Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Cultivons la curiosité

Seoul Station

Le BluRay.

Le BluRay.

Pépite vue au cinéma, et même disons le, meilleur film que j'ai pu voir au cinéma en 2016, Dernier train pour Busan possède une préquelle, sortie la même année, du même réalisateur Yeon Sang-ho, et ce film est en fait en animation conventionnelle, le réalisateur étant habitué à ce genre, avec King of Pigs (que je chroniquerai vu que j'ai le BluRay) et The Fake (à priori encore inédit en France au moment où j'écris ces lignes). Durant 1h32, ce film va nous montrer le patient zéro, celui par qui l'épidémie se propagea dans Séoul puis en Corée du sud. Mais il ne va pas s'attarder que sur ce premier malade, vu que nous allons aussi suivre une jeune fille/femme qui a fugué de chez elle et essaie de s'en sortir avec son petit ami, en ayant recours à la prostitution, même si elle refuse de recommencer. De plus si les décors sont somptueux et qu'à image fixe, les personnages sont jolis, l'animation est, euh, surprenante, à la fois réaliste et guindée, je n'ai pas le mot, mais ce n'est pas ultra fluide, et les expressions faciales sont aussi surprenantes, manquant de dynamisme. Une fois de plus ça ne gêne pas, pire, ça rend les actions et les dialogues plus proches de la réalité qu'un film trop dynamique. Mais petite bande annonce, en sachant que ce film est disponible sur la version BluRay du film live, un joli bonus, mais que en VOSTFr (ce qui n'est pas plus mal).

Vidéo de BIFFF.

Ce qui impressionne d'emblée, ce sont les décors, de toute beauté, alors que les personnages sont un peu plus simples. Ensuite l'animation, comme dit dans l'introduction, elle est lente et bizarre quoi, je ne trouve pas les mots. Plus tard, dans les moments d'action, nous verrons des angles de vue audacieux, avec des rotations, des trucs un peu fous, déroutant à la vue du réalisme que l'on peut voir 90% du temps.

Mais venons en à l'histoire, violente. Non non, je ne parle pas des infectés (qui arriveront ne vous inquiétez pas), mais bien la violence de la société. Un vieil homme, le cou en sang, se déplace sur le parvis de la gare de Séoul, personne ne semble le remarquer, seul un jeune homme veut lui demander si il a besoin d'aide, seulement l'odeur pestilentielle lui fait dire que c'est un sans abris, donc c'est normal qu'il titube ainsi. On voit les clans de SDF d'ailleurs, a un moment quand le copain du vieil homme cherche de l'aide et que d'autres sans abris se demandent d'où il vient, oh puis qu'il se débrouille. Mais là n'est pas le plus choquant, entre la brute qui empêche l'ami du malade de faire soigner ce dernier dans un centre d'accueil, parce qu'il a peur de se mouiller, les responsables de la sécurité de la gare qui ne le croient pas et ne portent pas secours au SDF, pour finalement se bouger le cul avant d'envoyer chier l'ami quand tout le monde constate que le vieil homme, normalement mort, n'est plus là où il devrait être. Et si tout ceci vous choque, ce n'est pas fini, le film porte un message sur la société, qui délaisse ceux qui ne la suivent pas, je repense à cet homme, sur la fin, qui déclare ne pas mériter de mourir car il a bien servit son pays contrairement à tous ces rebus, Séoul Station va encore plus loin que Dernier train pour Busan là, c'est d'ailleurs dans ce discours politique que le film est le plus choquant, je n'ai pas trop l'habitude de prendre de tels pamphlets dans la gueule. Et si le connard de raciste dira "oui mais c'est une dénonciation du système sud-coréen, pas de la France", et bien on peut transposer l'action à Paris si vous voulez, et le film fonctionne tout autant, et je pense qu'à de rare exception, on peut transposer l'action n'importe où dans le monde, ça marche.

