de carreaux qui l'on tués, mais bien Michel. La scène de Michel, Chris et Chang est d'ailleurs la plus mal jouée et la plus pourrie du film. On sent le côté français du truc là, mais peu importe.

Après avoir joué avec le feu, nos compères se retrouvent, à la façon d'un dessin animé, dans des armures médiévales. Offrant une sacrée poursuite que l'on peut voir dans la bande annonce. J'abrège, car là nous ne sommes pas au trois quart du film, et je risque d'être un peu lourd. Après une tentative de sauver Marie-Joëlle qui se fera re-kidnappée derrière, un hommage à "The Matrix" et Ramzy qui s'énerve, nous aurons droit à la tatane. Face à Ming, et on reprend le combat du film de Bruce Lee que l'on pouvait déjà voir dans "Niki Larson" avec Jackie Chan. Il faut dire que Ming a le même costume, et Ramzy est plus grand et à peu près habillé comme Kareem Abdul-Jabbar. Ce film c'est "Le jeu de la mort". On verra aussi une allusion à James Bond avec un passage à la Docteur No. Juste avant nous avions la phrase culte de Ramzy "j'annonce, coup de pied latéral en pleine face" avant de se prendre un violent coup de tatane.

Pendant ce combat, Éric va faire une tentative ratée pour sauver son collègue, avant de balancer des trucs assez racistes du genre "avec ça mon pote, tu fais trois fois le tour de ton slip, direction Pékin", puis d'avoir un monologue incompréhensible en prenant un accent chinois bien dégueulasse. La scène est drôle, surtout qu'à la fin Ming dira "je ne comprends rien à ce que tu dis, mais sors de là, je vais vous offrir une mort spectaculaire", mais il faut reconnaître que c'est un peu lourd. Ensuite, le coup du "Chinois vous dit" et "le fameux piège Chinois" eux, passent bien je trouve.

Et là le film n'est pas fini, il reste l'hélicoptère et la façon dont les laveurs de carreaux s'en emparent. Avec le gag de la peau de banane. Je n'ai jamais compris pourquoi voir un mec glisser sur une peau de banane ça faisait rire. Avant de découvrir cette scène, la seule à m'avoir fait tordre de rire dans un cinéma. La maladresse de Ramzy, le côté improbable de la chose, purée, impossible de se retenir. Juste avant Ramzy avait enguirlandé son collègue, "wooh, comment tu me déçois" car essayer d'attirer un voleur avec 500 balles c'est petit joueur. Je passe sur l'action qui suit, à la fois spectaculaire et drôle, mais pas hilarante. Enfin, Stéphanie et les laveurs de carreaux s'en sont sorti.e.s, et Éric imagine sa vie avec Marie-Joëlle avant de se voir contraint de courir car elle a piégé leurs chaussures, si ils descendent sous les 30km/h (qu'ils n'atteindront jamais) ils explosent. Les entendre dire qu'il faut qu'il sorte de la ville pour par être ralenti, et les voir finir sur une 2x2 voies entourés par un cordon policier est hilarant et marque la fin du film, non sans avoir donné une leçon à la voleuse, qui voit ses billets inutilisables pour une raison que je vous laisse découvrir.

Et encore j'ai sauté plein de passage que je juge culte. Sachez que la plupart des répliques de ce film sont ancrées en moi, avec plus ou moins de justesse. Si je n'arrive plus à sortir au mot prêt les répliques, j'en suis venu à croire que "infortuite" était un mot du dictionnaire, c'est vous dire comment cette œuvre m'a marqué. Oui, je regrette que pour une personne le découvrant aujourd'hui, il y ait un brin de racisme et d'homophobie (ça va c'est pas hyper violent non plus, mais c'est chiant), cependant, la réalisation proche des films d'action que le film parodie, les effets spéciaux qui ont vieilli mais fonctionnent un peu encore, les situations et surtout l'humour, fonctionnent. Offrant un divertissement de 90 minutes super sympa. Le duo de comique n'arrivera plus jamais à retrouver cette naïveté dans leurs personnages, ce n'est pas le côté violemment "gogole" de la préquelle "La tour 2 contrôle infernale", que je vous déconseille fortement, qui prouvera l'inverse. Ce film est peut-être aujourd'hui moins culte que lors de sa sortie et même des 10 années qui suivirent celle ci, mais pourtant, je le trouve drôle, malgré une certaine lourdeur. Je vous déconseille les bonus, inutiles et chiants, tandis que le menu du DVD interactif, est excellent par contre. Un film à voir au moins une fois, à retenir pour ses répliques cultes et qui sont entêtantes. J'adore ce film.

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