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Cultivons la curiosité

Slumdog millionaire

Slumdog millionaire en DVD.

Slumdog millionaire en DVD.

En 2008 et 2009, Slumdog millionaire est un film qui a tout raflé, l'apothéose étant lors des Oscars de 2009, 8 statuettes en tout pour cette chronique d'un indien (ou hindoue si le nom vous fait rire) issu des bas quartiers, des bidons ville, et qui se retrouve à la célèbre émission Qui veut gagner des millions?, il se trouve que Jamal Malik évolue rapidement et facilement dans les paliers, ce qui surprend le présentateur de l'émission. En effet, comment un employé qui sert le thé dans un centre téléphonique peut il connaître autant de choses? D'ailleurs le film s'introduit par cette question, bon, j'ai pas le terme exact, mais ça donne ça : Comment peut il savoir tout cela? Il a triché, Il connait les réponses, Il a de la chance, C'est écrit. La réponse nous sera offerte à la fin du film.

Alors l'on dit souvent que c'est un film de Danny Boyle, oui, mais n'oublions pas le co-réalisateur Loveleen Tandan, qui, je pense, permet de montrer à l'écran une "vraie" Inde et éviter ainsi les clichés. Mais regardons la bande annonce.

Bande annonce VOST, vidéo de Hayley3380.

L'on suit l'histoire chapitrée de Jamal Malik, qui, au début, se retrouve en mauvaise posture, interrogé par la police, tout le monde se demande comment un homme pauvre et inculte peut il connaître ces réponses, surtout en ayant demandé l'avis du public sur la question de l'emblème national de l'Inde. Dès lors on va vivre l'émission en différé, à travers l'interrogatoire de Jamal, tout en ayant une explication avec des flashbacks brillants. Ce chapitrage est juste exceptionnel et permet de bien digéré le récit, on s'attache très vite aux personnages différents, le tout est parfaitement maîtrisé, aussi bien en terme de réalisation que de direction d'acteurs.

La première question, pourtant ultra simple pour les indiens, trouvera tout de même une réponse logique dans la jeunesse pauvre de Jamal. On y découvre son frère, et la scène de poursuite avec le policier dans les rues du bidon ville avec cette caméra qui remue juste ce qu'il faut pour nous insuffler l'action, sans pour autant nous filer un mal de crâne, c'est parfait quoi. L'Inde n'y est pas décrite comme parfaite, d'ailleurs une des scènes nous montrera un Jamal plongeant littéralement dans la merde.

Nous verrons comment Jamal et Salim survivront à la mort de leur mère suite à une rixe anti musulman. Et là, mine de rien, Boyle nous montre la partie sombre de l'Inde, nous avions débuté par les bidons ville, maintenant c'est le côté religieux qui prend le dessus. Si parfois ça peut être un peu cliché, en fait il n'en ai rien, et les réalisateurs ne jugent jamais le fait que leurs personnages volent pour survivre, le fait que les indiens peuvent être cons pour aller buter du musulman en plein jour, non, on prend la scène telle qu'elle est, et nous voyons plus le côté perte du seul parent qu'ils ont que le côté rixe. Ceci expliquera pourquoi Jamal connait la réponse 3, ce qui le rend triste car lui rappelant le jour de la mort de sa mère et le début de la grosse galère, contraint de survivre avec son frère, dans un monde hostile.

Alors qu'ils essaient de survivre en "recyclant" des déchets à la décharge et qu'ils se sont fait une nouvelle amie en la personne de Latika, la bande d'enfant va se retrouver embarquée dans un mini bus par un monsieur qui semble gentil. Si il a le profil du pédophile par excellence, il n'en est rien, Mamane va en fait former les jeunes à faire la manche, leur apprenant un poème par cœur. Très vite Salim se rend compte que si on chante bien ce poème, et pour que les passants donnent plus de sous, Mamane n'hésite pas à scarifier ses jeunes "employés", Arvind en fera l'amer expérience, lui qui mettait tant de cœur à bien chanter ce poème, perdra l'usage de ses yeux.

Et là on commence à regretter une petite chose, si le récit chapitré de la vie de Jamal trouve un sens dans le fait qu'il connaisse les réponses, on regrette que tout soit dans l'ordre chronologique parfait de sa vie, oui, je chipote je sais, et ceci est fait afin de ne pas perdre le (télé)spectateur mais bon, ça rend le truc improbable quand même. Après chaque flashback, on revient sur l'émission et donc l'interrogatoire, qui, je ne l'avais pas dit, était très "musclé" au début du film, et les policiers, du moins l'inspecteur en charge de faire avouer Jamal, se détend au fur et à mesure des explications du jeune Slumdog.

Je ne vais pas vous faire tout le film comme cela, mais pourtant celui ci parlera de la nouvelle place dans le monde de l'Inde, en pleine expansion économique, mais délaissant toujours les pauvres qui voient en Jamal un espoir, comme par procuration quoi, euh non, ça ne veut rien dire, par merde j'ai plus le mot, bon, ils vivent à travers Jamal leur rêve de richesse. Il n'y a qu'à voir l'amour qu'offre ces gens, souvent pauvre, au jeune candidat sur le retour en camionnette au plateau de l'émission. La façon dont la plupart s'aglutine autour d'une pauvre petite télé, bref, l'engouement est total.

Sur la question final avec l'appel à un ami, on constate que cette fresque de la vie de Jamal est en fait une très belle historie d'amour, souvent séparés Jamal et Latika vont finalement se retrouver et enfin vivre heureux, seulement le prix à payer pour cela sera lourd, la scène des billets étalés vue au début du film prenant enfin un sens ici. Que dire aussi du final, très Bollywood et ultra émouvant, je ne peux m'empêcher de couler une petite larmichette, c'est dingue ça quand même. Le final chorégraphié avec le Jai Ho version indienne hein, pas le version ricaine avec les Pussycat Dolls, est d'une puissance incroyable.

Ah si, un petit point à préciser, la dernière réponse est ultra facile pour nous français, mais est complexe pour des asiatiques, ça se comprend, en plus la façon dont y répond Jamal montre son état de béatitude et de joie dans lequel il est d'avoir retrouver Latika. Tout est logique, tout à un sens dans ce film.

Formidable fresque sur l'Inde pas forcément idéalisée comme on peut l'imaginer, on découvre habillement l'évolution du deuxième pays le plus peuplé du monde, devenant une puissance importante (la scène de l'immeuble en construction), mais aussi la pauvreté et les rixes religieuses qui ont pu y avoir lieu, le tout avec en fil rouge une très belle histoire d'amour qui semble impossible, Jamal et Latika ne cessant de se retrouver séparés. Suivre l'historie de Jamal est prenant, passionnant même, avec une Inde magnifique en toile de fond. L'explication de la connaissance des réponses du candidat est plus que plausible (l'inspecteur le reconnaitra), et le découpage du récit le rend dynamique, on ne s'ennuie jamais pendant ces 2 heures, il y a de l'actions (bon, pas d'explosion à la Michael Bay, fô pô pousser nan plus), de l'émotion, des rires, bref, un excellent film, à voir et revoir sans problème, c'est juste brillant. J'adore.

@+

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