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Cultivons la curiosité

Premier contact

Le DVD.

Le DVD.

Denis Villeneuve, qui est certes lui aussi Canadien mais n'a aucun lien de parenté avec Giles ou Jacques Villeneuve, est décrit comme un réalisateur de génie. "Sicario", "Prisoners", et surtout "Arrival" (en France on le connait sous le nom de "Premier contact", le film que nous voyons aujourd'hui) lui valurent une reconnaissance qui lui permettra de réaliser la suite de "Blade Runner", à savoir "Blade Runner 2049". J'ai l'intention de voir ce film depuis longtemps, genre bien un an qu'il traîne devant ma télé, me disant "regarde-moi". Non, il ne me le dit pas vraiment, je ne suis pas fou, mais bon, j'avais une appréhension. Trop adulé, sujet maint fois abordé. J'avais toujours une bonne raison de ne pas le voir. Voilà une chose réparée, et après la bande annonce, nous allons voir qu'il ne s'agit pas forcément d'un pur film de Science Fiction.

Vidéo de SonyPicturesFr.

Bon, déjà, je l'ai vu en VOSTFr. Par habitude. Ensuite de quoi s'agit-il ? Alors qu'elle semble se remettre difficilement de la mort de sa petite fille, d'une maladie incurable, certainement un cancer, mais j'affabule, Louise Banks (Amy Adams) continue à donner ses cours concernant les diverses langues de notre monde. Hyper balèze en communication, parlant et comprenant moult langues, on peut la décrire comme une experte linguistique.

Alors que la photographie passe du bleu triste au gris triste, on la voit en train de se rendre en salle de cours. Un évènement semble attirer l'attention de toutes et tous, et l'amphithéâtre est presque vide. Pire, alors qu'elle débute son cours sur la langue portugaise, les téléphones du petit nombre d'élèves présent.e.s se mettent à sonner. En mettant la télévision on se rend compte que des vaisseaux bizarres ont débarqué sur Terre.

Si on en ignore l'apparence au début, on apprend rapidement qu'ils sont 12. Que veulent-ils ? Sont-ils ici dans un but guerrier ou pacifiste ? Comment faire pour communiquer avec eux ? Ne risquent-ils pas de déclencher des émeutes à travers le monde, voire une guerre ? Autant de question que le film se posera en parallèle. Car l'histoire est belle et bien centrée sur Louise.

L'experte verra le colonel Weber (Forest Whitaker) débarquer dans sa faculté, afin de l'enrôler dans cette aventure assez dingue. Devant le refus du colonel de la mener face aux "aliens", elle refuse, et en profite pour placer une "pique" acerbe au futur collègue que l'armée compte recruter en cas de refus de Louise. Comme il n'y aurait pas de film si ce "collègue" (ou confrère plutôt) avait réussi le test, voilà Weber se rameutant en hélicoptère, de nuit, chez le Professeur Banks, afin de céder à sa volonté de faire une rencontre du troisième type.

L'occasion pour elle de faire la connaissance de Ian Donnely (Jeremy Renner), expert en chiffres et mathématiques, beaucoup trop "binaire" et scientifique devant le côté historique de l'évènement. Il se pose les mauvaises questions et ceci fera dire à Weber que Banks est là pour éviter des questions trop "froides". Dès lors, on découvre enfin le vaisseau spatial, et les "aliens". Le duo sera charger d'établir un contact, en essayant de comprendre ce que veulent dire Abott et Costello, noms donnés par Ian aux visiteurs s'étant posés aux États-unis d'Amérique.

Voilà. C'est ainsi que le film se lance, le tout sur une réalisation à mille lieux de ce que l'on voit quand on parle de Science Fiction. Ici, la photographie est triste, nous sommes loin des couleurs de "Rencontre du troisième type" de Steven Spielberg. La musique est sur la même base triste, violoncelle en tête, sons proches d'un Kaiju Eiga, et simplicité dans la rencontre, le blanc contre le sombre, le tout séparé d'une sorte de vitre. Tout fait penser à un film d'horreur. C'est assez bluffant.

