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Cultivons la curiosité

Réalité

Image de www.senscritique.com.

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Voilà, nous y sommes, enfin diront certains, déjà diront d'autres (je me demande bien qui d'ailleurs), le fin du marathon de près d'un mois et demi amorcé en décembre 2015, le code Canal+ à la demande uniquement pour PC Portable, Smartphone et Tablette valable jusqu'au 31 janvier 2016 offert par Inod aura bien été rentabilisé. C'est con ce que je dis, je sais, on ne peut pas rentabiliser un truc gratuit, mais bon. 18ème et dernier film vu par ce moyen, Réalité sort en 2015 et est réalisé par Quentin Dupieux, archi connu pour son titre Flat Beat, ah oui, il se nomme Mr. Oizo quand il fait de la musique électronique. J'ai déjà vu 2 films de lui, SteaK, en croyant que ce serait un film rigolo avec Eric & Ramzy, alors qu'en fait c'est une critique acérée de notre monde, en faisant passer les ados pour des abrutis, buvant du lait pour être cool (qui remplace la bière notamment), œuvre complétement barrée sans pour autant être hilarante, elle force à s'interroger sur certains codes sociaux. Bref, un film bizarre mais prenant. Que dire de Rubber, que j'ai en BluRay, sur la même façon de réaliser, totalement épurée, Dupieux casse les codes du cinéma en impliquant le spectateur qui assistent sans rien faire, à de nombreux assassinats réalisés par.... un pneu..... peut être plus facile à interpréter que SteaK, il n'en reste pas moins bizarre, violent et toujours aussi acerbe avec le milieu du cinéma. Ce même milieu qui ici est encore présent dans Réalité, avec le jeune réalisateur, le génie de la réalisation, le producteur et différents autres personnages. Bande annonce. Ce film est à la fois en VOST et en français.

Vidéo de FilmsActu.

Donc, nous trouvons Alain Chabat dans le rôle du réalisateur voulant faire Waves, un film dans lequel les télévisions abrutissent le monde. Rien que là, on voit une critique flagrante du monde audiovisuel, et on repense indéniablement à Patrick Le Lay et sa phrase "(nous vendons) du temps de cerveau disponible", comme un lavement de cerveau. Que dire aussi de ce côté totalement absurde de l'émission culinaire avec un présentateur déguisé en.... rat.... il y a plus appétissant avouez le. D'ailleurs c'est ce personnage qui donne une partie de la clé au téléspectateur, avec le médecin lui disant "c'est dans votre tête", dernière phrase aussi du film.

En fait, ici Dupieux nous donne un très grand film, avec une réalisation très simple, mais brillante. À l'instar de nombreux film jouant sur la façon de réaliser, L'armée des 12 singes, Brazil, Memento, ici le français va plus loin. Faisant systématiquement réfléchir son auditoire, où est la réalité? Où est le film. La scène où nous voyons enfin ce qu'il y a sur la cassette vidéo nous fait dire de Dupieux la même chose que le producteur à Zog, un putain de génie. Je ne vous dévoile pas le contenu de celle ci, mais ça désarçonne c'est clair.

En fait, nous voyons peu de personnages et pourtant ils fournissent les clés du récit, le présentateur habillé en rat et qui est hypocondriaque permet de saisir qu'en fait, nous sommes soit dans un cauchemar, soit dans la folie de Jason. "Nous sommes la même personne", oui, je vous spoile un peu, mais c'est important pour la compréhension du film, en effet, le mélange entre ce qui semble réel de ce qui est un film et aussi le rêve n'est pas clair, des petites choses sont disséminées tout au long du film pour que l'on s'interroge sans cesse sur la véracité des images que nous voyons. Comme le directeur d'école se déguisant en femme et allant gueuler sur un vieux sans raisons, oui, on en pige rien, mais justement, après on nous explique que c'est un rêve, pour finalement constater que ledit directeur possède bien une Jeep avec un sac contenant une robe.

Il est vrai que l'on peut voir 2 choses, 2 interprétations, celle du cauchemar est la plus plausible. Et explique quantité de choses. L'angoisse du réalisateur contraint de trouver le gémissement parfait, au passage les producteurs de films en prennent plein la gueule. "Prend un cigare, une cigarette? Non laisse tombé tu fumes mal. On sort? Il fait froid, rentrons. Ça pue le tabac froid. J'adore, mais je veux entendre ce gémissement, je veux que ce soit le meilleur gémissement de tous les temps...." etc.... Tout comme le temps offert par le producteur peut être comparé à un budget "je t'offre une rallonge de 24 heures"... et c'est comme ça tout le long. La vision d'horreur ayant lieu lorsque le futur réalisateur voit son film, son idée, son titre, déjà sortie au cinéma, le pire étant qu'il est mauvais. C'est d'ailleurs là où il va se dédoubler, et continuer de nous faire perdre le sens de la réalité.

Il y a aussi Zog, le réalisateur accompli, le génie, qui attend 10 plombes que son actrice s'endorme réellement, en gâchant de la pellicule, donc du pognon. Il se fera traiter de con, d'abruti par Bob, le producteur, pour finir en "fucking genious".

Nous apprécierons en plus le jeu juste des acteurs dans ce film, rien à redire, tous sont excellent et le jeu complexe et pourtant simple et lisible permet au téléspectateur de rester accroché à ce récit complétement fou. Le seul point négatif, qui pour moi étaye plus la thèse de la folie de Jason, est le thème musical, toujours le même, ressemblant aux thèmes de films d'horreur des années 80, il y a aussi ce passage volontaire de Jason en hôpital psy, qui pour moi fini de me faire dire que Jason a sombré dans la folie à force d'être angoissé par son film.

En peu de lignes j'en ai déjà révélé beaucoup, et pourtant, il y a tant à dire. L'idéal reste de le voir, au moins une fois. Jamais le cinéma d'auteur n'aura été aussi accessible, tout est clair, et les indices présents dans le film sont faciles à voir et à comprendre. Le fait que le mur réalité/rêve/folie n'existe pas donne lieu à des scènes hallucinantes, qui peuvent laisser perplexe, mais pour peu que l'on réfléchisse un minimum, on s'en sort. La réalisation, la direction des acteurs, tout y est parfait, seul la musique fatigue par sa redondance, mais assiste le téléspectateur à la compréhension du film. À voir au moins une fois avec son cerveau allumé. Il ne plaira pas à tous c'est sûr, mais reste une expérience à vivre je pense. J'ai pas adoré, mais bien aimé.

@+

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