Mais au delà du fait que les SDF soient mal vus, voire invisibles, nous allons aussi et surtout, nous concentrer sur une jeune fille/femme (je ne me rappelle pas avoir vu son âge) qui a fui son père pour vivre presque dans la rue, avec son compagnon ils s'en sortent, même si il y a des arriérés de loyer. Seulement un matin, non soir, alors qu'elle se réveille (je ne vous ferai pas l'affront d'écrire les noms des personnages, j'ai un peu de mal j'avoue), elle recherche son petit ami, qui est au cyber café, et pour faire de l'argent, passe une annonce sur internet vendant les charmes de sa copine. Une dispute éclate, elle ne veut pas recommencer, et ce n'est que là que l'on devine qu'elle a fugué, vu qu'elle s'excuse (dans le vide) auprès de son père. Mais comme le destin fait bien les choses, ce dernier la retrouve à l'aide d'un ami et de l'annonce internet. Quand le père veut demander à son ami comment se fait-il que ce denier consulte les annonces de prostitution, nous n'aurons pas de réponse. Dès lors une recherche va s'engager, alors qu'en même temps, le patient zéro a contaminé un peu de monde et que l'épidémie va s'étendre de façon exponentielle.

Suivre les deux côtés est bien vu, ça permet de dynamiser le récit, ainsi voir le père et le petit ami de la jeune fille enfermé dans la chambre pourrie dans laquelle le couple vit, le tout attaqué par un, puis des infectés, s'échappant par le toit, avec des gestes réalistes, la frayeur est présente, et là nous ne sommes qu'au début. Quand le petit ami semble perdu, qu'on lui dit de se bouger le cul, argh, pétard, ça stresse un peu. La jeune fille va se réfugier auprès des SDF dans la gare, seulement celle ci est attaquée par les infectés, et là il y a une scène de course poursuite, avec des angles de vue dingues, et surtout une réalisation qui coupe le souffle, entre cette scène et celle des toits vers la fin (avec ces cons d'infectés qui se jettent dans le vide, manquant d'embarquer la fille avec eux), ouch, ceci impressionne. Roooh, puis la scène du poste de sécurité où ils s'enferment en prison pour éviter l'attaque des infectés, et où ils comprennent comment la maladie se transmet. Non, mais j'arrête là, sinon je vous raconte tout.

Les doubleurs sont très bons, disons que j'ai juste un tout petit soucis avec l'animation faciale, un peu trop robotique, tout comme l'animation en générale, et comme je l'ai déjà dit, c'est paradoxal, mais ça rend le tout plus réaliste je trouve. Sachez juste une chose, le dernier quart d'heure nous montre un autre style d'horreur, après un twist de dingue, très difficile à voir venir, on reste avec le souffle coupé, mais ce n'est plus pareil, vous verrez, je ne veux pas trop en dire. Juste sur la réalisation du combat final, avec la lampe qui tombe et en ombre, ça me fait penser à la fin de Dernier train pour Busan et cette chose qui se passe à contrejour. En fait je ne me remets pas de la fin tellement ça m'a surpris, et une fois de plus le réalisateur montre qu'il sait ce qu'est la vraie horreur, il n'y a qu'à voir le nombre de survivants, vous les compterez et vous comprendrez ce que je veux dire.

Partant sur un sujet choquant, la façon dont la société délaisse ses rebus, mais aussi la prostitution, l'éradication totale (on abat sans ménagement des personnes saines), on sent le côté panique, et si l'animation est bizarre, on plonge aisément dans ce film, qui ne se contente pas d'être un stupide film d'infectés, non, ici on nous parle des maux de la société, et du fait que si quelqu'un avait daigné isoler le patient zéro, l'épidémie à suivre n'aurait jamais eu lieu. De quoi réfléchir un court instant je pense. Tout aussi impressionnant que sa suite en prise de vue réelle, c'est un superbe bonus à voir absolument, avant ou après Dernier train pour Busan, ça ne dérange pas. J'ai adoré.

@+

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article