Pourtant cela n'empêche pas Denis Villeneuve d'utiliser les codes concernant les œuvres sur les "aliens". Ainsi l'arrivée chez Louise de Weber, ne se fait-elle à contre jour de la lumière de l'hélicoptère, et ne prend-il pas un pose que l'on croit issue des films d'extraterrestres belliqueux ? Que dire aussi de la présentation du vaisseau ? M'ayant fait penser à "2001, l'odyssée de l'espace" de Stanley Kubrick. Enfin bon, tout ceci je vous laisse le découvrir.

On aura ainsi droit aux différentes réactions des pays. Les Chinois sont méfiants, tandis que la plupart des autres cherchent une solution en commun. Dès lors, Louise et Ian s'évertueront à déchiffrer l'écriture des hôtes. Un travail de longue haleine, passionnant. En, parallèle, Louise rêve de plus en plus de sa défunte fille, souvent des passages de son passé ont un écho dans le présent, le coup du gagnant-gagnant par exemple. Le rythme est lent, et pourtant nous restons happé.e.s du début à la fin. Il faut dire que l'histoire avance par bribes, mais avance quand même. On verra les théories du complot, les membres de la religion bidule Pentecôte aussi, et j'en passe. Si vous ne voulez pas trop vous spoiler, un conseil, passez directement à la conclusion, dernier paragraphe.

"SPOILER"

Car après mûre réflexion, le film peut être interprété différemment. Sur le coup, l'enchevêtrement des évènements fait penser à du Christopher Nolan. En effet, on confond aisément passé, présent et futur. Pour cela Villeneuve réalise parfaitement ce qui fait que l'on comprend à la fin ce qu'il en est. Sauf que en y réfléchissant, j'y ai d'abord vu un film anti-IVG. Bon, c'est tiré par les cheveux, mais quand Louise dit "si tu savais que ton enfant, pas encore né, allait mourir d'une maladie incurable, le mettrais-tu au monde ?". Cette théorie fonctionne je trouve, mais la plus plausible, reste celle de la folie. En effet, le récit nous décrit les flashbacks comme des flashforwards (en gros ce que l'on croit issu du passé est la vision du futur). Or, si nous étions vraiment en présence de flashbacks, ne pouvons-nous pas imaginer Louise devenue folle suite à la perte de sa fille ? Le coup des "cocktails" du médecin militaire, la chambre blanche où il est difficile de communiquer, la quasi absence du père sur les 3/4 du récit (bon, dans le film ça offre un revirement que l'on voit venir à mille lieux), le fait qu'elle n'arrive pas à dormir, et surtout, surtout, les sigles/phrases des "aliens". Franchement, ça ne vous rappelle pas les tâches des psychologues ? Moi j'y ai vu des tâches de café perso. Enfin bon, vous aurez pigé que, pour moi, ce n'est pas un film de SF, mais plutôt un film parlant de la perte prématurée d'un enfant, et des conséquences que cela a sur la mère, qui finit par être internée en hôpital psychiatrique.

"FIN SPOILER"

Que l'on voit ce dont je parle dans le paragraphe précédent, ou juste un film de SF classique, il n'y a rien à redire. Denis Villeneuve met en scène un scénario de Eric Heisserer se basant sur le livre "L'Histoire de la vie" de Ted Chiang, et il le fait bien. Le film est captivant de son début jusqu'à sa fin. On regrettera le "twist" trop prévisible selon moi, mais sinon, le reste est parfait. Les interprétations sont excellentes, et l'ambiance générale est loin, très loin des films de SF habituels. Ce qui m'a le plus surpris, ce ne sont pas les différentes interprétations qu'il en ressort, mon esprit est peut-être taré, je ne sais pas, mais bien le rythme. Lent, mou, limite chiant en vérité. Le genre de film que je zappe en 2-2. Et bien ici non, l'ambiance générale, le chassé-croisé passé-présent, les différentes réactions des pays, et même celles des populations, tout capte. Le plus intéressant reste cette découverte d'un nouveau langage, et comment le décrypter. La scène dans la salle "enfumée" avec seulement Louise est bluffante, les cheveux qui flottent, argh, je ne m'en remets pas. Seulement, petit conseil, regardez-le, puis venez lire le paragraphe "SPOILER", afin de savoir si je suis fou, ou non. Ma première théorie est mauvaise, mais la seconde ma paraît plausible. En tout cas voilà un excellent film, captivant, je ne trouve pas d'autre mot. J'ai adoré.

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